L'opération TORCH à Alger.Action de Jacques Zermati

 

Jacques zermatti photo d identite

Jacques ZERMATI

Rarement l'action d'un si petit nombre de résistants a eu des conséquences aussi importantes, que ce soit pour le Maghreb, et en particulier l'Algérie, ou que ce soit pour l'Europe. Le succès du débarquement des Américains à Alger, le 8 novembre 1942, dans le cadre de l'opération Torch, a littéralement fait bifurquer le cours naturel de l'histoire de la deuxième guerre mondiale.

Quelle était la situation des belligérant en ce début 1942 ?

Les Américains avaient subi l'attaque surprise des Japonais à Pearl Harbour le 7 décembre 1941, ce qui provoquait leur entrée en guerre avec les Alliés contre les forces de l'Axe. Leur armée était une armée improvisée de civils non aguerris, mais dotés d'un matériel sortant à profusion de leurs usines. Ils prévoyaient de débarquer en Europe dès 1943, pour soulager ( en plus de l'envoi de matériels ) in extremis l'armée soviétique qui allait résister victorieusement en fin 1942 à Stalingrad.

Les Anglais, forts des aléas de leur rembarquement à Dunkerque, du désastre d'une manœuvre de débarquement sur les côtes anglaises, ainsi que du désastre du débarquement test canadien à Dieppe le 19 août 1942, préféraient se faire la main sur un débarquement en Afrique du Nord. Mais il y avait le souvenir persistant de l'opération "Catapult" à savoir la mise hors combat de la flotte française à Mers el Kébir le 3 juillet 1940, l'attaque de Dakar le 8 juillet 1940 ( À Alexandrie, les choses se sont passées de manière beaucoup plus "fair play" entre les amiraux français et britannique ) et enfin la campagne de Syrie en juin 1941 .

En effet les marins britanniques tuèrent en une semaine plus de marins français que la flotte allemande pendant toute la Seconde Guerre mondiale, soit plus de 1 300 morts.

Les Allemands, liés par l'armistice avec la France, ne pouvaient utiliser la flotte de Toulon ni la "zone libre", et surveillaient l'armée française au Maghreb par l'intermédiaire d'une commission germano-italienne qui "pompait" dans les réserves intactes de matériel et de carburant de l'Armée d'Afrique. Leur principale préoccupation était alors d'atteindre les plaines à blé de Crimée et le champ pétrolifère de Bakou.

Les Français étaient sous le choc de la défaite, et faisaient un profil bas sous le gouvernement du Maréchal Pétain. Le général Noguès, commandant en chef du théâtre d'opérations en Afrique du Nord, d'abord favorable à une "résistance" retourna très vite sa veste et télégraphia qu' "il exécutera l'Armistice le rouge de la honte au front".

Les pieds-noirs d'Algérie, comptant un certain nombre de personnes d'origine espagnole en Oranie et d'origine italienne dans le Constantinois, adoptaient une position anti-juive, pro-vichyste. Enfin les "colons", par peur de l'Indigène, souhaitaient de bonnes relations avec les "régimes d'ordre" incarnés par Franco, Hitler et Mussolini, et manifestaient dans la Légion Française des Combattants, à qui mieux mieux, leur attachement au Maréchal.

Les Juifs d'Algérie, déchus de leur nationalité française, internés dans des camps, avaient le désir de poursuivre la lutte, en tant que Français.

Les "Indigènes", les "Arabes" représentaient dix fois la population européenne, mais pour celle-ci, en fait, ils étaient comme transparents. Décidément, ce n'était pas leur guerre. Mais pour autant ils ne s'étaient pas soulevés à l'annonce de la défaite de la France. De plus, ils avaient eu une attitude très généralement amicale envers les Juifs, malgré les pressions et propositions des autorités administratives d'Algérie, particulièrement sordides faites à Ferhat Abbas, qui les refusa avec mépris. Mais ils ne prirent pas part à la Résistance, ce qui leur enleva un atout essentiel pour la suite des événements. Et même, ils ne donnèrent pas suite au parachutage d'agents allemands à Batna qui venaient très certainement activer une insurrection et organiser en Algérie la formation d'une Légion Arabe … Or le Général de Gaulle, dès qu'il eut connaissance de l'opération Torch, fit dans son discours du 8 novembre 1942 appel aux "Chefs français, soldats, marins, aviateurs, fonctionnaires, colons français d'Afrique du Nord, levez-vous donc ! Aidez nos Alliés ! Joignez-vous à eux sans réserves" … Mais - et très curieusement - rien à l'attention des Algériens de souche …

Quelles furent les négociations tous azimuts jusqu'au débarquement ?

- Le général Marschall, Commandant en chef des Forces américaines, était partisan d'un choc frontal avec les Allemands dans le cadre d'un débarquement en France au cours de l'année 1943.
 
- En revanche, le général Alan Brook, Commandant en chef des Forces britanniques, pensait que cela serait suicidaire en raison de la puissance de l'armée allemande, qui n'avait pas encore été affectée par la campagne de Russie, mais aussi, il faut bien le dire, en raison de l'état d'une armée américaine nombreuse, puissante, apparemment bien équipée, mais surtout complètement inexpérimentée, jusqu'à - et y compris - ses généraux.
 
- Lors de leurs réunions, les discussions entre alliés furent plus qu'orageuses, et on arriva même à la rupture, les Américains menaçant les Anglais, s'ils ne changeaient pas d'avis, d'abandonner l'Europe à son sort et de reporter exclusivement leurs efforts sur le Pacifique et la guerre contre le Japon.
 
- Mais la maîtrise de Churchill et la lucidité de Roosevelt permirent de faire prévaloir le point de vue anglais et l'accord se fit en juillet 1942 pour un débarquement en Afrique du Nord.
 
- Alors, les Américains exigèrent d'assumer le Commandement en Chef, de faire porter aux Anglais des uniformes américains ( pour éviter des réactions prévisibles de l'Armée d'Afrique ), et de tenir de Gaulle dans l'ignorance du débarquement, en s'imaginant ( naïvement ? ) que Vichy ne donnerait pas l'ordre de s'opposer à l'opération.
 
- L'opération prit le nom d'Opération Torch, avec débarquement à Casablanca, à Oran, à Alger, mais pas à Tunis, ce qui permettait aux Allemands d'amener des renforts importants pour peu que l'opération s'enlise, ce qui aurait conduit à une bataille d'Algérie, voire même à un échec de l'opération.
 
- Malgré les contacts avec la Résistance, particulièrement à Alger, les Américains ne la prirent pas au sérieux, au point de ne pas lui livrer les armes promises, et même ne pas se rendre compte qu'Alger leur était livrée - sur un plateau - par cette même Résistance, sans combat et sans pertes.

Comment s'organisa la Résistance à Alger ?

À Oran, les choses ne se sont pas bien passé, pour la bonne raison que le chef de la Résistance est allé dire à son supérieur hiérarchique que les Américains arrivaient, et s'est fait immédiatement coffrer ; à Casablanca, les Alliés se sont fait accueillir à coup de canon ; à Alger, il en fut tout autrement.

Objectifs a neutraliser

Objectifs à neutraliser par la résistance à Alger

Il s'était développé dans cette ville clé de l'Algérie deux types d'organisation :
- l'une orientée vers la préparation d'un débarquement américain, mais sans savoir quand (qui d'autre était apte à débarquer ?) ;
- l'autre orienté vers la propagande (Groupe "Combat").

La première organisation était la plus concrète, la plus secrète aussi. Elle se constitua par contacts personnels extrêmement discrets. Un exemple est donné par Jacques Zermati, 25 ans, blessé en 1940, prisonnier, évadé, rentré en Algérie, son pays, et qui quitte Sétif à tout hasard pour rejoindre Alger, faute de pouvoir aller en Angleterre, s'inscrit à la Faculté, et rencontre un ami qui lui dit que la veuve d'un officier supérieur pourrait l'aider. A leur rencontre, elle lui suggère d'aller voir le docteur Untel et de lui réciter un petit texte mot de passe. Ce qu'il fait. Le docteur l'examine, sans plus. Zermati lui récite le texte. L'autre lui répond :
- Je ne vois pas du tout ce que vous voulez dire.
 
Après s'être excusé, Zermati retourne voir la dame, qui est très étonnée, vérifie discrètement, et lui demande de retourner voir ce docteur. Zermati lui re-récite le texte, et son interlocuteur lui répond :
- J'ai eu un moment d'hésitation et j'ai préféré ne pas vous répondre ; il a beaucoup de délateurs et de mouchard ….

Donc, de bric et de broc, s'agglutinent sans se connaître, nombre de personnes qui se découvrent après le débarquement et avec étonnement être des Juifs, des Cagoulards, des Gaullistes, des officiers, diplomates, chefs d'entreprise, etc, et avoir travaillé ensemble, la main dans la main ! (Mais quasiment aucun Arabe, soit que l'absence de relations personnelles n'ait permis les contacts, soit que l'inintérêt l'ait emporté). 
La règle d'or était le super secret. Les rencontres avaient lieu par exemple dans une salle de gymnastique, pour faire plus naturel. En prenant le contrôle de la Préfecture, Jacques Zermati a eu la curiosité rétrospective de faire un tour aux archives de la DST (Direction de la Surveillance du Territoire) pour s'apercevoir que son réseau était totalement inconnu. Imaginez donc la surprise des autorités en apprenant "au son du canon" l'arrivée des Américains.

L'objectif était de rassembler un nombre de personnes décidées à neutraliser les centres nerveux administratifs et militaires d'Alger, en occupant la Préfecture, le Central Téléphonique, l'État Major, l'Amirauté, tout cela en pleine nuit, avec des armes hétéroclites, ainsi que de faire prisonniers tous les responsables, de faire donner des ordres contradictoires aux unités militaires, de milice et de gendarmerie, et enfin d'accueillir les Américains à leur débarquement.

800 étaient volontaires, 400 se sont présenté à l'heure H, et cela a suffi à paralyser Alger le temps nécessaire pour passer la main aux Américains, lesquels ne se hâtaient pas de débarquer en pleine nuit, et, qui plus est, n'avaient aucune confiance en ces Résistants. En outre, le débarquement s'est déroulé dans un cafouillage de débutants, qu'aurait certainement exploité l'armée française, et mieux encore l'armée allemande qui débarqua aussitôt à Tunis.

Et pourtant les choses avaient bien commencé. Le général Clark, lui-même, adjoint au chef de l'Opération Torch, avait sauté d'un sous-marin dans un kayak, par une mer démonté, pour une rencontre avec les chefs de la Résistance. Ce manège avait été aperçu par un voisin, qui, pensant à des contrebandiers, et souhaitant toucher la prime, avait prévenu la police. Heureusement, la Résistance avait prévu une contre-mesure : garnir la table du salon de bouteilles de vin vides devant lesquelles était attablé un groupe de joyeux fêtards … La police n'y avait vu que du feu, et le général Clark était reparti en kayak porté dans les premiers rouleaux sur les épaules des Résistants !

La mission de Jacques Zermati était d'occuper la Préfecture. Les Résistants ont convergé par petits groupes vers un garage où on leur distribuait voitures de liaisons, armes trop graissées, munitions pas forcément du même calibre, vrais-faux ordres de mission et brassards. Les brassards étaient identiques à ceux de la Milice qui avait été créée pour protéger les points stratégiques contre les Résistants éventuels. Quoi de plus naturel pour ceux-ci que de s'approprier ces brassards et les arborer pour accomplir leur mission.

Le groupe, en uniforme très approximatif, arrive à la Préfecture. Il avait tout prévu, sauf que la porte était fermée, et qu'il avait beau frapper, elle ne s'ouvrait pas. Arrive la police, alertée par le vacarme. Zermati présente son ordre de mission ; protéger la Préfecture. Le policier, avec une grande conscience professionnelle, : "Ouvrez, Police !" Finalement la porte s'ouvre, Zermati remercie le policier qui a fait son devoir, et se précipite vers les appartements du Préfet. Celui-ci, qui dort avec la Préfète, est réveillé en sursaut. Devant l'arme braquée, il obtempère, mais dit :
- Vous êtes un gentleman, je vous demanderai de sortir de la chambre pendant que mon épouse s'habillera.
 
Ce à quoi Zermati répond :
- Ce n'est pas la première fois que je vois une dame en cette tenue, je vous promet que je fermerai les yeux moralement.

Tous les occupants sont enfin réunis dans le salon, et la Préfète propose une tasse de thé. Proposition acceptée, et la réception mondaine se poursuit, Le Préfet prend le jeune Zermati à part :
- Je suis fidèle au Maréchal Pétain, et je vous assure que demain je vous ferai fusiller !
 
Mais quelques moment plus tard, la canonnade débute, et Zermati annonce au Préfet :
- J'ai l'honneur de vous annoncer que les Américains viennent de débarquer !

Surprise totale ! Jacques Zermati emmène le Préfet Temple sur la terrasse de la Préfecture voir le feu d'artifice déclenché par deux torpilleurs américains vers les projecteurs du port braqués sur eux.

Sur les plages, les Américains, s'attendant à une forte résistance, sont restés couchés en attendant le jour, ignorant le mot de passe "Whisky" auquel il fallait répondre "Soda". Jean Daniel, qui faisait partie du comité d'accueil, a bien failli se faire canarder lorsque les Américains ont entendu quelqu'un crier dans le noir "Whisky". Ils n'avaient même pas été prévenus par leurs chefs qu'ils pouvaient alors débarquer "l'arme à la bretelle".

Pendant ce temps, à la Préfecture, les choses se gâtent. En effet, les gardes mobiles encerclent le bâtiment et mettent des mitrailleuses en batterie.
- Rendez-vous, jeunes gens, tente le colonel de gendarmerie, vos amis, en pleurs, ont déjà rendu leurs armes !
- Pas question, répondent les assiégés, qui ont le Préfet en otage.

Une négociation s'engage, et dans la mesure où les Américains ont débarqué, l'occupation de la Préfecture n'est plus stratégique, et les Résistants s'en retournent, en armes, les rendre au garage, puis rentrent chez eux, tout simplement. La victoire était totale. Heureusement.

Et si ce débarquement avait échoué ?

Carte de l operation torch 2

OPÉRATION TORCH - Conséquences

Document emprunte par j zermatti

Document "emprunté" par Jacques Zermati

Document emprunte par j zematti 2

Document "emprunté" par Jacques Zermati


 

Lettre de dr henri aboulker l amiral darlan

Lettre de Henri Aboulker à l'Amiral Darlan



Jacques Zermati, un des chefs de la Résistance à Alger, raconte :
- Le 8 novembre 1942, nous avions gagné, mais le 9 novembre, nous avions perdu !
Le pouvoir était resté aux mains de Vichy, grâce aux Américains. D'abord sous les ordres de l'amiral Darlan, puis après son assassinat, sous ceux du général Giraud, le "pion" que Roosevelt a voulu opposer à De Gaulle. Le général Giraud a poursuivi la même politique vichyste.

Ce fut encore une période bien triste pour les Juifs et les Arabes. Lors de la mobilisation générale, les Juifs, jusqu'au grade de lieutenant furent versés dans des unités de pionniers, ( bataillons de travailleurs ) pour qu'ils ne puissent se prévaloir de titres militaires après la guerre ; Arabes et Juifs ne touchaient que la moitié de la solde des Européens.

Zermati, étant "officier de jour" dans une de ces unités de pionniers, pénétra un beau soir dans le bureau du commandant du camp et "récupéra" dans un tiroir les directives "Darlan" et "Giraud". José Aboulker, l'âme de la Résistance algéroise, qui avait déjà envoyé une lettre comminatoire à Darlan, sans réaction, mit sous les yeux de Giraud, peu de temps après, ces directives volées par Jacques Zermati. Et Giraud eut la "bonne" réaction : Les pionniers furent aussitôt mutés dans des compagnies du train des équipages ( qui n'étaient pas non plus des unités combattantes ) !

Faire déserter les hommes de l'armée Giraud pour rejoindre les Forces Françaises Libres en Tripolitaine, devint la principale occupation des Résistants désœuvrés : Les camions militaires traversaient de nuit la frontière algérienne, à la boussole, et à la barbe des gendarmes, en direction de Benghazi où se formait l'armée de la France Libre. L'armée Giraud a ainsi fondu de près de 10 000 hommes ! Mieux encore, un officier a, de sa propre initiative, décidé, comme ça, de créer le 3ème bataillon d'infanterie de l'air, ex nihilo, ( pourquoi troisième ? mais pour faire bien ! ) ; ce bataillon est devenu le 3ème régiment chasseur parachutiste, puis le 3ème SAS ( Special Air Service ), qui a été parachuté à l'arrière des lignes allemandes lors de la libération de la France. Mais ceci est une autre histoire.

Pour en revenir au Général Giraud, celui-ci se voyait déjà commandant en chef des opérations futures et provoquait l'ahurissement des généraux américains. Et Jacques Zermati, qui avait assisté à un déjeuner réunissant Giraud et les Américains, n'en revenait pas lui-même. Un jour que, dans un café, Zermati discutait avec Raphael Aboulker, cousin de José Aboulker sur leurs aventures, un voisin vient à leur table, les félicite et continue :
- Le général Giraud, quelle voix de chef !
 
Raphael se met à rigoler, et après être sorti du café raconte le fin mot de l'histoire. Giraud aurait du prendre la parole à la radio d'Alger le jour J, mais les discussions avec les Américains s'étaient prolongées, et le jour J, Giraud n'était pas là. Alors Raphaël et son frère avaient improvisé un laïus patriotique, que le frère avait déclamé à la radio à la place de Giraud …

La morale de cette histoire est qu'elle n'était pas glorieuse :
- Ni pour les Américains, même s'il était préférable qu'ils passent pour des héros, leurs bateaux n'étaient pas adaptés, leurs officiers n'étaient pas toujours véritablement opérationnels ;
- Ni pour l'armée française qui a été dupée et manœuvrée ;
- Ni pour la population qui a du supporter pendant des mois de plus le même régime de Vichy.
Quant à de Gaulle, pas au courant, et furieux d'être mis devant le fait accompli, la bienséance commande de ne pas rapporter sa première réaction. Mais il se rattrapa largement avec un très beau discours :
- Les alliés de la France ont entrepris d'entraîner l'Afrique du Nord française dans la guerre de libération. Ils commencent à y débarquer des forces énormes. Il s'agit de faire en sorte que notre Algérie, notre Maroc, notre Tunisie constituent la base de départ pour la libération de la France. Nos amis américains sont à la tête de cette entreprise … … Méprisez les cris des traîtres qui voudraient vous persuader que nos alliés veulent prendre pour eux notre Empire. Allons ! voici le grand moment ! Voici l'heure du bon sens et du courage. Partout l'ennemi chancelle et fléchit. Français de l'Afrique du Nord ! Que par vous nous rentrions en ligne, d'un bout à l'autre de la Méditerranée, et voilà la guerre gagnée grâce à la France !

A sa manière, il ne manquait pas d'air, mais il n'empêche que cette opération de Résistance, menée à son insu, et habilement récupérée, fut la première opération armée de la Résistance française. Si elle n'avait pas réussi, les Américains n'auraient pas pu débarquer, ou alors auraient peut-être été rejetés à la mer. Il aurait bien fallu 2 ans pour refaire un autre débarquement. Les Allemands étaient capables d'envahir l'Afrique du Nord et y avoir la victoire finale. Il y aurait peut-être eu combats entre une Armée d'Afrique intacte et des Américains non aguerris, en même temps que la conquête de l'Algérie par les Allemands, jusqu'à Alger au moins. 

Le général américain Marshall aurait alors prévu un retour à son plan initial, soit un débarquement en France dans l'année 43, qui eut été un échec cuisant … avec à la clé la domination du III ème Reich.

Témoignage de Jacques Zermati siur la participation des "Arabes"

 

 

Commentaires (1)

Gozlan Lucien
  • 1. Gozlan Lucien | 11/03/2016
Bravo a monsieur Jacques ZERMATI, decede voila seulement quelques semaines a l age de 98 ans.
C est a la tete d une trentaine d hommes qu il prend la Prefecture d Alger, dans les premieres heures du dimanche 8 novembre 1942.
Ses hommes viennent du goupe de Geo Gras, le groupe le plus important dans la mobilisation au soir du 7 au 8 novembre 42.
Officier de reserve, il sera en tenue militaire pour conduire les combattants de l ombre et pour arreter le Prefet d Alger Emmanuel TEMPLE avec son epouse dans sa chambre a coucher.
Dans le temoignage de Pierre ATLAN, le fils d un des fondateurs de Geo Gras, Emile ATLAN, le prefet s adresse a lui et lui declare : "...jeune homme, vous ne savez pas ce que vous faites,..!!, si le debarquement echoue, vous serez TOUS Fusilles..."
En 1955, monsieur Emile ATLAN est decore par le ministre des anciens combattants pour son action courageuse le 8 novembre 1942 a Alger, il s appelle Emmanuel TEMPLE. Derriere lui se trouve le General MAST et le General JOUSSE.
Le ministre reconnait Emile ATLAN, il tourne les talons et refuse de participer a cette remise de decoration.
C est le General MAST et le General JOUSSE qui s avancent vers monsieur Emile ATLAN et le decorent en lui declarant :
" en 1942 c etait vous qui auriez du nous decorer car vous etiez notre chef dans la resistance et aujourd hui c est nous qui vous decorons...??"
Dans le temoignage audio "Histoires Vivantes, l Allemagne et ses difficultes", Emmanuel TEMPLE raconte le debarquement des Allies a Alger, il declare ; "...nous etions enchantes que les Allies debarquent en Arique du Nord..?????????"
Dans le temoignage de Jose ABOULKER dans le telefilm en novembre 2012 presente par Patrice d Almeida, historien, Jose declare :" ....il n y a eu AUCUN officier vichyste qui a rallie les partisans dans la journee du dimanche 8 novembre 42...!!!!"
On ecrit beaucoup ...Que les Americains ont debarque en Afrique du Nord et que l Armee d Afrique a repris le combat aupres des Allies,...mais c est FAUX...!!!!!
C est le Capitaine BEAUFRE qui declare dans le telefilm, : " le General NOGUES qui vient de prendre le Commandement des ordres de Vichy en AFN, en remplacement de l Amiral DARLAN, offre ...une NEUTRALITE BIENVEILLANTE au nom du Marechal au debarquement des Americains...!!!"
C est seulement 5 jours plus tard, parceque les Allemands ont occupe le sud de la France et sont rentres en Tunisie que l Armee d afrique a repris le combat contre l Axe...
Ils leur fallaient une raison, ils l avaient trouvee....!!!!!

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Date de dernière mise à jour : 11/03/2016