L'opération Torch et l'action de la résistance juive à Alger

Jacques KAROUBI

Le flambeau de la liberte

 

TORCH est le nom de code donné par F.D. ROOSVELT au projet de débarquement des les troupes Anglo-américaines en Algérie et au Maroc le 8 novembre 1942.La Torche que tend la statue de la liberté à New York symbolisant cette libération.

C’est le premier succès alliés contre les troupes de l’axe. Cet épisode va jouer un rôle décisif pour renverser le rapport de forces pour la suite des combats.

Je ne suis pas historien. Pour découvrir et comprendre les déroulements des faits j’ai du faire des recherches et des lectures. J’ai participé récemment aux recherches historiques entourant la commémoration du 70 ème anniversaire et j’ai reçu de nombreux témoignages  de participants et de leurs descendants qui sont encore venus enrichir mes connaissances.

A cet égard, Je veux remercier tout particulièrement Monsieur Lucien Gozlan, dont les actions incessantes de recherche sur l’opération TORCH et l’article sur « les oubliés du 8 novembre 1942 » a largement inspiré ce travail notamment sur l’action des résistants juifs à Alger.

 

Je me limite à relater ici quelques faits majeurs de cette opération à Alger dont l’action des héros anonymes, juifs pour la plus part , a permis qu’elle puisse être menée à bien .

 

1 - Quelle était la situation en Algérie en 1940-42

a) Situation militaire des alliés et nécessité d’ouvrir un second front au sud

En 1940, en vertu des accords d’armistice conclu avec les nazis, la France est occupée avec la collaboration du pouvoir de Pétain avec une zone occupée et une zone « libre ».
Continuent la guerre : l’URSS de Staline avec le front de l’est, et l’Angleterre avec la « France libre » de De Gaulle.
L’armée d’Afrique intacte est inféodée à Vichy.

Le 7 décembre 1941, les États-Unis entrent en guerre et le conflit   devient effectivement planétaire.

A Vichy, on pressentait une opération sur l'Afrique du Nord dans un but stratégique: mais Pétain estimait que  «  l'Amérique ne serait pas prête avant 1943 pour une action d'envergure. »

Le débarquement en Afrique du Nord est secrètement décidé en juillet 1942 entre le président Roosevelt et le premier Ministre britannique W. Churchill. Du côté des Français libres de Londres, c'est l'ignorance officielle.

L'opération « Torch », qualifiée à juste titre de « bissectrice de la guerre », ouvrait en temps nommé le second front promis par Roosevelt à Staline et dissuadait l'U.R.S.S. chancelante de conclure un armistice séparé avec l'Allemagne. Elle contrait l’action de Rommel vers la Lybie et la Tunisie.

b) Pour bien comprendre le rôle joué par résistance juive en Algérie, il faut se remémorer quelle était la situation des juifs en Algérie après la débâcle de 1940.

La France était présente en Algérie depuis 1830.Les juifs avaient  au début le statut d’indigène .Ils ont obtenu progressivement la possibilité d’obtenir une naturalisation française au cas par cas, en particulier pour les juifs ayant servi dans l’armée.

Ce n’est que 30 ans plus tard que  le décret Crémieux  du 24 octobre 1870, a accordé à 38000 juifs d'Algérie la citoyenneté française.

La débâcle de 1940 et l’armistice du 22 juin 1940, placent le maréchal Pétain à la tête de l’état français. Très vite, les lois anti juives et le statut des juifs entre en vigueur et el le 7 octobre 1940 le décret Crémieux est aboli et les  juifs d’Algérie retrouvent le statut d’indigène.

L’armée d’Afrique sous les ordres du Général Juin est officiellement inféodée à Vichy. Les pouvoirs civil et militaire de l‘Algérie sont exercés sous l’autorité de l’amiral Darlan, dauphin de Pétain.Statut des juifs article le matin

La promulgation du statut des juifs se traduit dans les faits par des discriminations :  les enfants juifs chassés des écoles, interdiction pour les juifs d’exercer la fonction publique, numérus clausus pour nombre de juifs exerçant une profession libérale.

Certificat de nationalite

 

 Numerus clausus jean

Des camps d'internements sont crées dans toute l’Algérie.

  En outre, pour les juifs existaient un grand sentiment d’insécurité, la France cessant de les protéger. On redoutait des actions antisémites exercées par la population arabe. Tous avaient encore en mémoire l’antisémitisme virulent des années 30, des émeutes et des massacres à l’encontre des juifs.

Dès 1941, la résistance juive s’organise en groupes d’autodéfense.

Quatre personnes, André TEMIME, Emile ATLAN, Charles BOUCHARA et Jean GOZLAN, puis aidées de Maurice SEBAOUN et son fils Paul âgé de 21 ans, s’installent dans un local prés de la Place du Gouvernement a Alger, le transforme en Centre d Accueil pour les réfugies d Europe puis devient une salle de gymnastique.Ce sera la Salle GEO GRAS.

Il faut rajouter à la direction de ce groupe de résistants, le professeur Henri ABOULKER, grand invalide de la guerre 1914-1918, son fils José, étudiant en médecine âgé de 23 ans, sa fille Colette, le docteur Raphaël ABOULKER et son frère Stéphane, leurs parents par alliance. Il y a aussi les frères CALVET(Cohen) Guy et Elie, Armand ALEXANDRE et son fils Pierre, des juifs Alsaciens, Bernard KARSENTY, cousin de Jose ABOULKER.

 

Un recrutement d‘autres résistants s’organise de manière très sélective et très cloisonnée par groupes de 5, aucun groupe ne connaissaient l’identité des membres des autres groupes.

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On note le nombre de "résistants" sur la place d Alger à environ 700 hommes. : Leurs actions : le sabotage sur le port d Alger de marchandises destinées aux Allemands, dépôts de tracts dans les boites aux lettres, destructions d'affiches vichyssoises, collages d'affiches gaullistes..

D’autres groupes de résistants viennent apporter leur appui :

Des Militaires :

Le général de division MAST, adjoint du général KOELT commandant le 19eme corps d'armée (qui est laissé dans l’ignorance totale).

le Lieutenant-colonel JOUSSE, commandant de la place d’ Alger, sous les ordres du General MAST...

le Colonel CHRETIEN, chef du service de renseignements du Général commandant en chef les troupes en AFN, le général d Armée JUIN.

le Commandant L'Hostis.

le Colonel BARIL ancien officier du Service de Renseignements de Vichy

le Capitaine de frégate BARJOT et le Commandant DARTOIS, tous deux membres du mouvement de résistance ALLIANCE fondé par le Commandant FAILLE et dirigé par le général d armée BOUSCAT.

le général de MONSABERT à Blida

 

Le  « GROUPE DES CINQ »

 Henri d Astier de la Vigerie royaliste et catholique, sous les ordres  du Colonel Van Hecke, personnage central de la résistance a Alger.

Jacques Lemaigre-Dubreuil, PDG des Huiles LESIEUR, deviendra l’homme de confiance du consul-général américain Robert MURPHY

Jean RIGAULT se ralliera a DARLAN au lendemain du débarquement et

tournera le dos a ses anciens allies

Jacques TARBE de Saint-Hardouin,

Le Colonel Van Hecke, chef des Chantiers de Jeunesse en AFN, n'en fera pas partie le jour décisif.

Jacques

Des hauts fonctionnaires de police

Le Commissaire ACHIARY, chef de la brigade spéciale de surveillance du territoire, travaille pour l'Intelligence Service .Il possède son groupe de résistance et a pour adjoint Bernard KARSENTY

Le Directeur de la Sureté MUSCATELLI

le Commissaire ESQUERRE

Le Commissaire GARIDACCI.

 

2 - Les préparatifs du débarquement par la résistance locale

En octobre 1942, et Churchill et Roosevelt prennent contact avec la résistance à Alger en vue de préparer un débarquement.

Pour cette rencontre, d'Astier de la Vigerie et Jean Rigault proposèrent un point de la côte algérienne qui se prêtait admirablement à ce genre de rendez-vous : la ferme de Messelmoun appartenant à Monsieur SITGES, située près de l'oued du même nom, a dix-sept kilomètres de Cherchell à une dizaine de kms d’Alger . L'endroit semblait prédestiné : il avait autrefois servi d'entrepôt de marchandises de contrebande. La mer bordait la propriété sur quatre kilomètres et un petit bois de pins rendait la plage invisible de la route qui passait à proximité.

Après échange de câbles avec Washington et Londres où se trouvait le général Eisenhower, un rendez-vous fut fixé sur le point proposé, à 55 milles marins environ a l'ouest d'Alger. La délégation américaine y débarquerait d'un sous-marin, dans la nuit du 21 au 22 octobre, et elle devait comprendre un officier général accompagné de plusieurs officiers au courant des détails de - l'opération Torch -

La ferme de messelmounLa ferme de messelmoun 1

 

Croquis du lieu du debarquement a cherchell

C’est l’entrevue de Cherchell. Initialement prévue le 21 elle est reportée in extremis dans la nuit du 22 au 23 octobre.

Il faut s’imaginer la scène surréaliste de ce sous-marin qui fait surface au large des cotes de Cherchell à quelques dizaines de km d’Alger et d’où débarquent les émissaires anglo-américains, venus demander l’aide de la résistance locale pour appuyer le débarquement

Sont présents les 23 et 24 octobre 1942 le Consul général américain Robert MURPHY accompagné du vice-consul américain KNIGHT..

Sont présents pour les français :Le General MAST, Henri d Astier de la Vigerie, le Colonel VAN HECKE, Jean RIGAULT, le Lieutenant-colonel JOUSSE, le Capitaine de frégate BARJOT, le Commandant DARTOIS.

Pour les américains, le General Mark W. CLARK, le general Lyman LEMNITZER, le Colonel Julius HOLMES, le Capitaine Jerauld WRIGHT, le Colonel Arch HAMBLEN envoyés par le General EISENHOWER...

Pour les britanniques, le Capitaine COURTNEY, le Lieutenant LIVINGSTONE, le Lieutenant FOOTE.

Bernard KARSENTY, seul juif, participe à cette réunion..

 La discussion s'engage. Tout l'effort porte d'abord sur le point essentiel : Alger. Les Français énumèrent aux Américains les dispositions prises par eux pour neutraliser le haut commandement et assurer la prise de la ville sans combat.

L'accord est conclu : le corps expéditionnaire se présentera devant Alger en même temps que devant Oran et Casablanca. Un point reste cependant à éclaircir : la date du débarquement allié. Sans précisément rien affirmer, le général Clark laisse entendre qu'elle se situerait entre le 20 et le 25 novembre. Une autre question importante figurera au programme de la matinée : l'organisation du commandement interallié, problème épineux pour lequel les Américains accouchent d'une formule assez vague qui ne les compromet guère.

Vers une heure de l'après-midi, la première conférence ayant duré cinq heures, le général Mast, sur le point de regagner Alger, reçoit tous les autres membres des deux délégations auxquels il fait un bref - amphi - sur la tactique à suivre pour s'emparer d'Alger.

Le général français parti avec Rigault, tous les participants à la conférence, conjurés, officiers français et alliés, prennent un moment le soleil dans la cour intérieure de la ferme qu'ils ne doivent quitter sous aucun prétexte, car, partout ailleurs, ils risquent d'être vus de la grand'route, alors que nombre d'entre eux sont en uniforme. Un déjeuner à l'algérienne, excellent bien qu'improvisé par Bernard Karsenty, réunit tout le monde autour d'une table, les bons vins de la propriété aidant à développer une ambiance euphorique et cordiale.

L'après-midi, les débats se poursuivent. Les détails militaires de l'opération sont fixés : coopération française, liaisons et relève américaine. Tout est examiné : points de débarquement, objectifs, itinéraires, signes de reconnaissance, tout ce qui doit éviter aux Alliés pertes d'hommes, de temps ou de matériel. » Gaston PALISSEK

 

Les Américains promettent des livraisons d’armes. Ils seront absents aux rendez vous des 2 et 4 novembre 1942.Les groupes interviendront, le jour J, pratiquement sans armes.

Alger est divisé en 5 secteurs ABCDE :le but prendre le contrôle des points stratégiques et de commandement des forces Vichysistes pour neutraliser leur action et permettre aux troupes anglo-américaines d’investir facilement Alger.

Secteur A :Vieille Ville

Secteur B : Alger centre

Secteur C : Alger hauteurs, palais d’été

Secteur D : Alger Est : Belcourt, Champ de manoeoeuvres,

Fort de Kouba,

Secteur E : Alger ..El Biar (Villa des Oliviers, résidence du

général Juin)

 

 

3- Le débarquement proprement dit

le jour J a été fixé par les Alliés au 8 novembre 1942, le débarquement est prévu en trois endroits :Le Maroc, ORAN, et la baie d ALGER

Operation torch soldats debarquant1ere div d infanterie us porend pied sur la plage de saint leu

a) Pour bien se représenter l’importance militaire et les enjeux stratégiques de cette formidable opération, il faut  examiner quelles étaient les forces en présence :

Les troupes alliées « L’opération Torch »engageait 107.000 hommes sur 200 bâtiments de guerre et 110 navires de transport.Des anglais, des américains et des canadiens.
Elle se divisait en 3 groupes ayant pour mission d’établir 9 têtes de pont sur près de 1500 km de la côte du Maroc et de l’Algérie, Maroc  à l’ouest, .Oran au centre. Alger à l’est.

.  Carte de l operation torch 2

L’armée d’Afrique encore inféodée à VICHY 

Armée de terre: 53 000 hommes en Algérie, 50 000 au Maroc et 14 000 en  Tunisie, soit, au total : 117 000 hommes. Les renforts porteraient ces effectifs, le cinquième ou sixième jour après l'alerte, à 105 000 hommes en Algérie, 55 000 au Maroc et 25 000 en Tunisie, soit au total : 185 000 hommes .En outre,elle comprenait trois groupements blindés de 45 chars D-1 ou H-35 chacun, à Alger, Oran et au Maroc

L'aviation comptait plus de 500 avions dans les trois territoires

La marine disposait d'une force navale importante à Casablanca : un croiseur, plusieurs contre-torpilleurs ou torpilleurs, plusieurs sous-marins et un cuirassé inachevé, le Jean-Bart, utilisé comme batterie fixe avec sa tourelle de 4 pièces de 380 ; une flottille en Algérie : torpilleur et sous-marins à Oran, sous-marins à Alger, et une escadre légère à Bizerte : douze navires, torpilleurs ou sous-marins. De plus, la défense du Maroc pouvait être renforcée par l'intervention de la force navale de Dakar : le cuirassé Richelieu, de 35 000 tonnes, armé de canons de 380 (immobilisé dans le port africain depuis le 8 juillet 1940) et ses navires d'escorte. Enfin, la défense des côtes était assurée par de nombreuses batteries, armées de canons de fort calibre et servies par la marine.

Les troupes françaises en Afrique du Nord avaient pour mission de s'opposer par la force à toute tentative d'invasion faite par une armée étrangère.

L’objectif de l’opération TORCH était  de pouvoir retourner cette armée dans le camp des alliés ce qui allait notablement changer le rapport de forces pour la campagne d’Afrique contre Rommel.

b) Les opérations militaires et l’action des résistants

Je me limiterai ici à relater les événements ayant eu lieu à Alger (d’après Lucien Gozlan : « les oubliés du 8 novembre 1942 »)

Le débarquement sur Alger est prévu par les Américains sur la partie Ouest d’Alger, par les Anglais sur la partie Est. Le mot de passe entre les résistants et les Allies est : "Whisky...Soda.»

Le 7 novembre 1942 la BBC diffuse :" Allo Robert....Franklin arrive."..L’opération TORCH était déclenchée !

Le 7 novembre dans la soirée, la flotte alliée, formée d’un convoi venant des Etats Unis et deux autres venant d’Angleterre, fait cap à l’est, puis brusquement elle vire au sud, face à Casablanca, Oran et Alger. A partir de 2h du matin, les premiers vaisseaux de l'opération « Torch » abordent les plages d'Afrique du Nord au son des canonnades

 

Action des résistants pendant la nuit du 7 au 8 novembre 1942

Les américains avaient prévus l’action locale d’un millier de résistants pour appuyer  le débarquement.

Mais 377 se présentent à l’appel dont 312 juifs !

Chaque secteur avec plusieurs groupes est chargé d’investir et de neutraliser les points stratégiques de la capitale défendus par les forces vichysistes.

Objectifs a neutraliser

Plan des objectifs à neutraliser

Groupe A: Commissariat Rue Bruce

Chef de groupe : Dr André Morali Daninos adjoint: Lt MARNA

Section A1: Caserne Pélissier, siège de l Etat Major

Chef de section :Lt IMBERT...assistant Aspt OUHAOUN

Section A2 : Palais d Hiver, quartier General du général JUIN:

Chef de section général SIROT

Section A3 Amirauté :Chef de section Andre COHEN, adjoint Lucien LOUFRANI, Marcel HABIBOU, Paul LEVY

Groupe B Commissariat rue Berthezen qui sera le Q.G. des résistants

Chef de groupe Dr Raphael ABOULKER, adjoint son frère

Stéphane ABOULKER

4 sections dont la plus grande partie des résistants arrivent de la salle GEO GRAS

Section B1 9eme Corps d'Armée,. Centre téléphonique MOGADOR Chef

de section ..Capitaine PILLAFORT, adjoints DARIDAN , Roger JAIS, TEMIME,LIEBINE, BENHAMOU, Mario FAIVRE, Henri MESGUICH

Section B2 Préfecture Chef de section Emile ATLAN, assistants Jacques

ZERMATI, Saadia OUALID, Andre LEVY...

Section B3 Grande Poste Chef de section Lt Jean GOZLAN...adjoint Lt Jean DREYFUS

Section B4..Radio Alger rue Hoche... Gouvernement Général Chef de section Adjudant TILLY 11hommes, des bretons et des juifs

Groupe C Palais d Été

chef de groupe: Lt. Maitre Maurice AYOUN,Maitre Raymond ABECASSIS,Aspt MUCCHIELLI

Groupe D Central téléphonique de Belcourt

chef de groupe Paul RUFF assistants Docteurs CVILINSKI et BECACHE, FANFANI

et AMYOT

Groupe E

E1 Villa des Oliviers résidence du général Juin chef de section...Aspt Bernard PAUPHILET

E2 et E3 Villa d EL BIAR Chef de groupe Capitaine BOUIN adjoint sergent chef ,Gilbert SABATIER la mission est de neutraliser le General d’ aviation MENDIGAL...

Sous les ordres d’Henri d’Astier de la Vigerie, de José Aboulker et de Bernard Karsenty, Le 8 novembre 1942, a une heure du matin, heure convenue, les commandos passent à l'attaque : Le poste de commandement est installé au commissariat central avec le consentement du commissaire André Achiary, chef de la brigade spéciale de surveillance du territoire, Le préfet d’Alger est limogé par Jacques Zermati, officier parachutiste qui prend le contrôle de la préfecture.

Les résistants poursuivent l’occupation des points stratégiques : l’Amirauté, la Préfecture, la Grande Poste, le XIXème Corps d’Armée, la Radio, le Palais d’Été, résidence du Gouverneur général de l’Algérie, la Villa des Oliviers, résidence du général Juin, le Palais d’Hiver (état-major du général Juin) et d’autres points névralgiques.

Le général Juin est arrêté par l’aspirant PAUPHILET. Les transmissions sont paralysées, les centraux téléphoniques réduits au silencePlan des installations telephoniques 1

 

Plan des liaisons téléphoniques a partir du commissariat Central d Alger situé au boulevard BAUDIN avec les centres de télécommunications et les bâtiments administratifs et militaires qui ont été neutralisés par la résistance de l Opération TORCH dans la nuit du 7 au 8 novembre 1942.

 

Le 8 novembre vers 1h du matin le débarquement à lieu

Article le matin odieuse agression

, les Alliés débarquent à l Ouest et à l Est de la ville....Le plan prévoyait de rejoindre le centre ville en 2 heures et demies, neutralisé par tous les groupes de résistance,.. le General RYDER, commandant en chef des forces armées du débarquement,  soupçonneux de l'efficacité des résistants sur place, change ses plans une fois sur la terre ferme. Les Forces Alliées mettront plus de 15 heures pour se rendre maitre des lieux et obtenir le cessé le feu signé par l’Amiral Darlan.

Le Général RYDER avait eu  du mal à croire que grâce à l’action d’une poignée de jeunes résistants, 11500 soldats de l’armée d’Afrique pouvaient être  paralysés pendant une nuit.

Il y a deux victimes parmi les résistants : le Lieutenant Jean DREYFUS tué d’une balle dans le dos et le Capitaine PILLAFORT.

Nous y reviendrons


Pendant tout ce temps, un officier resté fidèle à Darlan le commandant DORANGE arrive à reprendre le contrôle des points investis par les résistants, a permettre à l’amiral Darlan et au général JUIN de reprendre les commandes de la défense de la ville, et lorsque le cessé le feu est signé, les résistants juifs sont neutralisés, et les anglo américains pactisent avec Darlan et Juin. Certains résistants peuvent s’enfuir d’autres sont faits prisonniers comme « résistants gaullistes » à la prison de Barberousse à Alger et sont menacés d’être fusillés comme traitres.

Le Général Giraud, auréolé de son évasion d’Allemagne, arrivé à Alger le 9 novembre quand tout est fini, Il est l’homme des américains .Il se met aux ordres de DARLAN qui le nome commandant en chef des troupes d’Afrique du Nord....Le 13 novembre il lui donnera l’ordre d’engager ses troupes contre les forces de l’Axe.

Le choix américain de traiter avec Vichy était dicté par l’urgence d’un cessez-le –feu que seul DARLAN pouvait imposer, les troupes allemandes et italiennes menaçant la Tunisie.

La libération de l’Afrique du Nord sera symbolisée par l’accord entre Eisenhower  et  Darlan dans la presse quelques années plus tard :

Le journal de la france

Cette nuit du 7 au 8 novembre a été qualifié par Jacques ZERMATTI dans son témoignage de « nuit des dupes ».

Avant d’en venir aux jours qui ont suivis et aux conséquences pour les juifs d’Algérie je veux faire une parenthèse pour honorer la mémoire des deux héros morts au combat et les sortir de l’oubli de l’Histoire

:Hommage aux deux héros morts au combat :

Jean Dreyfus

Jean dreyfus op torch 1

Le 8 novembre 1942 à l'aube, chargé de neutraliser les services de la poste centrale d'Alger et d'interdire ainsi toute communication avec la métropole, il investit la Grande Poste à la tête d'une quinzaine d'hommes. Jean Dreyfus coupe le central téléphonique qui dessert le centre d'Alger. Il tient la position face à un engin blindé du 5e Régiment de chasseurs d'Afrique et des fusils-mitrailleurs. Il refuse de se rendre et les assaillants ouvrent le feu sur la Poste.Au bout d'une heure, considérant le but de sa mission atteint, le lieutenant Jean Dreyfus décide de sortir pour parlementer ; après un moment de discussion, il retourne auprès de ses volontaires. C'est à ce moment là qu'il est tué dans le dos d'une rafale de fusil-mitrailleur par un sous-officier qui sera décoré par Darlan.

Jean Dreyfus a été inhumé dans le cimetière civil d'Alger.

 et le capitaine PILLAFORT

Alfrd pillafort operation torch 1

A Alger en 1942, il participe à l'organisation de la résistance et met sur pied des groupes d'hommes sûrs et prêts à agir. Il prend aussi contact avec le consul des Etats-Unis puis avec les autres groupes de patriotes qui se préparent, eux-aussi, à agir. De jour en jour l'organisation progresse, n'attendant plus que le débarquement allié.

Dans la nuit du 7 au 8 novembre 1942, le capitaine Pillafort et ses 47 partisans s'emparent de plusieurs points vitaux de la ville. Le 8, au début de l'après-midi, les Vichystes ont repris un à un les points neutralisés pendant la nuit ; ils tentent alors d'envoyer des troupes vers l'Est pour s'opposer au débarquement des américains mais, boulevard Baudin, ils se heurtent au capitaine Pillafort qui a fait dresser un imposant barrage rendant impossible toute circulation.

A 14 h15 une voiture s'arrête devant le barrage ; un coup de feu claque et Alfred Pillafort s'effondre, mortellement blessé au foie. Transporté à l'hôpital, il décède quelques jours plus tard, le 14 novembre 1942, des suites de sa blessure. Il est inhumé au cimetière Saint-Eugène à Alger.

 

Conséquences de la réussite du débarquement allié

  • Conséquences pour les résistants juifs

La matinée du 8 novembre 

Il faut citer ici Pierre Atlan à travers le témoignage que m’a remis sa sœur Paule Atlan relatant l’action de son père Emile Atlan :

 « À la fin de la matinée, le général Eisenhower avec l'amiral Darlan et le général Juin sont allé sur la tombe des soldats inconnus pour y déposer une gerbe de fleurs.

Ce fut la plus grande insulte de la part des américains et britanniques de collaborer avec le gouvernement de Vichy. Immédiatement, les tracts imprimés clandestinement furent jetés depuis les étages supérieurs de tous les bâtiments pour arriver à l'endroit où se trouvait le monument . Un tract est tombé aux pieds de l'amiral Darlan , il le ramassa et le lut. Le message disait: «Darlan est un traître et doit être tué."

Darlan ordonna à ses troupes de saisir et d'arrêter les membres des réseaux clandestins qu'ils pouvaient trouver. 28 membres ont été arrêtés, y compris les résistants Emile Atlan, et 27 de ses compagnons. Ils ont été placés au secret dans la prison militaire pour être exécutés…… ».

Amiral darlan

Les jours qui ont suivis

Grace à l’intervention d‘un officier canadien qui a pointé ses mitrailleuses au sein du tribunal militaire qui devait condamner à mort ces résistants, ceux-ci ont été libérés et incorporés dans l’armée d’Afrique  à Tébessa en Tunisie contre les troupe de Rommel, mais en tant que juifs, ils n’ont pas été versés dans des unités combattantes.

« Ces 28 hommes voulaient obtenir des fusils et des pistolets, mais n'ont reçu que des pelles pour creuser des tranchées. » Pierre Atlan

la blessure de la non reconnaissance 

Malgré la libération de l’Algérie, le statut des juifs continue à être appliqué. De nombreux partisans juifs sont arrêtés et internés dans des camps.

Le 24 décembre 1942 L’amiral Darlan est exécuté de plusieurs balles dans la tête par Fernand Bonnier de la Chapelle, jeune résistant chrétien, manipulé par des réseaux royalistes. Ce dernier sera fusillé à la hâte, le général Giraud ayant refusé sa grâce.

Le général Giraud succède à Darlan avec l’accord des Américains. Haut-commissaire, il est chargé des affaires militaires et civiles.

General giraud

Il est violement antisémite.  II est surtout convaincu, comme le rappellent Marrus et Paxton, que « les juifs étaient " responsables de la défaite " et que les lois raciales étaient «  une des conditions essentielles de l’armistice ».

Après la démission du gouverneur général Yves Châtel, Giraud nome pour lui succéder Marcel Peyroton, ancien ministre de Vichy et principal instigateur de l’abolition du décret Crémieux.  Rien ne change : le décret Crémieux reste aboli, le numérus clausus appliqué, les soldats juifs sont affectés dans des unités non combattantes, les camps d’internement du sud algérien retiennent six mois encore des détenus pour raison raciale.

b)Les répercussions militaires pour la suite du déroulement du conflit

Les réactions allemandes ne se font pas attendre :

L’armée Allemande franchit la ligne de démarcation et occupe la zone libre dans la crainte d’un nouveau débarquement en Provence, ce qui conduit la flotte de Toulon à se saborder pour ne pas passer sous domination allemande.

 Alger est bombardé :. Du 8 novembre 1942 au 27 août 1943, les sirènes d'alerte retentirent 134 fois et la mort frappa à 22 reprises, fauchant 378 personnes. Il y eut 658 blessés et 179 maisons furent détruites. Dans la même période, des explosions meurtrières attribuées à des parachutistes ennemis devaient coûter la vie à plus de 200 militaires et civils, en blessant près de 400 autres

Du 8 au 14 novembre Les troupes de Rommel envahissent la Tunisie et occupent Tunis et Bizerte.Le plan de débarquement allié  a laissé la Tunisie à découvert et dilué ses forces sur un terrain trop vaste….

Les troupes allemandes vont converger vers l’ouest ,ne pensant rencontrer qu’une faible résistance .La contre offensive viendra des français l’armée d’Afrique sous les ordres du général Juin .puissamment armée par les américains, les stock d’armes transitant par le port de Bône.

S'ensuivra la campagne de Tunisie  et la victoire contre l’Afrika Korps et l'armée italienne, chassées de Libye par la 8ième armée britannique à l’est et prise en tenaille par l’armée française à l’ouest.

Cette prise de contrôle de l'Afrique du Nord, véritable tête de pont alliée au nord du continent africain,  entraîne aussi le ralliement à la France libre de l'ensemble des colonies africaines et la préparation accélérée du  débarquement en Sicile et de l’ouverture  en 1943 la campagne d'Italie.

En outre, elle va servir de répétition pour le grand  débarquement allié de Normandie de mai 1945

L’opération TORCH a bouleversé le sort de la 2ème guerre mondiale

 

 c)La reconnaissance de l’action de la résistance juive timide et tardive

Le difficile rétablissement du décret Crémieux

Le 14 mars 1943, sous la pression d’une campagne de presse des journalistes anglais et américains présents à Alger, du congrès juif mondial, et du président Roosevelt, le Général Giraud annonce dans un discours que le statut des juifs du 22 juin 1940 est aboli en Algérie, mais le décret Crémieux reste aboli, au prétexte de l’égalité raciale entre juifs et arabes.

 30 mai 1943 :le général de Gaulle arrive à Alger et co-préside    avec GIRAUD le Comité Français de Libération Nationale.

20 octobre 1943 Après 5 mois d’atermoiements le CFLN fait savoir dans un communiqué « que le décret Crémieux se trouve maintenu en vigueur »

CE N’EST QUE TROIS ANS APRES EN  1946 quEdmond Michelet , ministre des armées décore les résistants .

Medaille militaire et croix de guerre avec palmaccd

Médaille Militaire et Croix de Guerre avec Palmes

                                         (Décorations reçues par Emile ATLAN)

Jose abouker et rogercarcassone croix de la liberation

José Aboulker et Roger Carcassonne reçoivent la Croix de la Libération fin 1947

 

Les Citations ( des noms manquent probablement à ces listes) :

A l’Ordre du Corps d Armée.....ABECASSIS RAYMOND, ARFI, ERNEST, ASERA AUBRY,

ASSUS ANDRE, BARRCAND PIERRE, BELLON BATISTE, BERAUD PHILIPPE, BRISSON PIERRE, BRUNEL JACQUES, CARRION RENE, CASIS MARCEL, DARMON ADOLPHE, DIELON NICOLAS, EL GUERALBLI, FABIANI JOSEPH, FIROUSSI ALFRED GAMZON ROBERT, GOZLAN JEAN, GOZLAN HENRI, MORALI-DANINOS ANDRE, MOULIS HENRI, PARERO HENRI, PITSCH GEORGES, RAGER JEAN PIERRE, RAYMOND ALBERT, REBBOUH ROLAND, RECASS ROBERT, ROOL GERARD, SEBAOUN PAUL, SIROT GERARD, TIMSIT GILBERT, TOTAIN PAUL, TRUCHET ANDRE, VOELIN GEORGES.

 

A l’ Ordre de la Division........ADLER RAYMOND, AICH FERNAND, ALEXANDRE ARMAND, BACRI ROGER, BITOUN GEORGES, CHEMLA PROSPER, COHEN ADAD RAOUL, HAGAY MAXIME, L HOSTIS SUZANNE, MEDIONI GEORGES, MESGUISH HENRI, Mme D ASTIER DE LA VIGERIE, MOULIS RENEE, OUCINAT FERHAT, PENEL BERTHE, QUIBECH JOSEPH, SROSEM JEAN, SEROR ROLAND, SERRA MARIE ROSE, SITT MARCEL, SONIGO GEORGES, SONIGO ISIDORE,THILL JEAN, WITTELSON CLAUDE.

 

A l’ Ordre du Régiment.......ACHOUCHE SIMON, ADDA CHARLES, ASFES LAZARE, ALBOU MARCEL, ALBOU ROGER, AMRAM VITALIS, ATLAN MAURICE, AYACHE ALFRED, AYACHE SYLVAIN, AZOULAY DAVID, AZOULAY PAUL, BORECH JEAN, BARCHEZYNA ZELIK, BEDJAI GILBERT, BELADINA PAUL,

BELAICH PAUL, BELLALOUM GILBERT, BELTZ MARCUS, BENAROUS RENE, BENDAVID SAM, BENHAMOU EDMOND BENHAMOU GEORGES, BENICHOU ARMAND, BERIBI FERNAND, BOUANA ELIE, BOUCHARA FERNAND, BOUCHARA ANDRE, BOUCHARA JOSEPH, CHEMOULI CHARLES, CHOLAL ANDRE, CIOSI JEAN, COHEN ELIEZER, COHEN SAUVEUR, DAHAN PHILIPPE, DERRIDA FERNAND, DJIAN EMILE, DJIAN PAUL, ELBAZE SAUVEUR, FARRAGI ANDRE, FRIANT RENE, GHENASSIA ALBERT, GUEZ MARCEL, HAYOUN FELIX, KAMOUN LUCIEN,KAROUBI EMILE, KARSENTY JOSEPH, KHOLER MAIUS, LAIK EDMOND, LEVY ANDRE, MEDJAR PAUL, MESGUICH JACQUES, MESGUICH WILLIAM,

MORGIANA SIMON, NEBLE GEORGES, NIEL ROGER,OSSOSINO LOUIS, OUALID PAUL, OUALID WILLIAM, PAULI PIERRE, PAULIN CHARLES, SAYAG LUCIEN, SCIARI ALBERT, SELLAM ALPHONSE, SELLAM JOSEPH, SERFATI FERNAND, SERFATI JOSEPH, SIKSIK LEON, SMEDJA ROBERT, SMEDJA

ALBERT, STROUCH JOSEPH, SULTAN CLAUDE, SUSSAN GEORGES, TEMIME ROLAND, THOMAS MAXENCE, TIBIKA VICTOR, TIMSIT MARTIAL, TRODJMAN ARMAND, TUBIANA GIL, URBANI MARCEL, ZEMMOUR ERNEST.

 

Voir la liste des noms des résistants avec photo établie par Lucien Gozlan: https://www.judaicalgeria.com/pages/operation-torch/liste-des-noms-des-resistants-de-l-operation-torch.html

 

Pourquoi, la résistance en Algérie et l’Opération TORCH ont-elles été méconnues et occultées dans l’histoire de la seconde guerre mondiale ? 

 Cette opération militaire de première importance rendue possible par l’action d’un groupe de résistants, juifs pour la plus part, reste ignorée, absente des livres d’histoire et des commémorations officielles de la 2ème guerre mondiale.
Même à Alger, où une avenue a été baptisée « ‘avenue de 8 novembre » beaucoup ignoraient pourquoi.

Plusieurs raisons viennent sans doute expliquer cela

De Gaulle : grand absent du 8 novembre

Les américains avaient choisis Giraud avec qui ils avaient eu des contacts secrets lors de la préparation de l’opération, De Gaulle ayant été tenu à l’écart. A la libération, les milieux gaullistes se sont dépêchés d’oublier tout cela.

Peut être aussi faut-il trouver là une explication du divorce historique entre de Gaulle et l’Algérie ou plutôt entre de Gaulle et les français d’Algérie.

L’armée et son antisémitisme

L’affaire Dreyfus n’était pas si lointaine, .un anti sémitisme larvé régnait encore dans l’armée. Les cadres supérieurs de l’armée ne trouvaient pas très glorieux qu’une poignée de résistants presque désarmés, juifs pour la plus-part ait pu paralyser 13.000 hommes de l’armée d’Afrique et neutraliser ses plus hauts dirigeants, et ont fait régner une loi du silence.

L’humiliation et la honte des résistants juifs

Aucun des résistants juifs qui ont participé à l’opération TORCH n’ont voulu ensuite en parler .Evoquer ce souvenir leur rappelait trop la douleur due à l’humiliation. Cela se retrouve dans de nombreux témoignages d’enfants de résistants, certains même n’ont appris le fait d’armes de leur père qu’après sa mort.

C’est à nous , leurs enfants qu’il appartient de les sortir de l’oubli et d’honorer leur mémoire.

Pour cela je veux maintenant rendre un  hommage à quelques grandes figures des résistants de l’opération TORCH qui viennent symboliquement représenter l’ensemble de ces héros juifs anonymes

Jose aboulker

José Aboulker

Compagnon de la Libération

Fils du professeur Henri Aboulker

Chef de réseau

Responsable du poste de commandement

au commissariat central

 

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Emile atlan 3

Emile ATLAN

Médaille Militaire

Croix de Guerre avec palme

King’s Medal for courage

Chef de section du groupe de la préfecture d’Alger

Arrêté et fait prisonnier le 8 novembre par DARLAN

Libéré grâce à l’intervention des troupes canadiennes

pour être incorporé dans le sud tunisien dans des forces

non combattantes

Assassiné par le FLN le 1er septembre 1956

***

Jacques zermatti photo d identite

Jacques ZERMATTI

Second d’Emile Atlan

A investi la préfecture d’Alger et a

limogé et séquestré le préfet TEMPLE , le revolver au poing.

 

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Fernand david bouchara photoaccd

Fernand-David BOUCHARA

Médaille de la Résistance

Chevallier de la Légion d’Honneur

Croix de Guerre

Membre du mouvement de Résistance

« Combat-Outre Mer »

A investi l’amirauté dans la nuit du 7 novembre

 

 

Andre morali daninos photo

 

Dr André MORALI-DANINOS

Officier légion d'honneur

Croix de guerre avec trois citations

Médaille du combattant

Chef du Groupe A .

A neutralisé avec son groupe le commissariat

de la rue Bruce à Alger. Parmi eux :Emile KAROUBI et Paul MOLKHOU

 

Bouchara charles mickey

Charles BOUCHARA

King'Medal for courage in the cause of Freedom

a été le cofondateur avec André TEMIME et Emile ATLAN du groupe paramilitaire du groupe dit Géo GRAS

 

Dans la journée du 8 novembre, a servi de guide aux troupes alliées lors de la prise du Fort Duperré....y montrant les plus belles qualités de Chef et de patriote. A bien mérité du Commandement Allié..."

 

 

Paul molkhou photo 2

Paul Molkhou

Chevalier de la légion d’Honneur, Croix de guerre à l’ordre de la brigade, médaille de Bronze

 

Entré dans la resistance dès 1941 dans le groupe dirigé par José Aboulker.

 A Participé activement à l’action des jeunes résistants algérois qui ont investi les points stratégiques d’ALGER dans la nuit du 7 au 8 novembre 1942 (Comissariat de la  rue Bruce, puis Palais d’Hiver)

Arrêté le 8 novembre au matin avec 20 de ses camarades au palais d’Hiver et incarcéré à la prison de Barberousse en tant que « Gaulliste Terroriste, il aurait sans doute été fusillé sans l’intervention du, colonel John Knox qui a permis sa libération

 

« Sans cette nuit de braves, le débarquement allié à Alger eût été rendu très difficile et même, peut-être, voué à l’échec ».

Résistance juive en Algérie, Paul Sebaoun, Paris 1950

 

Bibliographie et sources

« La victoire oubliée »Conférences du cercle algérianiste de Grenoble

1992 cagrenoble/victoire/victoire.html

José Aboulker « La Victoire du 8 novembre 1942 : La Résistance et le

débarquement des Alliés à Alger » œuvre posthume parue en 2012

Sidney Chouraqui « L’opération Torch du 8 novembre 1942 » in

Chroniques des communautés juives d’Algérie.MORIEL.

Lucien Gozlan « les oubliés du 8 novembre 1942 » et « au 11 rue Bab-

Azoun à Alger » in www.judaicalgeria.com

André Chémouilli « Les juifs d’Algérie, une diaspora méconnue »

Jean Laloum « les juifs d’Algérie à l’heure de Vichy. 1940-1943 » in

« Les juifs d’Algérie » MAHJ

Michel Anski « Les juifs d’Algérie »

Michel Abitbol « Les juifs d’Afrique du Nord sous Vichy »

Paul Sebaoun « Résistance juive en Algérie »

Gitta Amparz-Gilbert « La résistance juive en Algérie »

….et tous les témoignages des résistants et de leurs descendants que j’ai recueillis grâce aux interventions de Monsieur Lucien Gozlan

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Date de dernière mise à jour : 19/01/2018