Idées et Opinions

 

Il s'agit ici d'une tribune libre. Chaque article publié ne révèle que les idées et l'opinion de son auteur.

Les juifs d’Algérie face aux nationalités française et algérienne (1940-1963)

Pierre-Jean Le Foll Luciani chercheur associé au CERHIO, Universisté de Rennes 2

Revue des Mondes Musulmans de la Méditerranée  https://remmm.revues.org/index.html webmaster-new-23.gif Publié le 21 mai 2017

Entre la conquête française et les premiers mois de l’État algérien indépendant, les producteurs des définitions coloniales, vichystes, sionistes et nationalistes de la citoyenneté et de la nationalité française, algérienne puis israélienne, font à plusieurs reprises de la place des juifs – tels qu’ils les définissent – un problème. Saisis dès la conquête comme indigènes mais distingués des musulmans selon leur religion par les autorités coloniales, les juifs natifs des territoires conquis sont soumis à la nationalité – c’est-à-dire à l’appartenance étatique – française en 1865 au même titre que les musulmans. Le décret Crémieux de 1870 les dissocie toutefois juridiquement de ces derniers en leur octroyant la citoyenneté, c’est-à-dire les droits politiques. Par la suite et jusqu’à l’indépendance, cette mesure, exceptionnelle dans l’histoire des impérialismes coloniaux, se trouve régulièrement au cœur de débats juridico-politiques, car au-delà de la seule « question juive », elle touche à l’un des dispositifs majeurs de l’ordre colonial : la définition des contours de l’indigénat et de la citoyenneté (Blévis, 2001, 2005, 2012 ; Saada, 2003). Plus précisément, la question du statut des juifs est posée publiquement lors de plusieurs moments-clés de mise en débat des problèmes de nationalité (1865, 1954-1962, 1963) et de citoyenneté (1870, 1936-1939, 1940-1944) en Algérie contemporaine. [LIRE LA SUITE]


 

La déchirure historique des juifs d'Algérie par Hubert Hannoun

 

Article paru le 24 Juin 2004 dans "Le quotidien d'Oran".

Lien source : http://sefarad.org/diaspora/afrique/algerie/algerie.php/id/11/   Publié avec l’autorisation spéciale de  Mr Moïse Rahmani du site Sepahard.org

Il y a deux ans environ, lors d'un colloque organisé à l'Université de Constantine, j'ai l'occasion d'échanger quelques propos avec une jeune algérienne dont l'âge révélait qu'elle n'avait connu ni les temps de la colonisation ni ceux de la guerre d'indépendance de 1954 en Algérie.
Et, apprenant que je suis Juif originaire de Constantine, elle me fait savoir avec toute l'ardeur et la conviction de sa jeunesse qu'elle ne pardonne pas aux Juifs d'Algérie d'avoir quitté leur pays, en 1962 manifestant ainsi, selon elle, leur rejet de la situation créée par l'indépendance conquise.
La scène se passe dans une vaste salle où des dizaines de personnes prennent leur repas si bien que la discussion sur les relations judéo arabo-berbères en Algérie ne peut s'établir sérieusement. C'est cette discussion que je voudrais reprendre ici, espérant que mon interlocutrice d'alors pourra en prendre connaissance et y trouver quelques éléments d'explication à sa remarque.
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Hommage aux juifs d'Algérie par Sarah LALOU 19 mars 2014  Articlde paru dans l'édition française du Jérusalem Post  A propos du n° 6 hors série(2013) de la revue TSAFON : Les Juifs d’Algérie, de l’enracinement à l’exil  - Hommage à Jacques Lévy (1929-2010)  Textes rassemblés par Carol et Michaël Iancu

Cet ouvrage regroupe tout ce que l’Algérie a pu offrir aux Juifs, avec un mélange de nostalgie, de douceur et de violence. Il paraît loin le temps où le grand-père de mon père, Jacob Lalou, adjoint-civil de Laghouat pendant plus de quarante ans, entretenait des relations privilégiées avec les Arabes, conservant même chez lui un Coran écrit en hébreu et une Torah écrite en arabe. La génération qui a fui l’Algérie n’a pas connu cette entente, comme mon père, qui a quitté sa ville natale Médéa à l’âge de douze ans, et qui se souvient de l’assassinat du rabbin de Médéa, en 1957. Marc Bonan consacre dans cette revue sur les Juifs d’Algérie, un témoignage touchant de sa vie à Médéa, en feuilletant les époques jusqu’à la fuite en masse des Juifs. En 1964 déjà, il explique : « Je suis le dernier Juif de la ville. Il m’incombe alors de récupérer les rouleaux sacrés de la grande synagogue transformée en fabrique de bougies par un voisin. Je les enterre dans le cimetière, là où reposent mes grands-parents et les Rabbis ».[LIRE LA SUITE]

1962 : les Juifs d'Algérie et le choix de la France par Benjamin Stora 4 avril 2014 Tribune de Benjamin Stora, publiée dans le hors série des Études du CRIF anniversaire des 70 ans du CRIF  

Dans les semaines qui précèdent l’indépendance de l’Algérie, en juillet 1962, l’immense majorité de la population juive d’Algérie, évaluée à près de 130 000 âmes, choisit de quitter le pays et de s’établir en France. Pourquoi ce choix du départ vers la métropole ?  [LIRE LA SUITE] dans le site du CRIF

L'évolution du judaïsme des juifs d'Algérie par Albert Bensoussan publié le 24 octobre 2015webmaster-new-23.gif

On notera que je bannis l'expression « judaïsme algérien » ; ce faisant, je me range à l'opinion éclairée de Shmuel Trigano qui refuse que l'on parle aussi de « Juifs algériens ». Il est vrai que l'Algérie, dont un Ferhat Abbas cherchait vainement la trace dans les cimetières1, s'est forgée en tant qu'entité nationale à la faveur de la colonisation française et dans le combat pour l'Indépendance. Trigano écrit justement : « Il y avait bien sûr des communautés juives avant la colonisation mais leur identification était toute différente : les qualifier rétroactivement d'« algériennes » serait une rétroprojection temporelle abusive. [LIRE LA SUITE]

Sur les traces des Juifs sahariens par Ismail Warschei À propos de : Sarah A. Stein, Saharan Jews and the Fate of French Algeria, Chicago publié le 7 novembre 2015

Dans l’Algérie coloniale, les Juifs du Mzab forment un « indigénat » distinct non seulement de la communauté musulmane locale, mais de la population juive du Nord. L’historienne américaine Sarah Stein livre une réflexion sur la construction des inégalités statutaires et de la citoyenneté dans l’Empire français. [LIRE LA SUITE]

 

L'antisémitisme des européens d'Algérie par Genevève Dermenjian  publié le 30 janvier 2016 Extrait de Alger 1860-1939 – Le modèle ambigu du triomphe colonial, éd. Autrement, collection Mémoires n°55, mars 1999.par Geneviève Dermenjian webmaster-new-23.gif

L’antisémitisme en Algérie n’est pas une création spontanée de la fin du XIXème siècle, surgie pour assouvir une passion passagère ou pour imiter la métropole en proie aux convulsions de l’affaire Dreyfus. C’est au début de la présence française qu’il faut le faire remonter chez les Européens, tant civils que militaires. Ce courant avait des racines raciales, économiques, religieuses, sociales, ou proprement locales même, si l’on considère que de nombreux militaires étaient hostiles aux Juifs dans l’espoir de plaire aux Musulmans. Cependant, la France déploya une politique d’assimilation des Juifs d’Algérie et leur statut se rapprocha progressivement de celui des Français. Le décret Crémieux du 24 octobre 1870, qui les naturalisa en masse, ne fut ni une divine surprise ni un coup de tonnerre dans un ciel serein, il venait achever une politique d’assimilation mise en oeuvre depuis une trentaine d’années. [LIRE L'ARTICLE]

Commentaires (7)

mich-ka
Bonjour Philippe, je vous ai répondu par E-mail. Cordialement.
Philippe Ximénès
  • 2. Philippe Ximénès | 03/07/2016
Ne répondez pas tous à la fois surtout hein !
Philippe Ximénès
  • 3. Philippe Ximénès | 29/05/2016
Bonjour à tous,
Serait-il possible de diffuser sur votre site des photos du transport routier de marchandise en Algérie ??
Merci !
Redha
  • 4. Redha | 30/04/2016
Je voudrais savoir s'il y a en algerie des juifs convertis a l'islam et si ols y sont toujours residents
Marc Antoine
  • 5. Marc Antoine | 10/04/2016
Cela est très curieux, les religions juives et musulmanes sont les plus proches. En effet, selon les écritures (je fais l'impasse de la chronologie), dans un premier temps Abraham alla vers Agar (la servante de Sarah) puis enfanta Ismaël, nous connaissons la suite, puis Abraham alla vers Sarah qui finalement enfanta Isaac. Il n'y a pas plus frères que les juifs et les musulmans, circoncision, nourriture Hallal ou Kacher, les multiples traditions bien différentes chez les uns comme chez les autres, un point commun, elles sont très contraignantes ! peut-être verrons-nous un jour la fin de ces querelles "intestines" !? Car tout de même, c'est bel et bien la volonté divine qui a été conduite.
tucci
  • 6. tucci | 07/04/2016
Pourriez vous m'expliquer pourquoi il y a trés peu , pour ne pas dire trés, trés rarement de mariage juif-musulman ??? en Algérie, surement pas et en France, à présent ????

Frères surement en Algérie mais rarement beaux-frères.Lors de mes recherches généalogiques personnelles et amicales, je n'ai trouvé que des mariages (rares )entre musulmans et chrétiens mais jamais entre juifs et musulmans...

Dhimmi...vous connaissez ??
Haminiak
  • 7. Haminiak | 05/03/2016
Je voudrai vraiment et sincèrement participer au débat concernant les juifs qui sont tes proche des musulmans et de façon plus proche des musulmans que des chrétiens et comprendre ce que veut dire judéo chrétien ... Pour moi c'est un non sens ou une perversion de l'histoire par l'église à l'origine de l'invention de ce concept

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Date de dernière mise à jour : 21/05/2017