SOUKKOT

Bonnes fêtes  de Soukkot 5780

Souccot

 

Vous prendrez, le premier jour, du fruit de l’arbre hadar, des branches de palmier, des rameaux de l’arbre avoth et des saules de rivière ; et vous vous réjouirez, en présence de l’Éternel votre D.ieu, pendant sept jours.

Vous la célèbrerez cette fête pour l’Éternel, sept jours chaque année. C’est une règle immuable pour vos générations, au septième mois vous la fêterez.

Vous demeurerez dans des Soukkot durant sept jours ; tout habitant en Israël demeurera dans des Soukkot, afin que vos générations sachent que c’est dans des Soukkot que J’ai fait résider les enfants d’Israël, quand Je les ai fait sortir du pays d’Égypte, Moi, l’Éternel, votre D.ieu.

Lévitique 23, 40-43

 Cette année la fête de Soukkot a lieu de  la soirée du dimanche 13 Octobre à la soirée du dimanche 20 octobre

Souccot (hébreu חַג הַסֻּכּוֹת, Hag haSoukkot, « Fête des Cabanes », « des Tentes » ou « des Tabernacles »), est l'une des trois fêtes de pèlerinage prescrites par la Torah, au cours de laquelle on célèbre dans la joie l'assistance divine reçue par les enfants d'Israël lors de l'Exode et la récolte qui marque la fin du cycle agricole annuel.

Elle est fêtée à partir du 15 tishrei (qui correspond, selon les années, aux mois de septembre ou octobre dans le calendrier grégorien) et dure sept jours, outre le ou les deux jours de la fête suivante, Chemini Atseret. Seuls les premiers jours (le premier en terre d'Israël et dans le judaïsme réformé) sont totalement fériés.

Divers rites de commémoration de l'événement historique ou de propitiation pour obtenir l'abondance des pluies et des récoltes s'y rattachent, parmi lesquels la prescription pour les Juifs de résider (au minimum prendre leurs repas) dans une soukka (une sorte de hutte, souvent décorée), et celle des quatre espèces végétales.

Texte de Richard Dadouche

La soucca

Lors de leur traversée du désert, après la sortie d'Egypte, les Hébreux étaient protégés en permanence par D.ieu sous la forme de colonnes de feu la nuit et de nuées le jour. Ils pouvaient et devaient s'en remettre entièrement à Lui de façon sincère et confiante, ce qui était en fait la condition pour que D.ieu leur fournisse cette protection tandis qu'ils étaient vulnérables. Dès lors, Il a institué la fête de Souccot, Fête des Cabanes, qui est la proclamation de l'abandon de soi à D.ieu par la reconnaissance que la vie terrestre n'est qu'un épisode de l'âme, et que les biens matériels ne sont accordés que par le Créateur et restent Sa propriété.

Aussi, pendant les sept jours de la fête, la Torah nous prescrit d'habiter dans des cabanes construites de feuillages et de bois, en signe de confiance en D.ieu et d'indifférence au confort matériel. La Halakha (loi juive) prescrit de prendre les repas dans la Soucca, d'y dormir, d'y étudier, et d'y habiter autant que possible. Toutefois, si le climat ne le permet pas (pluie, froid), on se limitera au strict minimum (consommer le pain sous la soucca), afin de ne pas nuire à sa santé, ni dénaturer l'esprit de joie et de fête qui doit présider pendant cette semaine.

Aussitôt après le Yom Kippour, toute la famille commence dans un esprit de réjouissance la construction de la Soucca, dans le jardin, sur le balcon ou dans tout autre lieu décent à ciel ouvert. La Soucca doit être construite selon des règles et des proportions précises, et le toît en est l'élément le plus important. Il est de coutume de décorer la Soucca, en y accrochant des fruits par exemple et en l'arrangeant de manière à la considérer comme un lieu d'habitation.

La soucca 1

le loulav

Le deuxième point clé de la fête de Souccot est le Loulav (לוּלב), ou rituel des Quatre Espèces (arba minim) : le saule, la myrte, la palme de dattier et le cédrat.

Il nous est ordonné de prendre en main ces quatre végétaux et de les utiliser pour nous réjouir devant D.ieu] chaque jour de la fête (sauf le Shabbat), c'est à dire de les agiter dans les quatre directions et vers le haut et le bas, en symbole de l'omniprésence de D.ieu.

Les quatre espèces représentent les quatre caractères de l'ensemble des membre du Peuple d'Israël :

  • le palmier, sans parfum mais aux fruits savoureux ;
  • la myrte, odorante mais sans fruit ;
  • le saule, sans odeur ni fruit ;
  • le cédrat, fruit savoureux au parfum délicieux,

où les fruits symbolisent l'étude de la Torah, dont le goût est comparable à celui du miel, et le parfum fait allusion à l'observance des mitzvot, dont l'odeur est agréable à l'Eternel. Nous réunissons ensemble ces quatre espèces dans un élan de solidarité et d'unité complète du Peuple d'Israël pour déclarer son attachement à D.ieu.

Le dernier jour de Souccot est appelé Hoshaâna Rabba qui est en lui-même un événement d'importance, et la fête se conclut par Shemini Atsérêt et Simhhat Torah.

Loulav 2

 

 

 

 

Sources Bibliques

 « Et l'Eternel parla à Moché en ces termes : Parle aux enfants d'Israël en ces termes : le quinzième jour de ce septième mois sera la fête des Cabanes durant sept jours au nom de l'Eternel. Le premier jour sera un appel de sainteté, vous ne ferez aucun travail… »

(Lévitique vayikra XXIII, 33 à 35)

« Vous demeurerez dans les soukot (cabanes) sept jours, tout habitant d'Israël s'installera dans les cabanes, afin que vos générations sachent que J'ai installé les enfants d'Israël dans des soukot lorsque Je les fais sortir du pays d'Egypte, Je suis l'Eternel votre Dieu »

(Lévitique vayikra XXIII)

« Et vous prendrez pour vous, le premier jour, le fruit de l'arbre de beauté, des branches de palmiers, des feuilles d'arbre de myrte et des saules de rivière, et vous vous réjouirez devant l'Eternel votre Dieu sept jours. »

(Vayikra XXIII)


A propos des quatre espèces, il est dit : « Du fait que l'homme est toujours accaparé par ses occupations et que ses pensées sont orientées vers l'œuvre de ses mains, et que l'Omniprésent, béni soit-Il, a voulu donner du mérite à son peuple Israël en multipliant les mitsvot, c'est pourquoi au moment de Souccot, qui est le temps d'une grande réjouissance par l'engrangement des fruits et des récoltes, l'Eternel a demandé à son peuple de se réjouir en Son nom, afin de ne pas oublier la crainte divine par ses réjouissances. C'est pourquoi, Il a ordonné de prendre des éléments qui rappellent que la joie doit être dirigée en Son nom et pour Son honneur…

De plus, ces quatre espèces évoquent les membres du corps humain : le cédrat, étrog, rappelle le cœur lieu de l'intellect (pour la Bible, c'est le cœur, et non le cerveau, qui est le siège des pensées) afin de mettre l'intelligence au service du Créateur, qu'Il soit béni ; la branche de palmier évoque la colonne vertébrale qui soutient l'homme, afin que l'homme tende toujours vers Son service, béni soit-Il ; le myrte ressemble aux yeux, pour signifier de ne pas s'égarer après les désirs de son regard au moment des festivités ; quant au saule, il symbolise les lèvres, car par la bouche l'homme pose la touche finale à son action, d'où la nécessité de mettre une bride pour ne pas se laisser aller au moment de la joie.»

Synagogue transport de palmes 1D'après Séfer Hahinoukh 324)

 

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Le rituel des quatres espèces par Caroline Elishéva Rebouh

LES QUATRE ESPECES   ARBAÂTH 'HAMINIM   ארבעת המינים

Au cours de la fête de Souccoth, il est une prescription  qui va caractériser cette époque autant que la cabane de roseaux elle-même.

La soucca,  demeure si légère et occasionnelle, que le moindre souffle de vent peut mettre en péril, fait penser à la fragilité de l'existence. Cette cabane nous a abrités pendant les 40 années d'errance dans le désert. La double symbolique est donc le fait que notre destin est aussi frêle qu'un roseau et la seconde symbolique est de se souvenir de la sortie d'Egypte.

Souccoth met l'homme en rapport avec la nature de manière très directe d'abord parce que dans la cabane l'homme se retrouve directement sous les ailes de la shekhina et donc sous la protection divine et comme nous le verrons ci-dessous,  le bouquet des quatre espèces rappelle à chaque instant le lien puissant qui relie la créature humaine à la création.

Dans le Lévitique, au chapitre XXIII le verset 40 énonce : "vous prendrez(…) un fruit de l'arbre 'hadar (cédrat ou etrog en hébreu), une branche de palmier (loulav), des rameaux de l'arbre aboth (myrte ou 'hadass) et des saules de rivière (ârava).

Les rameaux se doivent d'être attachés ensemble selon un ordre particulier : il faut une branche de palmier, trois branches de myrte et deux branches de saule.

COMMENT CHOISIR LES DIFFERENTS ELEMENTS DES QUATRE ESPECES ?

Aujourd'hui, de plus en plus, on vend des ensembles de 4 espèces munis d'un certificat d'origine et de casherout ce qui évite de mesurer les plantes pour savoir si elles correspondent à la 'halakha.

De toute façon voici un abrégé des critères selon lesquels choisir un beau bouquet de "4 minim".

ETROG :  Mesure : il doit être plus gros qu'un œuf. Couleur et aspect : il ne doit pas être ni noir ni brun ce qui le rend "passoul" (non valable). Il peut être verdâtre, en tout ou partie  et il est préférable qu'il soit bien jaune, cependant, selon les années, il se peut qu'il soit vert si les fêtes tombent tôt en septembre.

Si l'étrog n'est pas d'une catégorie où le "pitoum" est rentré il faut manipuler le fruit avec précaution pour que le pitoum ne se casse pas. Il y a aussi les étroguim yéménites sans pitoum mais d'une très grande taille. 

La peau du fruit peut-être granuleuse sans rien ôter de ses qualités pour la prière.

Lorsqu'un cédratier n'est pas greffé il peut y avoir sur le corps de l'étrog une très fine marque légèrement nacrée sans aucune incidence sur la validité du    cédrat.

Après usage, il est conseillé de conserver l'étrog dans une boîte où il sera à l'abri.

LOULAV : Il s'agit d'une branche de palmier d'au minimum 40 cms de long.

La branche doit être le plus droit possible, le plus vert possible et, si possible,  les feuilles ne doivent pas se détacher.

C'est la raison pour laquelle dans certaines communautés, les fidèles garnissent leur loulav soit au moyen de fils satinés ou soyeux de couleur en  les croisant pour éviter, qu'en agitant le bouquet comme il le faut au cours de la cérémonie du loulav, les feuilles ne se séparent trop les unes des autres ; de même, souvent l'extrémité du loulav est protégée par un peu de coton.

HADASS : myrte. Les trois branches de myrte doivent être si possible de la variété de Safed (Tsfat) avec des feuilles qui se recouvrent en partie les unes les autres et recouvrent le tige. Les feuilles doivent être en bon état, il ne doit pas y avoir trop de baies. La dimension minimum est de 30 cms. Il faut veiller à ne pas laisser sécher les feuilles, sinon les branches (et les feuilles) seront inutilisables pour la fête.

ARAVA : Les deux branches de saule doivent mesurer au minimum 30 cms chacune. L'extrémité ne doit pas être coupée et les feuilles en bon état et pas sèches. Cependant, certaines années il y a une maladie qui se propage parmi les saules qui se nomme "la rouille" et toutes les feuilles sont piquetées de brun. En ce cas, il est impossible d'obtenir dans une même région des saules non contaminés et les saules "tachetés'' sont, alors admis.

Pour lier le bouquet il est possible d'utiliser soit de petits étuis en feuilles de palmier tressées (selon les avis) soit simplement des fils  ou de fins liens. En plaçant le loulav devant soi, les branches de myrte sont placées à droite et celles de saule à gauche. Certains placent les branches de myrte une au-dessus du loulav, une sur le côté à droite et une au-dessous.

Pour conserver les 4 espèces en bon état, on préparera deux torchons dont un sera humidifié mais pas trop mouillé pour que les feuilles ne pourrissent pas et l'autre sera sec. Le bouquet sera roulé dans le torchon humide et recouvert du second puis, une fois rentré à domicile, on ôtera le loulav et on placera les branches de myrte et de saule au-dessus du tiroir des légumes dans le réfrigérateur. En cas de dessiccation il faudra veiller au remplacement des branchages.

Le loulav sera plongé dans un vase plein d'eau.

Avant de procéder à la bénédiction du loulav il faudra saisir le bouquet complet dans la main droite et l'étrog dans la main gauche en ayant soin de le renverser avant de prononcer la bénédiction pour qu'il n'y ait pas d'interruption entre la fin de la berakha à laquelle est ajoutée la bénédiction de shé'héhéyanou et le fait de "balancer" les 4 espèces.

ברוך אתה ה' אלוקינו מלך העולם אשר קידשנו במצוותיו וציוונו על נטילת לולב

ברוך אתה ה' אלוקינו מלך העולם שהחיינו וקיימנו והגיענו לזמן הזה.     

Baroukh Ata Ado-nay Elo'hé-nou melekh 'haôlam asher kidéshanou bemitsvotav vetsivanou âl nétilat loulav. Baroukh Ata Ado-nay Elo-'hénou melekh 'haôlam shé'héhéyanou vékiyémanou vé'higuiânou lazeman 'hazé.

Béni sois-Tu Eternel notre D Roi de l'Univers qui nous a sanctifiés par Ses commandements et nous a ordonné de prendre le loulav Béni sois-Tu Eternel notre D, Roi de l'Univers qui nous a fait vivre et nous a maintenus en vie et nous a fait arriver à ce temps-ci.

Après ceci, on retourne le cédrat de manière à ce que le pédoncule soit en bas et le pitoum vers le haut et on commence à balancer dans l'ordre suivant (6 directions) on se place face à l'orient et on agite le bouquet trois fois dans cette direction puis on le ramène vers soi et on répète cette opération vers le sud, puis vers l'ouest, puis vers le nord puis toujours en agitant trois fois vers le haut puis trois fois vers le bas. Les coutumes ne sont pas toujours les mêmes certains privilégient d'autres directions et certains inclinent le bouquet sans bouger.

Les plantes ont plusieurs symboliques :

ETROG : ce fruit est issu du cédratier dont les feuilles et les fleurs sont odoriférantes. Le fruit par lui-même est odorant et l'on pourra – après la fête donc après l'usage fait du bouquet – respirer le parfum du fruit et réciter à ce propos la bénédiction se terminant par : הנותן ריח טוב בפירות 'hanotene réah tov beféroth  - qui donne aux fruits une bonne odeur. De même, on ne goûtera pas le cédrat pendant la fête. Le cédrat symbolise l'homme qui étudie et fait de bonnes actions c'est-à-dire quelqu'un qui est odoriférant et savoureux.

Sur le plan du corps humain, le cédrat a un peu la forme du cœur.

Il est rapporté au Patriarche Abraham et à la Matriarche Sara.

LOULAV : Il provient du dattier qui donne des fruits sans odeur mais savoureux comme un homme qui n'étudierait que très peu mais dont les actions sont si belles. Le loulav représente la colonne vertébrale. Isaac qui symbolise à la fois la rigueur/justice et le don de soi par le sacrifice, est aussi représenté par le loulav. Rivka est douce comme le miel ou comme la datte.

HADASS : Une plante odoriférante mais ne donnant pas de fruit comme quelqu'un qui étudie et ne fait pas de bonnes actions. Les feuilles rondes représentent les yeux. Représente Jacob à cause du nombre de ses descendants et Léa pour la même bonne raison.

ARAVA : sans parfum et sans fruits, la ârava symbolise les lèvres promptes à parler et parfois sans raison, et s'apparente à quelqu'un qui n'étudie pas et ne fait pas de bonnes actions. La ârava est comme Joseph qui mourut avant ses frères et comme Rahel sa mère.

En unissant en un bouquet ces quatre espèces et en les agitant dans les quatre directions plus en haut et en bas, nous exprimons notre volonté d'unir les quatre genres d'hommes aux quatre éléments et aux quatre directions du monde et d'unir dans un même mouvement les sphères intermédiaires aux sphères supérieures et inférieures auquel l'homme est soumis.

Caroline Elishéva REBOUH

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Date de dernière mise à jour : 11/10/2019