Histoire de l'Algérie Coloniale

Histoire de l'Algérie coloniale 1830-1962

Sous la direction de Abderrahmane Bouchène, Jean Pierre Peyroulou, Ouanassa Siari Tengour et Sylvie Thènault,

Éditions La Découverte

 

 

 

Histoire de l algerie coloniale

 

 

L'ouvrage vise, non seulement des historiens de profession (de l'enseignement secondaire et supérieur) mais un large lectorat composé de personnes sensibilisées au sujet de la présence française en Algérie (voire d'une manière plus large à l'histoire de ce pays du Maghreb) qui veut accéder à autre chose qu'aux images d'Épinal colportées de chaque côté de la Méditerranée. C'est pour une période large (cent trente ans) et riche en évènements (dont trois guerres entre la France et l'Allemagne, auxquelles les Turcos participèrent) que l'ouvrage dresse un beau panorama à travers plusieurs dimensions.

 

Résumé :

À l’occasion du cinquantième anniversaire de l’indépendance de l’Algérie, les Éditions La Découverte (Paris) et les Éditions Barzakh (Alger) ont publié en 2012 conjointement et simultanément, dans les deux pays, cet ouvrage collectif destiné à un large public sur l’histoire de l’Algérie à la période coloniale (1830-1962). En effet, en France comme en Algérie, celle-ci reste souvent mal connue des non-spécialistes, alors qu’elle est essentielle pour mieux comprendre la situation actuelle dans les deux pays, ainsi que leurs relations depuis l’indépendance en 1962. Or, depuis les travaux pionniers de Charles-André Julien et Charles-Robert Ageron, malgré la multiplication des publications, on manque aujourd’hui d’une vaste fresque synthétique de cette histoire, rendant compte notamment des travaux les plus récents. Ce livre, écrit principalement par des historiens (algériens, français et d’autres nationalités), a donc pour but de mettre à disposition des lecteurs une histoire partagée et critique de cette période historique, qui tienne compte des interrogations actuelles des sociétés sur ce passé.
Cet ouvrage replace ainsi la guerre d’indépendance dans le temps long de la période coloniale, car c’est bien dans cette longue durée que le conflit s’enracine. Il permet ainsi de rendre compte des résultats des nombreux travaux de recherche novateurs conduits depuis une quinzaine d’années sur la période comprise entre la fin de la conquête et le début de cette guerre. Dans ce cadre historique, l’ouvrage entend questionner comment l’histoire de ces deux pays et de ces populations s’est nouée, dans des rapports complexes de domination et de violence, mais aussi d’échanges, dans les contextes de la colonisation puis de la décolonisation. Il s’agit enfin d’interroger les héritages de ces cent trente ans de colonisation qui marquent encore les sociétés algériennes et françaises.

 

Un Ouvrage collectif :

il s'agit ici d'un ouvrage qui permet de voir se côtoyer des chercheurs algériens et français, mais pas seulement car par exemple James Mc Dougall (de l'université d'Oxford) nous propose une réflexion sur l'Association des oulémas groupée autour du cheik Abdelhamid Ben Badis dans l'Entre-deux-guerres. Toutefois Histoire de l'Algérie à la période coloniale (1830-1962) ne propose pas les actes d'un colloque et il a été décidé d'élargir le cercle des auteurs au-delà des historiens et à diversifier les origines de ces derniers, en se tournant aussi vers l'outre-Atlantique. Ainsi peut-on trouver un consultant pétrolier Hocine Malti pour évoquer “Le pétrole saharien et son rôle dans la guerre de libération (1956-1962)“, un juriste, un démographe ou un géographe comme Marc Côte. On notera que l'on n'a pas fait appel systématiquement aux habituels communicateurs sur la question comme Guy Pervillé en essayant de privilégier les personnes nées après 1962. Toutefois Benjamin Stora et Gilbert Grandguillaume sont présents tandis que René Gallissot (professeur émérite) livre deux textes dont un sur le mouvement ouvrier de l'Entre-deux-guerres comme on pourrait s'en douter.
Côté français Sylvie Thénault est la personne la plus connue à avoir dirigé cet ouvrage, elle est directrice de recherche au CNRS, spécialiste du droit et de la répression coloniale en Algérie. Pour la partie algérienne c'est Ouanassa Siari Tengour qui est présente, celle-ci est chercheuse au Centre national de recherches en anthropologie sociale et culturelle d'Oran.

 

Présentation de l’ouvrage :

L'ouvrage se compose de quatre chapitres organisés chronologiquement et proposant une petite vingtaine de textes pour chacun d'entre eux. Amenés par une introduction, ces chapitres sont découpés en différents points :

-  Les compositions de la période 1830-1881 (sous-titrée “la prise de possession du pays“) sont regroupées sous les chapeaux de “conquérir et coloniser“, “entrée en résistance“, lieux et espaces“, “acteurs“ et “ contexte“. Ces trois derniers points sont à peu près constants dans l'ensemble des chapitres.

-  Le chapitre suivant, comme le rappelle la chronologie propre à toutes les époques, interroge pour la période allant de l'arrêt pour vingt ans de l'expansion vers le Sahara (suite à des massacres de Français) et du passage de la Tunisie sous protectorat à la fin de la Première Guerre mondiale avec la reprise des actions jugées indigénophiles à l'époque (en particulier par les colons mais pas seulement) à l'initiative du gouverneur général Charles Jonnart.

-  L'ensemble qui couvre l'Entre-deux-guerres et la durée de la Seconde Guerre mondiale pointe certains aspects regroupés dans “que faire de l'Algérie et des Algériens“ et les trois questions habituelles.
- Enfin la dernière partie qui court jusqu'à la proclamation de l'indépendance, outre les sous parties récurrentes “acteurs“ et “ contexte“, traite des violences durant la guerre d'indépendance et sous un grand chapeau intitulé “les voies de l'indépendance“ de divers problèmes. Il est évoqué là les organisations politiques et militaires algériennes, la présence d'immigrés algériens en France et leurs manifestations de soutien à l'idée de la fin de l'autorité coloniale, les Français de métropole opposés à la répression des désirs de la majorité des Algériens.

-  Une postface permet de réfléchir sur l'évolution interne de l'Algérie et des rapports de l'ancienne puissance colonisatrice avec l'Algérie et les populations d'origine algérienne présentes sur son sol. Il existe sur le sol français des mémoires entretenues depuis cinquante ans par des populations diverses (pieds-noirs et leurs descendants, anciens appelés et militaires ayant combattu en Algérie, population immigrée) autour cette guerre d'indépendance. Le dernier paragraphe interroge sur l'idée d'élaboration, à l'exemple du partenariat franco-allemand, de façon indépendante de leurs autorités nationales respectives, par des historiens des deux nationalités un manuel retraçant l'histoire commune entre ces deux pays.

 Gilbert Meynier et Tahar Khalfoune avancent là qu'il s'agit de s'interroger "comment centre-trente deux-années d'une colonisation sans équivalent à l'époque contemporaine, dont ce livre à plusieurs voix tente de retracer l'histoire, ont marqué la société algérienne et française ?".

 

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Date de dernière mise à jour : 22/10/2015