Le commando Kieffer

6 juin 1944…. 6 juin 2014  …..
70 ème anniversaire du débarquement allié en Normandie. Opération « Overlord »

 

N’oublions pas que la répétition générale du débarquement de Normandie a été le débarquement sur les cotes d’Afrique du Nord le 8 novembre 1942 : l’Opération « Torch »
 

N’oublions pas que parmi les troupes qui débarquent en Normandie, se trouvent 177 Français, menés par le commandant Kieffer.C’est ce que l’on va appeler « le Commando Kieffer »

Philippe kieffer

Ce bataillon réunit 177 hommes sous les ordres de Philippe Kieffer. :

 Si beaucoup étaient originaires de métropole, d’autres venaient des quatre coins de l’empire colonial français : ce sont des Français d’Algérie, de Tunisie ou de Madagascar… Ils viennent libérer un pays que, pour certains, ils n’ont encore jamais vu. …..
 

Longtemps, la présence de ces soldats français aux côtés des Alliés lors du Débarquement a été ignorée.Pourtant, ils furent près de 177 à être formés aux méthodes extrêmement éprouvantes des commandos britanniques. Et les premiers à avoir l’honneur de débarquer en Normandie pour libérer la France, aux côtés des soldats britanniques, sur la plage d’Ouistreham, à 15 kilomètres de Caen, dans le Calvados. 
Ces hommes ont notamment livré la bataille célèbre du casino d’Ouistreham, immortalisée dans le long métrage "Le jour le plus long". 

Les commandos Kieffer sont les fusiliers marins commandos créés par la France libre lors de la Seconde Guerre mondiale et commandés par le capitaine de corvette Philippe Kieffer. Ils étaient intégrés à la Special Service Brigade britannique. 177 commandos se sont illustrés pendant le débarquement de Normandie, seuls représentants de la France à débarquer sur les plages, puis dans les combats qui ont suivi en Normandie et aux Pays-Bas. Ils faisaient partie du 1er bataillon de fusiliers marins commandos fort de deux Troops (troupe) de combat et d’une 1/2 Troop d’appui (K-Guns).

Sur les 177 commandos qui débarquèrent le 6 juin, 10 furent tués le jour même et 24 seulement terminèrent la campagne de Normandie sans avoir été blessés. 27 furent tués au combat.

Promu capitaine de corvette (d'où son appellation commandant) à la veille du Jour J, Philippe Kieffer débarque le 6 juin en Normandie à la tête de 176 hommes du 1er bataillon de fusiliers marins commandos fort de deux Troops de combat et d’une 1/2 Troop d’appui (K-Guns). Ils débarquent de la barge 527 à 7h55 sur la plage Sword à Colleville-Montgomery à l'est du dispositif allié. Sur ce secteur, ils sont les premiers à débarquer, les barges avec les commandos britanniques les ayant laissé passer en tête comme initialement prévu. Leur objectif est La Brêche, à 500 mètres à l'ouest de Riva Bella.

 

 

Commando kieffer debarquement

Commando kieffer debarquement 2

 Débarquement du commando Kieffer. Les commandos de marine sont reconaissables au fait qu'ils ne portent pas de casque mais le fameux béret vert avec l'insigne agrafé à l'anglaise sur la gauche

Insigne de beret de commando de marine

 

 Insigne de beret de commando de marine

 

Malgré des pertes significatives, ils s’emparent d’une pièce de 50 mm encuvée qui avait mis à mal la péniche LCI 523 (1re Troop), puis de l'ex-Casino de Riva-Bella, avant de s’enfoncer dans les terres par Colleville et Saint-Aubin-d'Arquenay pour faire jonction à Pegasus Bridge (Bénouville) avec les troupes aéroportées britanniques de la 6e DAP. Ils y arrivent vers 16 h 30. Ils occupent alors les lisières du Plain vers 20 h 00. Au soir du 6 juin, le 1er BFMC aura perdu presque 25 % de ses effectifs : outre les blessés mis hors de combat et évacués, dont le commandant Kieffer touché deux fois dans la journée, deux officiers et huit hommes sont tués :

  • 4 sur la plage : second-maître Raymond Dumanoir, matelot Raymond Flesch, quartier-maître Josephe Letang, matelot Jean Rousseau ;
  • 2 sur l'actuel boulevard Winston Churchill : lieutenant Augustin Hubert, matelot Marcel Labas ;
  • 4 face au casino : quartier-maître Jean Lemoigne, médecin-capitaine Robert Lion, matelot Émile Renault, matelot Paul Rollin.

Portrait d'un héros juif du Commando Kieffer

Rachil dorsman

Henri Rachil DORFSMAN
(1919-1996)

Henri Dorfsman nait le 22 janvier 1919 à Varsovie de parents Juifs Polonais. Il rejoint sa famille à Paris, puis dans le nord de la France. Après avoir passé son certificat d'études, il devient mineur avant de s'engager dans l'armée. Affecté dans un régiment d'artillerie, il remplit les fonctions d'estafette motocycliste. Fait prisonnier à Dunkerque, il parvient à s'échapper neuf mois plus tard, gagne la zone libre et s'engage dans l'Armée d'armistice ; c'est à ce titre qu'il est envoyé au Maroc. 

Mais ses opinions Gaullistes lui valent d'être transféré dans une unité disciplinaire et rapatrié en métropole. Mais en novembre 1942, il s'enfuit et atteint les Pyrénées et après quelques semaines de prison au camp Espagnol de Miranda, il entame une grève de la faim. Inscrit comme Canadien, il obtient finalement son départ pour Gibraltar en avril 1943. Il parvient à prendre la mer pour l'Angleterre et après que le paquebot le transportant ait subi une attaque de la Luftwaffe, réussit enfin son pari : rejoindre de Gaulle à Londres.

C'est donc tout naturellement qu'Henri Dorfsman s'engage au commando, où on l'affecte à la troop 8  du capitaine Trepel. Le 6 juin 1944, il sera l'un des "177". Son parcours particulièrement ardu lui fut probablement d'un grand secours et très formateur en tous cas, puisqu'il sera l'un des 25 miraculés du commando a avoir combattu pendant 83 jours en Normandie sans être blessé 

Jacques Karoubi 4 juin 2014

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