Les réfugiés du silence

« Les refugiés du silence »

Un film de Pierre Rehov

Résumé

Près d'un million de Juifs vivaient dans les pays Arabes et Musulmans jusqu'en 1948. Leur sort n'était pas toujours enviable, mais la colonisation leur avait souvent permis d'échapper au status de "dhimmis" ( autrement dit de "citoyens de seconde classe, au droits limités, et considérés comme très inférieurs par rapport aux Musulmans ). A partir de 1948, des pressions et des menaces, assorties de confiscations, parfois de pogroms, les ont contraint à quitter les pays où leurs ancêtres étaient installés parfois depuis des siècles. Ils trouvèrent refuge en Israël et en Occident, sans obtenir aucune aide de l'ONU. Leur histoire est méconnue..

Analyse du film

Ce film de Pierre Rehov a été choisi par la deuxième chaîne israélienne pour commémorer l'anniversaire du massacre du Park Hotel.

"Les réfugiés du silence" retrace l'histoire du million de Juifs qui ont été contraints de fuir les pays arabes où leur famille était établie depuis des centaines, voire des milliers années. Ces personnes qui avaient été dépouillées de tous leurs biens avant leur départ. Ce qui fit d'eux des réfugiés. Bien qu'ils n'aient jamais demandé ce statut et n'en aient jamais bénéficié. Pas plus qu'ils n'ont reçu la moindre compensation.

Mais, certains Juifs vivant dans les pays arabes n'ont malheureusement pas pu quitter leur pays à cette époque. Une partie d'entre eux a été assassinée, une autre emprisonnée et gardée en otage. Des femmes, des jeunes filles ont été violées. "Les réfugiés du silence" ouvre d'ailleurs sur un récit de viol.

Une grande partie de ce million de réfugiés juifs s'est réfugiée en Israël, pays à peine né dans la guerre. D'autres ont choisi l'Europe ou les Etats-Unis. Tous se sont intégrés sans causer le moindre problème dans leur pays d'accueil.

Pierre Rehov utilise des films et photos d'archives, souvent inédits. Il y mêle le témoignage de témoins qui sont, soit des personnalités connues, comme l'historienne Bat Yor, ou des personnes inconnues, qui ont souhaité s'exprimer pour la première fois sur un sujet très douloureux.

Deux Sénateurs américains prennent également la parole, ainsi que l'ancien Président américain Jimmy Carter, par exemple.

Ces victimes juives évoquent également leur vie dans les pays concernés bien avant les troubles occasionnés par la naissance d'Israël. Une vie qui fut rarement idyllique comme cela a pu être prétendu par la suite. Les Juifs, comme les Chrétiens, d'ailleurs, étaient soumis, en effet, au statut de dhimmi, des "protégés" qui subissaient surtout toute une palette de mesures discriminatoires qui variaient selon les lieux et les époques.

Ces réfugiés venaient d'Egypte, du Maroc, de Tunisie, d'Irak, de Syrie, de Libye, du Yémen. Pierre Rehov a choisi de ne pas évoquer le sort des Juifs d'Algérie. Ceux-ci, en effet, étaient français et, bien que contraints à fuir également, ils furent rapatriés en France et ne furent donc pas à proprement parler des "réfugiés", même si leur départ forcé fut aussi le plus souvent très douloureux.

Pierre Rehov raconte dans ce film cette saga oubliée qui ne fut jamais relatée en images dans son ensemble.

Le plus souvent ces victimes juives se sont longtemps tues par pudeur. Ou ont tenté d'oublier le passé en reconstruisant leur vie dans leur pays d'accueil.

Le film a été sélectionné par le Festival du Film des Droits de L'Homme Paris en mars dernier. Il a également fait l'objet d'une projection au Palais des Nations Unies à Genève dans le cadre de la Commission des Droits de l'Homme. Or, comme nous le dit l'un des témoins du film, si le sort des réfugiés palestiniens a fait l'objet de plus de cent Résolutions dans cette enceinte internationale, jamais auparavant le sort de ce million de réfugiés juifs n'y avait jamais été mentionné.

Cela est désormais chose faite grâce aux "Réfugiés du silence."

Liz Jollés

La version integrale du film:

Commentaires (3)

Richard Bennaim
  • 1. Richard Bennaim | 24/01/2016
Ce film rappelle ce que le monde veut oublier. 2000 ans de présence juive dans de nombreux pays devenus plus tard musulmans et haineux de tout ce qui n'obéit pas à leur religion de guerre, de massacres, de viols, de pillages.
Oui il faut demander réparation comme cela à été fait avec l'Allemagne.
En contrepartie de ce qui sera payé (on peut rêver), on dédommagera les vrais palestiniens qui sont partis de leur propre initiative et que leurs frères arabes ont laissé croupir dans des camps de misère.
Henry green
  • 2. Henry green | 23/12/2015
So important to bring attention to the displacement of the Sephardi from Islamic lands. This is a human rights story that needs to be told.
Victor Teboul
  • 3. Victor Teboul (site web) | 06/12/2015
Intéressant, voir aussi Le Départ d'Égypte : http://www.tolerance.ca/Article.aspx?ID=67

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Date de dernière mise à jour : 05/11/2015