Rapport de René Capitant :Janvier 1943 -

Ce rapport de René Capitant est un document original, dactylogtaphié en 1943, et qui n'est pas en très bon état de conservation.
Nos remerciements à Monsieur Lucien Gozlan de nous l'avoir communiqué.

Il souligne la situation confuse qui regne en Algérie en janvier 1943, deux mois après le débarquement allié, avec cette affirmation dramatique :

" Il est donc pratiquement démontré - et les exemples que je viens de donner pourraient être multipliés par mille - que le pouvoir en Afrique du Nord , légitimé par la "non ingérence" des Américains et des alliés, légitimé par le soutien effectif des représentants civils et militaires alliés , n'a qu'un seul but :  poursuivre la  politique de Vichy.

Poursuivre la politique de Vichy, c'est entendu, mais officiellement sans les allemands et avec les alliés. Officiellement seulement, car un grand nombre de ceux qui sont  au pouvoir et pretendent être l'ami des Alliés sont en fait des amis de l'Axe...."

Il  préconise les solutions basées sur le changement des hommes à la tête de l'état, et la préparation de l'arrivée du Général de Gaulle en Afrique du Nord

 

René CapitantRene capitant

René Capitant, homme politique et juriste français né le 19 août 1901 à la Tronche (Isère) et décédé le 23 mai 1970. René Capitant est le fils d'Henri Capitant.

Docteur et agrégé des Facultés de Droit, il est nommé en 1930 à l'université de Strasbourg. Gaulliste de la première heure il répond à l'appel du 18 juin et sera à l'origine du mouvement de résistance Combat. René Capitant sera également professeur de droit à l'université d'Alger en 1941. Il fut Garde des Sceaux (ministre de la Justice) du 31 mai 1968 à juin 1969 suivant encore, cette fois dans la démission, le Président Français fondateur de la Vème République, Charles de Gaulle.

 

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Commentaires (1)

gozlan lucien
  • 1. gozlan lucien | 14/11/2017
Il faut remarquer que c est la 1 ere fois que l on ecrit les noms des 15 personnes arretees et emprisonnees a LAGHOUAT dans la nuit du 29 au 30 decembre 1942.
On est en janvier 1943.
Il y a un nom jamais nomme dans aucun recit : monsieur Roger CAPPAS, directeur de theatre, homme d affaires, ami personnel de monsieur MURPHY.
Voici un nouveau temoignage de Rene CAPITANT

nouveau temoignage sur le 8 novembre 42
Rene CAPITANT

Plutôt que de faire le résumé de cet article, avec le risque d'en dénaturer le contenu, je vous en propose un large extrait. Capitant décrit l'organisation de la branche algérienne du groupe "Combat", essentiellement un réseau de propagande et - c'est l'objet de l'extrait - en 1942, lorsque "Combat" décide de passer à l'action en se rapprochant du Groupe des Cinq.

...Mais il entendait bien n'en pas rester là et doubler ce réseau de propagande d'un ré­seau d'action, comme cela était fait depuis longtemps en France métropolitaine.
Nous estimions le moment venu à la ren­trée de 1942.
Mais nous avions à ce moment reconnu l'existence de l'autre organisation et constaté que nombreux parmi nos lecteurs étaient ceux qui étaient déjà engagés dans ces rangs.
C'est pourquoi nous prîmes, à ce moment, contact avec eux. Je connaissais le rôle d'Achiary depuis longtemps. J'entrai en re­lations avec le capitaine Pilafort, avec Henri d'Astier, avec Jean L'Hostis.
Je leur proposai de fédérer nos organisa­tions dans un mouvement unique, dont nous aurions été la branche "propagande", tandis qu'ils en auraient été la branche "ac­tion". Mais cela posait nécessairement le problème, sinon de l'orientation politique, du moins des principes d'un tel accord. Comme tous les mouvements de résis­tance français, "Combat" était, depuis son origine, gaulliste, décidément et catégori­quement gaulliste. La charte de notre action était comme pour l'ensemble des organisa­tions de résistance française, la déclaration de mai 1942 du Général de Gaulle sur la base de laquelle avait été scellé l'accord entre la Résistance et lui.
Nous étions donc, à la fois, contre l'Alle­magne et contre Vichy. Nous étions pour la reprise des armes, pour la restauration de la République, pour la rénovation politique, économique et sociale de la France. C'étaient là nos mots d'ordre. Ce sont en­core nos mots d'ordre. Ce sont les grands principes qui ont dirigé l'action du général de Gaulle depuis juin 1940 et qui la dirigent encore.
C'était aussi - l'expérience l'a bien mon­tré - la position de la majorité des patriotes qui s'étaient engagés dans l'autre organisa­tion. C'était intégralement la position d'un L'Hostis, ce Breton sans peur et sans repro­che, qui a monté et dirigé le réseau de ren­seignements. Mais ce n'était pas la position de tous ses chefs.
Le premier noyau de cet état-major s'était constitué dans l'entourage du général Wey­gand. Il s'y était ajouté ensuite des hommes connus de toute la France pour leur activité politique antérieure à la guerre et pour qui la Nation éprouve incontestablement une grande méfiance: M.M. Lemaigre-Dubreuil et Jean Rigault.
Il y figurait aussi des monarchistes, dont Henri d'Astier de la Vigerie était le principal représentant.
Il est vrai que ce dernier affirmait secrète­ment son attachement au général de Gaulle et prenait l'engagement de faire abstraction de ses sentiments monarchistes jusqu'au lendemain de la Libération.
Il n'en restait pas moins que la ligne politi­que suivie par l'organisation du 8 novembre différait profondément de celle de "Com­bat" et, plus largement, de la Résistance métropolitaine. Elle était, elle restait en liai­son avec nos Alliés, exclusivement sans re­lations avec le Comité National Français, elle limitait volontairement son objectif à l'opé­ration de débarquement, elle écartait sys­tématiquement l'action de propagande, elle laissait dans l'ombre sa position de principe sur les grands problèmes politiques et na­tionaux auxquels, à juste titre, le général de Gaulle a accordé tant d'importance.
C'est ainsi qu'elle avait pu accepter l'idée - monstrueuse pour nous - de placer l'Afrique sous le commandement exclusif du général Giraud, en écartant rigoureusement de l'opération le général de Gaulle et le Co­mité National Français. On sait que le géné­ral de Gaulle ne fut, à aucun moment, avisé de l'entreprise.
Tout cela contenait, en germe, l'affreuse confusion politique qui devait suivre le 8 no­vembre. Nous en avions le pressentiment à "Combat". J'ai fait personnellement entre le 15 septembre et le 15 octobre 1942, un voyage en France qui me permit de com­prendre beaucoup de choses. Je pus annon­cer à mes amis de France ce qui allait se passer en Afrique. Et lorsque je proposai à Henri d'Astier une fédération possible de nos mouvements, j'affirmai constamment la position publiquement et irréductiblement gaulliste de "Combat". Lui, au contraire, tout en se déclarant secrètement gaulliste, estimait préférable de mettre son pavillon sous le boisseau et de conserver à l'associa­tion dont il était un des chefs, cette neutra­lité apparente, qui se révéla, plus tard, servir de couverture à des visées politiques très précises.
Mais les événements allaient se précipiter. Le débarquement, que j'escomptais person­nellement pour le printemps, apparaissait brusquement comme une éventualité immi­nente. Jean L'Hostis m'apprit, le 6 novembre, qu'il devait avoir lieu dans la nuit du 7 au 8. Nous étions, à "Combat", incontesta­blement surpris par l'événement. C'est parce que nous étions gaullistes, d'ailleurs, que nous avions été systématiquement à l'écart des projets alliés.
De même, les groupes de résistance civils du Maroc furent volontairement tenus à l'écart par Jean Rigault. Eux aussi, étaient considérés comme trop démocrates et trop gaullistes. Le général Béthouart préféra agir seul, avec une quinzaine d'officiers. Ce sec­tarisme est la cause première de son échec. Plus de confiance dans les patriotes organ­siés, aurait, sans doute, épargné bien des deuils et d'amers regrets.
Quoi qu'il en soit. "Combat" se trouvait acculé à une décision redoutable. Allait-il se tenir à l'écart d'une opération militaire qui, en elle-même, et quelles qu'en fussent les conséquences politiques, avait pour la suite de la guerre et pour la libération de la France une telle importance ? Les communistes, placés devant la même alternative, décidè­rent de s'abstenir. Nous voulûmes, au contraire, être présents, obéissant, par avance, aux instructions que le général de Gaulle devait nous donner le lendemain par radio.
Mais, pris de court, je ne pus promettre à L'Hostis qu'un groupe de 50 hommes. Une quarantaine furent effectivement rassem­blés le 7 novembre, à 23 heures, au garage Mérico, rue Charras. L'organisation du 8 no­vembre les désigna du nom de "Groupe Combat". C'est à partir de ce moment que certains donnèrent cette dénomination à notre mouvement lui-même.

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Date de dernière mise à jour : 09/11/2017