HANOUKA

JOYEUSES FETES DE HANOUKA

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Cette année, Hanoucca (ou "Hanouka", ou bien encore "Hanoucah") se déroulera du dimanche 22 décembre au soir, au lundi 30 décembre

Hanoucca est l’une des plus longues fêtes juives : elle dure huit jours à partir du 25 Kislev, une date qui tombe en général au mois de décembre dans le calendrier grégorien. Cette fête a la particularité de ne pas figurer dans la Bible hébraïque ; son observance légale est fondée sur le Talmud. Elle a été célébrée pour la première fois à Jérusalem au IIe siècle avant J.-C. dans le cadre d’un événement historique bien connu nommé la révolte des Maccabées.


Un peu d’histoire :

 La fête trouve son origine dans un événement historique : la révolte, en 168/7 av. notre ère, de Judéens contre le souverain séleucide (1) Antiochos IV qui avait entrepris la transformation de Jérusalem en une cité grecque. Il avait également ordonné l’introduction de cultes polythéistes en Judée et en particulier au temple de Jérusalem, ce qui avait entraîné la révolte d’un prêtre juif nommé Mattathias, poursuivie après sa mort par son fils Judas dit « le Maccabée » et ses frères. En 165 ou 164 av. J.-C., la victoire de l’armée de ce même Judas à Bethsour permit aux révoltés de prendre le contrôle de la quasi-totalité de la ville de Jérusalem et de procéder à la restauration du Temple.

Ce retournement de situation a été très important : ce fut la première fois que les juifs ont demandé les armes afin de protéger leur foi et libertés religieuses. Judas remporte le combat, rentre à Jérusalem en découvrant un temple pillé, incendié par jarre contenant de l’huile suffisante pour brûler une journée : or les juifs l’allumèrent et elle resta allumé pendant huit jours. Le miracle est donc célébré à Hanoucca, fête des Lumières.

(1) Les Séleucides sont une dynastie hellénistique fondée par l’un des généraux d’Alexandre le Grand, Séleucos Nikator, à la fin du IVe siècle avant notre ère. Ils régnèrent sur les territoires asiatiques conquis par Alexandre : Syrie, Asie mineure, Proche Orient, Babylonie, Perse jusqu’à l’actuel Afghanistan – avant de disparaître suite à la conquête la romaine en 64 av. J.-C.

Qu’est-ce que Hanoukah

Cette célébration est, selon des études récentes, la fête la plus observée par la communauté Juive.

Chacun y trouve une signification ou un symbole qui lui est proche. Pourtant, nos sages se demandent dans le Talmud : Maï ‘Hannouca ? Qu’est-ce que ‘Hannouca ? Ils s’interrogent sur le véritable sens de la fête et sur sa principale leçon.

Certains pensent que 'Hannouca représente le triomphe militaire sur l'ennemi et la libération de la Terre Sainte. C'est en effet une partie importante de ‘Hannouca, et sans laquelle cette fête n'aurait pas eu lieu. Mais, ce n'était là que la première étape. Le but était de purifier le Temple et d’y allumer la Ménorah. En d'autres termes, les Maccabis devaient balayer les ténèbres de l’idolâtrie et des coutumes grecques qui avaient été imposées aux Juifs en Terre Sainte; par la suite, il fallait répandre la lumière de la Torah et des Mitsvoth, la lumière de la pureté et la sainteté produite par le mode de vie juif.
Cela explique pourquoi nos sages n’insistent pas sur la victoire mais plutôt sur le miracle de l’huile. C’est la raison pour laquelle la Mitsva de cette Fête est l’allumage des lumières de ‘Hannouca.
Quand une nation est dominée, son désir le plus naturel est de recouvrer la liberté. Pour le peuple Juif, la véritable liberté est celle qui permet de vivre selon le mode de vie judaïque, celui de la Torah et des Mitsvoth. Le miracle de ‘Hannouca ne pouvait être complet qu’une fois la Ménorah allumée à nouveau, dans un Temple purifié et sanctifié.
Il y a deux différences essentielles entre les lumières de 'Hannouca que nous allumons chaque année et celles de la Ménorah qui étaient allumées, jadis, dans le Temple.
La première est que la Ménorah était allumée à l’intérieur du sanctuaire, alors que nous devons allumer les lumières de 'Hannouca vers l'extérieur. La seconde différence est que la Ménorah était allumée alors qu'il faisait encore jour, tandis que les lumières de 'Hannouca sont allumées après le coucher du soleil.
Rappelons que la lumière symbolise la Torah. L’obscurité est alors symbole d’absence de Torah et de Mitsvoth. De même, l’intérieur symbolise le monde de sainteté, le monde spirituel intérieur ; le dehors symbolise le monde matériel. La leçon de ‘Hannouca est claire : nous devons répandre la lumière de la Torah au dehors. La Torah et les Mitsvoth ne sont limitées ni par le temps, ni par l'espace. Notre mode de vie ne se borne pas à certains jours de l’année, tels que Roch-Hachanna, Yom Kippour, les autres fêtes et les Chabbath. Il ne se borne pas davantage à certains lieux, tels que la synagogue ou la maison. La vie juive doit être vécue chaque jour de l'année, que ce soit à la maison ou à la synagogue, à 1’école ou au bureau, et même en marchant dans la rue.
Nous devons apporter – grâce à la Torah et aux Mitsvoth – de la sainteté aux choses les plus ordinaires, à chacun des aspects de notre vie quotidienne. Nous avons le devoir d’étendre le spirituel au monde matériel, de sorte que notre quotidien soit lumineux et rayonnant de sens.
De plus, nous devons agir de façon régulièrement croissante, ainsi que cela est souligné par les lumières de ‘Hannouca que nous allumons en nombre croissant d’une nuit à l’autre de la fête ; commençant avec une bougie le premier soir, deux le second, et ainsi de suite, ajoutant chaque soir une bougie supplémentaire.
Quand chacun de nous s'acquittera de la part qui lui incombe, nous pourrons espérer que la promesse Divine sera réalisée et les ténèbres de notre exil balayées ; alors, (Psaumes 139 - 2) « la nuit brillera autant que le jour. » Cela se réalisera à la venue du Machia’h ; le Temple sera édifié de nouveau. Alors, la Ménorah sera allumée, mais, cette fois, pour ne plus jamais s’éteindre.
D’après Rav Eliahou DAHAN

 

Les coutumes 

Allumage 1ere bougie

On allume une lumière le premier jour, deux le second jour et ainsi de suite jusqu’au huitième jour, où toutes les lumières sont allumées en même temps. Le chandelier, la hanoukiya, est présent dans chaque maison, visible de l’extérieur. A cette occasion, il est habituellement dégustés des plats frits dans de l’huile d’olive, tels que des beignets, des latkes ou des soufganiyot qui sont des pâtisseries fourrées à la confiture. Les petits enfants jouent avec des toupies à quatre faces, appelés ‘dreidel’ en yeddish et ‘sevivon’ en hébreu. Ils peuvent aussi recevoir plusieurs cadeaux, comme un peu d’argent, ou quelques pièces en chocolat, chaque soir à l’allumage des bougies pendant les huit jours.

Origines des coutumes

Hanoucca coutumesHanoucca beignets

 

 

 

Cet extrait du texte d’Albert BENSOUSSAN  « Lumière dans la nuit » est un reflet de la tradition de HANOUCCA en Algérie. Ce sont ses souvenirs d’enfance d’un HANOUCA à Alger pendant la guerre sous les bombes allemandes et la DCA alliée  … « des lumières dans la nuit ».

LUMIERES DANS LA NUIT

….. Nous étions en décembre, on était en kislev, et c’était la fête des lumières, celle qui nous ravissait tant, ma sœur Estelle et moi. Estelle parce qu’elle était toujours tête en l’air à admirer les étoiles, elle qui complétait chaque lecture de la havdala le samedi soir, quand papa concluait le cantique « kako’havim balaïla », par son commentaire savant : « qui veut dire comme des étoiles dans la nuit ». Elle était si mignonne, et tordait un peu les lèvres pour bien articuler les mots. Et moi, parce que le feu me fascinait, au point d’imiter le geste de Moïse portant le tison ardent à sa bouche afin de convaincre de son innocence le Pharaon dont il avait fait valdinguer la tiare. Mais non, mais non, je savais bien qu’il fallait souffler l’allumette avant qu’elle ne vous brûle le bout du nez… Chez nous Hanoucca commençait le 25 kislev, et dehors Noël tombait aussi un 25 décembre, pourquoi s’en étonner ? Et donc nous nous tenions devant la table, tous debout et coiffés – les hommes – du béret. Maman avait approché l’allumette du shamash – que je soufflerais aussitôt après -, et papa avait abaissé le godet initial pour enflammer la veilleuse du premier soir, la première à droite. Ou peut-être était-ce déjà la deuxième, ou la troisième, c’est si loin… Mais la nuit allait être incertaine et bruyante. Depuis que les Alliés avaient débarqué sur nos rivages. Depuis que nous subissions, chaque soir, les bombardements allemands.

Et justement, la flamme venait à peine d’éclairer la hanoukia, ajoutant du rouge sur le noir, que la sirène envahit la nuit de ses vagissements répétés, lancinants. Maman saisit la main de ses deux derniers et se précipita à la cave, cinq étages au-dessous. Elle n’oubliait jamais d’accrocher à son bras le sac qui renfermait tous ses bijoux, pour le cas où la maison s’écroulerait. Je ne sais si cette prévoyance et ce souci sont consignés dans la prière d’Echet ‘hayil, la femme exemplaire, mais ma mère, en vérité, était une parfaite mère juive. Papa, lui, troquait son béret de prière pour son casque de Quatorze, et le Tehilim en main, il gagnerait la terrasse, deux étages au-dessus où le feu de la DCA, intense et continu, lui permettrait de déchiffrer le texte protecteur. Ashré Aïsh, oui, heureux cet homme qui ne douta jamais de la toute-puissance divine……

Pour l’intégralité du texte « LUMIERE DANS LA NUIT » se référer à l’article paru dans Terre d’Israel

http://www.terredisrael.com/infos/albert-bensoussan-lumiere-dans-la-nuit/#more-43706

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Date de dernière mise à jour : 23/12/2019