Au 11 rue Bab Azoun à Alger

Par Lucien Gozlan

En septembre 1939, la FRANCE et la GRANDE BRETAGNE déclarent la GUERRE à l’ALLEMAGNE qui vient d'envahir la POLOGNE. C'est la mobilisation générale du peuple français dans tout son Empire colonial. Il faut prêter main-forte à la POLOGNE contre l'Allemagne nazie expansionniste qui a réussi à rallier tous les pays voisins environnants germanophones.

La mobilisation générale se réalise en Algérie, considérée comme trois départements de la France métropolitaine. Mon père reçoit son ordre de mobilisation, il est marié, chef de famille, d’une femme et de deux enfants. Il est considéré à tort comme mobilisable car il n'a jamais déclaré aux autorités militaires la naissance de ses deux enfants : il ne peut pas bénéficier d’un recul de classes mobilisables en cas de conflit armé. En septembre 1939 il a trente-trois ans.

Son régiment est le 9e Zouave. Il est dans la musique, il sera versé dans une compagnie de brancardiers lorsque son régiment recevra l’ordre de « monter au front » en avril 1940.

La déclaration de LA GUERRE est un choc pour la population algéroise, les nouvelles des quotidiens ne cessent d'alimenter le ras-le-bol des rumeurs qui arrivent de l'autre côté de la Méditerranée. On se dispute à qui donnera son « couloir » en échange de celui de DANTZIG. On est favorable à la guerre contre l'Allemagne pour en finir une fois pour toutes. On ridiculise les discours fleuves du chancelier HITLER ainsi que les expressions haineuses contre tous les ennemis du grand peuple descendant des chevaliers teutoniques et de la race supérieure aryenne.

Une fois la mobilisation terminée en Algérie et à Alger, le départ est assuré par les bateaux des compagnies de navigation qui effectuent les liaisons entre les départements français d’Algérie et la Mère Patrie. Le régiment de mon père partira sur un bateau de la Compagnie de Navigation Mixte. L’embarquement se fait sur le port d’Alger, face à l'ascenseur du square Bresson, là où les petits ânes font le tour du jardin tous les après-midi, pour la plus grande joie des tout-petits.

Les soldats ont reçu leur paquetage, le quai des embarcadères est noir de monde, la séparation se fait dans un indescriptible chahut, les sourires forcés pour se donner le moral côtoient les larmes des personnes les plus sensibles, conscientes du véritable danger qui menace tous leurs proches… Les poilus sont aussi présents pour encourager les jeunes soldats, leurs enfants bien entendu, avec des derniers encouragements pour leur remonter le moral : « Si c'est comme en 14… ON LES AURA… !!! »

Et puis, tel un nouveau-né qui s’arrache de son nid fœtal, le capitaine qui commande le bateau donne l’ordre de détacher les amarres. On entend des coups de sifflet, le paquebot lance des jets de fumée qui font vibrer, avec sa sirène, dans un bruit assourdissant, tous les cœurs serrés de cette foule immense qui mesure maintenant l'incertitude d'un « Au revoir » qui peut au contraire devenir un « Adieu » pour tous ces hommes embarqués pour défendre Leur Patrie. Les amarres étant détachées, on entend plusieurs splachs, c'est le bruit que font les grosses cordes qui sont jetées à l’eau. Deux remorqueurs prennent les commandes pour détacher le bateau de son quai d'embarquement, voilà c'est fait, le cordon ombilical a été coupé, la chair à canon est embarquée face à son destin, un silence de mort s'installe entre la population restée à terre et les « Ce n’est qu’un au revoir » de tous ces nouveaux soldats qui brandissent à bout de bras leur calot militaire, d'autres un mouchoir blanc ou de couleur particulière pour mieux être vus du quai le plus loin possible.

Mon père a pris avec lui sa trompette. Il monte sur la plus haute passerelle du paquebot et telle une complainte, son visage inondé de vraies larmes se met à jouer... « SI TU REVIENS… !!!!! ». L’effet est immédiat et sans surprise. Ce sont des flots et des flots de larmes chaudes qui ne peuvent plus être retenues, la foule immense restée à quai pleure. Les émotions ne peuvent plus être dissimulées, on ne peut plus rien cacher, c'est la vérité… Tous ces hommes vont au-devant de leur destin, et quand on part pour faire la guerre, ou on y reste ou on en revient. Les poilus n'ont pas la mémoire courte, leur guerre n'est pas encore si loin, seulement vingt ans déjà et des millions de morts, et encore contre l’Allemagne. Décidément cela ne s’arrêtera jamais !

Plus le paquebot s'éloigne du quai et plus le son de la trompette de mon père paraît puissant pour s'imposer dans le silence qui sépare le vide infranchissable des vivants restés sur le quai d'embarquement et ceux qui partent pour défendre la Patrie. Le son de la trompette de mon père, c'est le son du choffar qui vous remplit la tête et qui vous pénètre au plus profond de vous-même pour vous faire comprendre que maintenant il ne vous reste plus que la prière pour vous rattacher à ce parent si cher et si fragile, devant tous les dangers qui le guettent. Toutes les larmes de votre corps vous empêchent de le voir se fondre dans la masse compacte de l'uniforme de tous ces soldats de chair et de sang et non pas des soldats de plomb.

Lorsque son régiment reçoit l'ordre de « monter au front », à Sarreguemines, mon père juif, non croyant et non pratiquant, ressent l'étrange besoin d'une protection divine à laquelle il n'a jamais cru. Il se renseigne s'il peut trouver le chemin d'une synagogue, veut faire une prière, mais n'ayant jamais pratiqué la religion, trouve à son grand étonnement une veilleuse allumée. Il s'en rapproche, se concentre sur cette petite flamme, ce sera sa seule compagne dans tous les mauvais moments difficiles qu'il redoute. En montant sur le front, dans une conversation orageuse avec son capitaine de régiment, celui-ci lui lance en pleine figure : « GOZLAN, c'est à cause de vous, les Juifs, qu'on fait la guerre… !!! ».

Quand on part au front, on n'a plus qu'un seul espoir, celui d'échapper à la mort. Il sera blessé dans la retraite et chargé dans une ambulance à la va-vite, le prenant plutôt pour un mort vivant, il est hospitalisé. L'armistice est signé en juin 1940, toute l'armée française a fui les zones de combats. Mon père dira qu'elle n'a même pas résisté à l'avance ennemie, c'est l'armée allemande qui prendra en charge le déplacement de tous les hospitalisés vers la Zone Libre. Remis en forme, la démobilisation décrétée, il est à Marseille, se renseigne. Un paquebot est en partance pour Alger, il est passager clandestin en se faufilant entre les matelots pressés pour le départ vers l’Algérie.

Il faut vingt heures pour traverser la Méditerranée, le bateau va accoster sur le quai de débarquement d'Alger, Il y a du monde qui attend sur le quai de la CNM., il entend un sifflet qu'il est le seul à connaître, c'est ma mère qui est descendue de la rue Marengo, comme attirée par une transmission de pensée entre deux êtres qui s'aiment et qui, voyant un bateau en manœuvre dans l'anse du port tout proche, lance un sifflet strident, qui se fait en quatre temps avec des sons qui montent et qui descendent que mon père, qui a l'oreille musicale, pourrait placer sur une gamme de sol. La réponse est immédiate et tel un coucou, un merle, un rouge-gorge ou un oiseau siffleur, lance son propre sifflet, l'écho est parfait au sifflet qui vient d’être entendu, la connexion est faite, ma mère ne l’a pas encore repéré mais elle est certaine, mon père est bien sur ce navire, elle est descendue au hasard et le hasard a bien fait les choses pour eux deux.

La commission d'armistice se met vite en place, des décisions sont vite prises et appliquées, il y a l'Armée des vainqueurs et l'Administration des vaincus qui ont trouvé des responsables à cette catastrophe militaire française… c'est encore à cause des Juifs. Mon père travaille à la mairie d'Alger depuis les années 1930 dans les produits communaux. Il est détaché successivement à la poissonnerie d'Alger sur les quais du port et puis par la suite sur tous les marchés de la ville d'Alger. Il aura la responsabilité du marché de Belcourt, du marché de l'Agha, celui de Bab el Oued (c'est lui qui a dessiné les plans du marché que nous avons tous connu, après la fin de la guerre, il a reçu les félicitations de l'adjoint au maire de la ville d'Alger, on lui a remis un beau diplôme qui précisait ses Bons et Loyaux Services à la Ville pour ses heureuses initiatives). Il a aussi dirigé le marché de la Lyre ainsi que celui de la place de Chartres, fréquenté pour la plus grande majorité par tous les juifs de la Basse Casbah d'Alger.

Tous les noms de tous ces marchands forains qui deviendront par la suite d'honorables commerçants dans le grand Alger, mon père les connaît. Il y a les frères ZERATE, d'autres noms comme SEROR, SEBAOUN, COHEN, DARMON, SAADA, BOUCHARA, MALEK, ACHOUCHE, AYACHE, ABOULKER, ATLAN, BOUKABZA, BENSIMON, CHICHE, GHENASSIA, DJIAN, LALANE, AYOUN, KAMOUN, KARSENTY, SCIARI, TIBIKA, TIMSIT, TEMIME, SULTAN, ZERAFFA, et beaucoup d'autres noms encore. Il y a aussi un original qui fait rire tout le monde dans ce quartier si vivant, c'est monsieur Maurice OUALID, qui est capable de tout vendre et de tout acheter, le roi de l'embrouille et de la débrouille…

Les mesures anti-juives sont proposées, acceptées et appliquées par le gouvernement de Vichy, les lois anti-juives commencent à s'appliquer sur tout l'Empire colonial français. En Algérie et à Alger, les juifs perdent la nationalité française en octobre 1940, l'abrogation du décret CRÉMIEUX a été votée, ils deviennent des JUIFS INDIGÈNES. Ils sont soumis à des lois françaises qui vont les persécuter et la population juive d'Algérie va se sentir en grand danger pour sa sécurité d'autant que des échos ahurissants viennent à leurs oreilles sur des persécutions faites par les Allemands sur tous les juifs en Europe.

Au 11 rue Bab Azoun, à Alger, la famille d'Émile ATLAN habite au troisième étage de cet immeuble, sur le côté droit en allant vers le square Bresson. Monsieur ATLAN a un magasin au 34 de la rue de Chartres, il est armurier. Avec les lois anti-juives et les restrictions pour la population juive sur certains métiers exercés, cet homme n'a plus le droit de vendre des armes, il faut qu'il change d'activité. La place de Chartres, c'est le souk de la Basse Casbah, le berceau et le fief de toute la communauté juive d'Alger. Toutes les activités commerciales de la ville et de ses environs se concentrent sur ce grand quartier. La communauté vit en vase clos, c'est un vrai ghetto où vit la plus grande majorité des Juifs mélangés à la communauté arabe qui vit dans la haute casbah mitoyenne, mais sur les hauteurs de la colline de la ville blanche.

Tout le monde connaît tout le monde. Ma grand-mère habite au 24 rue Marengo, mes oncles, mes tantes habitent rue Randon, rue de la Lyre, d'autres à la Rampe Vallée, mes parents habitent avenue de la Bouzaréa à Bab el Oued.

Mon grand-père, tient un magasin à la rue Nemours juste à l'angle avec la rue du Chêne, il est très connu dans le quartier, il a un surnom, c'est monsieur « STA OU HACHRINE », ça veut dire vingt-six en langue arabe, le chiffre sacré dans la guématria qui fait de la somme des lettres le nom de celui qu'on ne prononce pas…

Mon grand-père va à la synagogue de la rue Randon, c'est la synagogue du rabbin Bloch, alors comme il a un mauvais esprit taquin, quand une famille qu'il n'aime pas et qui fait une offre d'achat de mitsvot, il annonce toujours en surenchère de la même somme annoncée, la somme de vingt-six… francs, en arabe cela se prononce STA OU HACHRINE, et dans le quotidien, quand on le rencontre aux abords de son magasin ou rue Marengo, on l'appelle monsieur "Staouachrine"…!!! Dans les décisions arbitraires de l'administration pétainiste, il rejoindra en prison tout un groupe de trente-six commerçants juifs accusés à tort pour soupçons de culpabilité de « marché noir » ou « spéculations illicites « proscrits par les lois de l'Administration de l'État Français. Tous ces commerçants seront arrêtés et déférés à la fin de 1941 devant le Tribunal d'État.

Mon père sera renvoyé de son poste de la Mairie d’Alger malgré ses décorations de guerre de Médaille de la Croix de la Valeur Militaire au nom de son Régiment. Bien après, aux environs de mes douze années, j'ai souvenir de cette belle médaille rangée dans un petit étui dont le ruban était de couleurs verte et rouge, elle a dû finir à la poubelle. À la fin de la guerre ou des répressions anti-juives, on lui avait proposé de retrouver sa fonction municipale perdue, il avait refusé, peut-être par amour-propre à sa judéité méconnue quand il était adolescent, il s'était certainement senti offensé dans sa véritable identité : être Juif.

Au 11 rue Bab Azoun, la famille ATLAN est connue dans le quartier, c'est une famille de commerçants, les juifs ressentent un grand danger pour eux-mêmes. S'il arrivait quelque chose de dangereux pour les juifs à Alger, monsieur Émile ATLAN pense qu'il faudra se défendre.

Pas question de se laisser entraîner dans des camps de concentration aux alentours d'Alger, l'Algérie c'est un grand territoire, pendant le conflit contre l'Italie, on a mis des personnes d'origine italienne dans des camps et maintenant c'est au tour des communistes en Algérie.

À Alger, on a aussi entendu l'Appel du 18 juin 1940 lancé par ce général De Gaulle, mais l'Angleterre, c'est loin et il faut faire pas mal de chemin pour y arriver. Alors, une résistance à cette administration pétainiste est envisagée par certains juifs de la communauté. La communauté juive est soudée face à un "ennemi collaborateur des vainqueurs", les pétainistes n'aiment pas les juifs et les juifs n'aiment pas les pétainistes.

Ils sont trois personnes, monsieur André TÉMIME, monsieur Émile ATLAN et monsieur Charles BOUCHARA à prendre l'initiative de réunir des jeunes coreligionnaires juifs, de les entraîner au maniement des armes, et pour les maintenir en forme et qu'ils soient prêts à tout, à un moment éventuel, il faut les aider à devenir des résistants. Ce sont des projets utopiques, mais ils ont décidé qu'il sera préférable au pire, de mourir, en défendant la vie de toute cette population réduite à l'état d'indigénat, les armes à la main. Ces trois fondateurs de la résistance juive à Alger concentrent leurs idées sur la construction d'un plan et l'objectif premier qui s'impose pour leur plus grande sécurité, c'est « LE SECRET… !!! » Ce sera un secret total et pour cela ils vont employer des conditions exceptionnelles, cela ne sera pas un regroupement en nombre important mais en petits groupes d’autodéfense, composés par des groupes de cinq adolescents ou adultes et jamais plus. Les règles sont strictes, elles recruteront par parrainage d'au moins deux personnes, chaque groupe aura un chef de groupe, qui sera connu seulement par son supérieur.

L'appréciation des recrues est réalisée par un conseil de douze personnes (en faisant une légère allusion aux douze tribus d’Israël) dont les noms m'ont été communiqués par Pierre ATLAN. Il y a André ; TÉMIME, Émile ATLAN et Charles BOUCHARA, Roger ALBOU, Jean GOZLAN, Fernand AICH, Jean GAMZON, André LEVY, Germain LIBINE, Georges LOUFRANI, Roger MORALI et Raoul COHEN-ADAD. Ce seront les fondateurs de la résistance juive de la Salle Géo GRAS.

Il y a un examen d'admission, on juge de la détermination de l'engagé et de son quotient de fiabilité, très certainement l'engagé ne doit pas connaître les douze fondateurs, il ne peut connaître que ses deux garants et les deux autres résistants qui constituent sa cellule cloisonnée. Pour les adjoints au Conseil des douze, certains sont des officiers de réserve et ils proposent une formation militaire à l'ensemble de la résistance juive à Alger. Une fois le candidat accepté, il jure sur la Bible en posant sa main sur une arme et promet de défendre la communauté juive d’Alger au péril de sa propre vie.

L'abrogation du décret CRÉMIEUX date du début du mois d’octobre 1940, l'idée de l'organisation de la résistance secrète juive se constitue en novembre 1940 par André TÉMIME et Émile ATLAN. En janvier 1941, ils se rendent à la rue Jenina, une petite rue dans la rue Bab el Oued, rentrent dans le magasin de Maurice SEBAOUN, entrepreneur dans le bâtiment, demandent un entretien dans son bureau, et ils lui expliquent la raison de leur visite, monsieur Maurice SEBAOUN accepte, il sera rejoint par son fils Paul.

C'est dans une salle qui sert d'Auberge de Jeunesses acquise par TÉMIME et ATLAN, à la rue Juba que monsieur SEBAOUN prendra à sa charge financière tout l'aménagement de cette salle. Elle se situe tout près de la place du Gouvernement, au coeur de la Basse Casbah, et tout près de la cathédrale d'Alger. Elle deviendra une salle de sport et sera fréquentée par de nombreux jeunes d'Alger venus pratiquer les disciplines de la boxe, de l'escrime, et des différentes autres activités qui se pratiquent dans une salle de sport.

Pour une parfaite couverture et pour ne pas éveiller les soupçons des autorités pétainistes, André TÉMIME est lié d’amitié avec Géo GRAS, ils portent leur choix sur ce boxeur avec un passé glorieux dans le domaine de la boxe. Ils lui proposent d'en être l’administrateur, il a un choix politique pétainiste affiché, la salle portera son nom, on l'appellera « LA SALLE GÉO GRAS ». Et pour couronner le faux-semblant, on place une grande photo du maréchal PETAIN en haut d'un mur de la salle. La mise en scène est parfaite et le secret est bien gardé.

De nombreux adolescents juifs s'inscrivent et fréquentent la salle, à des heures convenues, des réunions secrètes se font, il y a des équipes qui achètent des armes, d'autres qui les dissimulent dans les murs ou dans des placards de la salle, sous le plancher ou alors sous le ring de boxe qui est aménagé également en cache sans que personne puisse imaginer que la « salle GÉO GRAS » serve de couverture à une organisation clandestine de résistance juive.

Au 11 rue Bab Azoun, au quatrième, il y a la famille ABOULKER. Les ABOULKER, c'est une famille honorable, le père est décédé, grand médecin, il est connu de toute la communauté juive d'Alger. J'ai souvenir que ma mère accompagnait une fois par mois sa grand-mère chez le docteur Charles ABOULKER, elle était malade du cœur, elle avait perdu un fils, Jacob PARIENTE, à la guerre de 14-18 à la bataille sur le front de Verdun. Le docteur Charles ABOULKER a trouvé la mort en 1937, dans un accident de circulation en descendant du tram, écrasé par une voiture en allant visiter ses malades. La rue de Chartres a pris le nom de la rue Charles ABOULKER en 1955 à la demande d'Émile ATLAN, adjoint au conseil municipal de la Mairie d’Alger.

Feu le docteur Charles ABOULKER a aussi un cousin germain qui habite au 26 rue Michelet et qui lui aussi est médecin, c'est le docteur Henri ABOULKER, grand mutilé de la guerre 14-18, il a perdu une jambe, il porte une prothèse qui lui donne la possibilité de se déplacer. Le docteur Henri ABOULKER a un fils nommé José et une fille, Colette. José est un enfant précoce, c'est un élève brillant, lui aussi veut être médecin, il fréquente la fac de médecine d'Alger.

Au 11 rue Bab Azoun, la famille du docteur Charles ABOULKER habite toujours dans cette maison. Il y a ses deux garçons, Raphaël et Stéphane. Raphaël est déjà médecin, son frère Stéphane, plus jeune que lui a l'âge approximatif de son très jeune cousin germain, José ABOULKER, qui a tout juste vingt ans. Ils ont de nombreux contacts depuis l'abolition du décret CRÉMIEUX. Raphaël, plus âgé, est dans la confidence totale avec ses voisins du dessous, ce sont des amis sûrs. Monsieur Émile ATLAN et Raphaël s'échangent aussi des renseignements qui restent toujours dans le secret le plus total.

Pour la salle Géo GRAS, ça roule… Le recrutement se réalise dans les règles que les fondateurs se sont fixées, secret, discrétion, jamais compromis avec la résistance qui écrit, qui colle ou qui affiche des tracts contre Pétain, cela pourrait être dangereux pour leur organisation, jamais d'arme, ils font tout pour que leur secret reste bien gardé. Ils ont confiance dans leur formation et dans leur objectif, apprendre à bien se défendre. Quelques fois, ils soutiennent des personnes en difficulté prises à parti par des antisémites. Ils montrent qu'ils n'ont pas peur des vexations ou des attaques venant de la politique anti-juive de l'administration pétainiste.

À la salle Géo GRAS, les disciplines sont plurielles, Paul SEBAOUN est un redoutable challenger au fleuret, dans une compétition nationale, il s'impose en tant que juif à des adversaires qui sont soutenus par une galerie antijuive, des malabars de la salle Géo GRAS, tous juifs, viennent soutenir leur préféré, Paul SEBAOUN se sent soutenu, les insultes de « sale Juif » ne pourront être prononcées et la compétition pourra se faire sans problème à l'Hôtel ALETTI.

Dans le témoignage de Paul SEBAOUN, il écrit que des réunions se faisaient tard le soir au bureau de la salle Géo GRAS, des fois avec Émile ATLAN et André TÉMIME, la rencontre se faisait chez Raphaël et Stéphane ABOULKER, les voisins du dessus d'Émile ATLAN. Raphaël et Stéphane étaient le lien discret entre l'état-major de la résistance juive et les fondateurs de la salle Géo GRAS. L'état-major de la résistance juive était assuré par leur oncle, le professeur Henri ABOULKER qui assumait aussi une charge honorifique dans la communauté juive d’Alger.

La famille ABOULKER a de la famille à Oran, c'est Roger et Pierre CARCASSONNE, ils ont constitué aussi un réseau de résistants juifs, ils sont en relation avec un résistant des Chantiers de Jeunesse, c'est Henri D'ASTIER DE LA VIGERIE. Il sera détaché sur Alger et lors d'un déplacement à Alger, Roger présente son cousin José ABOULKER à Henri D'ASTIER DE LA VIGERIE. José et Henri resteront en contact permanent.

Le fils d’Henri ABOULKER, José, est étudiant a la fac de médecine d’Alger, il a lui aussi forme un petit groupe de résistants, son adjoint, c'est son parent Bernard KARSENTY qui va devenir le bras droit de Henri D'ASTIER DE LA VIGERIE.

Cela fait 18 mois, que la salle Géo GRAS permet à des sportifs de s'entraîner le plus naturellement, les juifs se préparent à la résistance active. L'état-major de la résistance juive conclut des compromis avec d'autres groupes, seuls, ils n'obtiendront jamais l'efficacité, impérative face à l'Armée d’Afrique et à l'administration pétainiste. C'est l'alliance impossible avec quelques antisémites de l’extrême-droite revancharde sur la victoire des Allemands, des anciens « Cagoulards ». Ils choisiront le Général GIRAUD comme futur chef des Forces Militaires Françaises alliées aux Anglo-Américains en AFN, le choix de la résistance juive se portait plutôt sur le Général De GAULLE.

Au 11 rue Bab Azoun, Émile ATLAN et ses voisins du dessus, Raphaël et Stéphane ABOULKER ont mis dans le secret le capitaine Alfred PILLAFORT, il est le seul non-juif accepté dans la confidence par les fondateurs de la Salle Géo GRAS, c'est une connaissance du docteur Raphaël ABOULKER lors de la mobilisation générale de 1939-1940. Ils ont gardé des contacts après la défaite française, il a été fait prisonnier, a réussi à s'évader et s'est réfugié à Alger depuis juillet-août 1942, Il connaît bien le maniement des armes, il entraîne les jeunes résistants de la Salle Géo GRAS, il veut en faire de "bons soldats". Il jouera un rôle essentiel dans la nuit du 7 au 8 novembre 1942.

La liaison entre les Alliés et la résistance à Alger est assumée par Lemaigre-Dubreuil. C'est un industriel, il fera partie du groupe des cinq, qui ne pourront malheureusement pas réunir un grand nombre de présents (un peu plus de 60 personnes) alors que la résistance juive rassemblera au moment de l'attaque dans la nuit du 7 au 8 novembre 1942, un nombre de 312 (344 sur le récit d'Henri MSELLATI) personnes sur 377 résistants présents.

La réunion dans la nuit du 22 au 23 octobre 1942 est repoussée à la nuit suivante à cause du mauvais temps dans la ferme SITGES, occupée par un résistant du nom de Jacques TESSIER. Ce sera la Réunion de CHERCHELL. Les responsables militaires pour les Américains sont le Général CLARK et ses adjoints, ils représentent le Président des États Unis, et pour les Anglais, les officiers supérieurs représentent le gouvernement de CHURCHILL. Voilà pour les Alliés. Sont également présents le Consul américain Robert MURPHY et le vice-consul KNIGHT. Pour les Français, il y a le Général MAST, le Lieutenant-Colonel JOUSSE, les officiers BARJOT et DARTOIS ; d'autres résistants, Henri d'Astier de La Vigerie, Van Hecke, Jean Rigault. Il est conclu un accord :

---Les résistants s'engagent à assurer le moment venu, la rupture des communications, l'arrestation des principaux chefs vichystes, l'occupation des États-Majors, la désorganisation de l'administration.

---Les Alliés s'engagent à débarquer des commandos, précédant le gros des troupes, pour relever les résistants avant la possibilité de représailles des Vichystes dont la supériorité en nombre est écrasante.

Les résistants déclarent pouvoir disposer d'un nombre de 800 personnes, seront présents le jour de l'attaque seulement 377. On a enregistré un très grand nombre de défections.

Les Alliés s'étaient engagés à leur livrer des armes, ils seront absents aux rendez-vous, le 2 novembre sur les plages des environs de Cherchell, le 4 novembre près d'Alma Marine sur l'est d'Alger.

C'est grâce aux armes cachées à la Commission d’Armistice qu'ils pourront participer à la neutralisation de la grande ville d'Alger, des fusils datant de la dernière guerre, des vieux fusils Lebel, des armes remplies de graisse avec un stock de munitions limité à une défense éventuelle.

Pour l'armement des résistants de la salle Géo Gras, les armes sont chez la famille d'Émile et Florence ATLAN. Le stock d'armes de tous genres qu'ils possédaient dans leur magasin avant la fermeture en octobre 1940, ils en ont caché une très grande partie, dans leur appartement, dans des caches improvisées, dans le garde-manger, l'arsenal le plus important est caché tout en haut de l'immeuble, dans la buanderie de la terrasse. Elles seront toutes remises aux résistants juifs avant l'heure H dans la nuit du 7 novembre 1942.

La date du débarquement est connue par l'État-Major de la résistance seulement quatre jours avant le 8 novembre 1942. Les chefs de secteurs sont informés le 6 novembre par une réunion en présence du Lieutenant-Colonel JOUSSE, chez le professeur Henri ABOULKER au 26 de la rue Michelet. Les ordres sont donnés, TOUS les officiers et gradés de réserve de la résistance devront être en uniforme pour paralyser plus facilement l'Armée de Vichy. ALGER est divisée en cinq secteurs.

Une nouvelle réunion se réalise à nouveau le samedi 7 novembre chez le professeur Henri ABOULKER où sera le PC de l’Opération TORCH, elle rassemble cette fois les chefs de groupes et les chefs de sections, on leur distribue les brassards que porteront les résistants avec deux initiales V.P. (Volontaire de la Place), il y a Henri D’ASTIER DE LA VIGERIE, André ACHIARY, un émetteur-récepteur assurera les communications avec GIBRALTAR, le nom de code est donné, « les résistants doivent prononcer… WISKY, la réponse attendue est… SODA. »

Une fois le message code envoyé le samedi soir : "Allô Robert… Franklin arrive !!!", les chefs des groupes et des sections qui ont mobilisé leurs camarades dans l'après-midi du samedi 7 novembre passent à l’attaque, c'est seulement à ce moment précis que les résistants se découvrent les uns aux autres, un père avec son fils, des frères entre eux ou parfois des oncles ou des cousins, il y a aussi des amis de toujours qui se retrouvent dans les mêmes missions d'attaque. C'est une allégorie de louanges, de joies et de fraternité, le moment est important après toutes ces longues attentes. Le SECRET avait été très bien GARDÉ… !!!!

Le plan des Alliés avait bien fonctionné, les Alliés ne respecteront pas ce qui avait été proposé.

Dans la soirée du 7 novembre, les premiers commandos scient les câbles téléphoniques reliant Alger à la Métropole. Le poste de commandement est fixé au Commissariat Central du boulevard Baudin, le chef des opérations, le colonel d'aviation ANSELME se désistera au dernier moment, il sera remplacé au pied levé par José ABOULKER, âgé alors de vingt-trois ans. Tous les groupes devront se mettre en relation avec le Commissariat Central dès leur objectif atteint. En quelques heures, les résistants neutralisent toutes les places occupées par les forces civiles et militaires vichystes. Alger est très rapidement aux mains des insurgés.

Les plans proposés par l'état-major Américain prévoyaient que les résistants devaient tenir leurs places deux heures durant. Une fois les pieds sur la terre ferme à Sidi Ferruch, le Général RYDER décide de changer de tactique, il ne foncera pas sur Alger distante de seulement 25 kilomètres des plages, mais au contraire, avec ses commandos, il décidera d'encercler Alger par l'extérieur et de faire une jonction avec les Forces Alliées débarquées à l’est de la capitale. Un jugement malheureux pour les résistants vainqueurs. Il paraissait impossible au Général RYDER qu'une poignée de jeunes puissent réussir, avec une telle audace, à neutraliser une ville entière. Une garnison de 12 000 soldats, augmentée par des supplétifs évalués à 30 000 hommes armés (milice des Légionnaires).

Le plan que les Alliés avaient proposé à la conférence de CHERCHELL à la résistance algéroise était un plan dont les probabilités de réussite étaient sous la barre des 50 %.

Ce changement de programme sur le terrain allait coûter cher aux résistants. Les forces militaires pétainistes reprennent les places investies une à une, certains résistants sont mis en prison et c'est seulement vers 17 heures trente, quinze heures après l'heure prévue, que l'amiral DARLAN donne l'ordre au Général en chef, le général JUIN de signer l'ordre de cessez-le-feu pour Alger seulement.

Voici la chronologie du plan de neutralisation de l'Opération TORCH.

Le 8 novembre 1942 à 0 heure 30, José ABOULKER accompagné du directeur de la Sûreté MUSCATELLI s'empare du Commissariat Central avec 10 hommes seulement. Il dispose d'une équipe volante composée de 5 résistants qui assureront des liaisons éventuelles.

(Il faut noter sur le témoignage de monsieur Jacques ZERMATI placé sur la page de Moriel en Israël, la présence du capitaine ZURCHER dirigée aux côtés de José ABOULKER au commissariat central)

On a dit qu'Alger était divisée en 5 secteurs : A, B, C, D, E...

À la demande du Général MAST et du lieutenant-Colonel JOUSSE et pour respecter l'organisation du plan de défense de la Ville d’Alger mis en place par ce dernier, les chefs de la résistance du groupe Géo GRAS (les douze) acceptent que tous les chefs des groupes d'actions et les chefs des sections soient des officiers ou sous-officiers de réserve, des jeunes en tenue militaire pour se rapprocher au plus près de la réalité. Il faut quand même considérer que cela n'enlèvera en rien au moment de l'attaque, l’Autorité des douze chefs fondateurs de la Salle Géo Gras qui dirigeront leurs propres groupes.

Cette tenue militaire sera un leurre, cela fera une forte impression sur toutes les places neutralisées civiles et militaires.

Secteur A…

Le chef de groupe c'est le Lt le docteur André MORALI-DANINOS, son adjoint le Lt MARNAT, le premier objectif, c'est le commissariat de la rue Bruce, puis avec la section A1, ils investissent la caserne Pélissier, le chef de la section, c'est le Lt IMBERT.

La section A2, Le Palais d'Hiver, le chef de section c'est Gérard SIROT qui remplacera un Lieutenant, chef de section qui s'est désisté…

La section A3, sa mission, investir l'Amirauté, le chef de section est André COHEN.

À la section A3, ils sont peu nombreux, il y a un échange de tirs, Paul LÉVY est assez sérieusement blessé. Ils seront faits prisonniers vers 7 heures du matin et resteront en prison cinq jours durant dans les geôles barbaresques de l'Amirauté.

Il est à noter d'après mes recherches que Jean CIOSI, qui est dans le commando qui a investi le Palais d'Hiver, avait seulement seize ans.

J'ai retenu 8 noms des résistants qui seront emprisonnés à Barberousse et qui faisaient partie du groupe A.

Secteur B

Pour le groupe B, le chef de groupe, c'est le docteur Raphaël ABOULKER. Leur mission c'est d'investir le Commissariat de la rue Berthezene puis le Gouvernement Général en haut du boulevard Laferrière (une confusion dans certains récits qui mentionnent plutôt Radio Alger qui est à ma connaissance à la rue HOCHE, en haut de la rue Michelet). L'effectif du groupe B est important, on compte 132 hommes et presque tous viennent de la salle Géo GRAS.

La section B1 a pour objectif le quartier général du 19e corps d'armée et le Central Téléphonique de la rue Mogador tout à côté, juste derrière la place d'Isly. Dans la section B1, le 1er groupe est commandé par le Capitaine PILLAFORT, le second groupe doit occuper le central téléphonique de Mogador, il sera dirigé par le lieutenant Pierre-Marie CORDIER (abbé CORDIER).

La section B2 a pour objectif d'investir la Préfecture d'Alger, rue Alfred Leluch. Le chef de la section, c'est l'Aspirant Jacques ZERMATI. Tout le personnel ainsi que le Préfet Emmanuel TEMPLE sont retenus prisonniers.

La section B3 a pour objectif d'investir la Grande Poste. Le chef de section est le Lt Jean GOZLAN.

La section B4 a pour objectif Radio-Alger (peut-être la rue Hoche à proximité de la rue Michelet). Son chef de section est l'Adjudant TILT. C'est de Radio-Alger que vers 4 heures du matin un ordre arrive de faire diffuser par la radio, le message du Général GIRAUD (écrit par Raphaël ABOULKER). Le message est enregistré sur disque d'après le témoignage de TILLY, c'est la voix de BRISSON que l'on entend et non celle de Raphaël ABOULKER comme écrit dans divers récits (confirmation de ce témoignage par l'Aspt de marine CHESNAY), ces deux témoignages figurent dans la page de MORIEL en Israël, opération TORCH, sur le site MORIAL en France.

Secteur C :

La mission est d'investir le Palais d'Été. Le commandant du groupe c'est Maître Maurice AYOUN. Le Gouverneur Yves CHATEL est absent, il y a sa femme, le chef du cabinet militaire, le colonel CASSET, MAROGER et CUSSET-CHERUZELLE pour le cabinet civil.

Secteur D :

Le central téléphonique de Belcourt, le foyer Civique du Champ de Manœuvres, le fort de Kouba. Le commandant du groupe est Paul RUFF. Ils sont peu nombreux, seul le central téléphonique sera attaqué, ils coupent les communications téléphoniques.

Secteur E :

Il y a 3 sections….E2 et E3 sont chargés de neutraliser le Général d'aviation dans sa villa d’El-Biar, le Général MENDIGAL, mais celui-ci prétend n'avoir rien entendu de toute la nuit malgré la canonnade. Le chef de la section, c'est le Capitaine BOUIN.

La section E1, c'est la mission la plus importante. Elle est commandée par l'Aspirant Bernard PAUPHILET, il est assisté seulement par 6 résistants. Ils arrêteront l'Amiral DARLAN, dauphin de PÉTAIN ainsi que le Général JUIN commandant en chef des forces de l'Armée d'Afrique. L'Aspirant Bernard PAUPHILET, juge que sa situation n'est pas assez sécurisée, il descend au P.C. et remonte avec Jean RIGAULT et une vingtaine de résistants. Jean RIGAULT redescend au QG, 26 rue Michelet.

Le commandant DORANGE, fidèle aux forces Vichystes délivrera les hauts gradés et Bernard PAUPHILET avec de nombreux autres résistants seront faits prisonniers et conduits à pied au Fort l'Empereur où on leur promet le peloton d'éxécution. Ils sont réunis avec des soldats anglais qui ont débarqué sur le port et faits prisonniers par les forces militaires vichystes.

À la fin de l'Opération TORCH, on compte deux morts chez les résistants, le Capitaine PILLAFORT et le Lieutenant DREYFUS. Les forces vichystes ont emprisonné une cinquantaine de résistants, ils sont retenus dans les prisons de l'Amirauté, à Barberousse, à la caserne d'Orléans et au Fort l'Empereur. Bernard PAUPHILET sera libéré le 8 novembre au soir. À Barberousse, à la Caserne d'Orléans et à l'Amirauté, ils seront libérés le 13 novembre 1942. Les résistants juifs se sentent OUTRÉS et HUMILIÉS.

Ils deviendront « LES OUBLIÉS DU 8 NOVEMBRE 1942 »

Suite aux nombreux témoignages placés dans la page de MORIEL en Israël, il faut relever les propos des résistants recueillis par la suite sur différents récits ainsi que les propos de certains enfants de ces résistants qui ont participé à l'Opération TORCH.

Lucien ADÈS déclare : « Nous rasons les murs. Nous préférons attendre le crépuscule pour quitter nos lieux de retraite. C'est maintenant que commence pour nous la clandestinité. Aucun ne peut comprendre l'attitude des Américains. Jamais Alger n'a été si insolemment aux mains de Vichy. »

Le commissaire ACHIARY déclare de son côté "…son extrême souci de voir combien les événements se déroulent à l'opposé de nos espoirs. Nous, les résistants, une fois notre action achevée et malgré son extraordinaire SUCCÈS, nous ne représentons plus qu'un petit nombre de partisans isolés, sans appui, sans moyens : nous devons faire face à une armée qui dans sa quasi-totalité, jugerait normal que nous soyons TOUS FUSILLÉS…"

Le décret CRÉMIEUX accordait en octobre 1870 la citoyenneté française à l'ensemble des Juifs d'Algérie.

L'abrogation du décret CRÉMIEUX en octobre 1940 fait perdre à la communauté juive d'Algérie sa nationalité Française, ils sont restés Français 70 années.

Grâce à la résistance juive, le 8 novembre 1942, les juifs retrouveront leur citoyenneté Française si chère à leur cœur seulement en octobre 1943.

Au congrès de la Oumma, le 20 août 1955, leur nationalité Française est remise en question par la Révolution Algérienne naissante. La communauté juive d’Algérie peut perdre à nouveau sa nationalité Française, ils sont considérés comme appartenant à la Terre Algérienne, avec une histoire Algérienne, leur présence remonte à deux mille ans d'histoires, du temps des Berbères avec l'histoire de la KAHENA ainsi que des vagues d'immigrations successives suite à des persécutions dont celles venant d'Espagne avec Isabelle La Catholique. Le FLN contactera les représentants de l'Alliance Israélite Universelle en Algérie et leur demandera leur position dans une Algérie Algérienne Fraternelle. Les juifs choisiront de rester Français.

C'est seulement aux accords d'ÉVIAN, qu'ils auront la certitude que LEUR NATIONALITÉ FRANÇAISE ne leur sera pas retirée par une nouvelle ABROGATION du décret CRÉMIEUX.

Sur une population estimée à 130 000 personnes, seuls quelques milliers resteront après l'Indépendance de l'Algérie, des personnes âgées, leur nombre diminuera dans les décennies suivantes, le dernier président de la communauté juive, Maître SAID est décédé voilà un peu plus d'une année. On peut considérer qu'il n'y a plus de juifs en Algérie.

En octobre 2013, cela fera 70 ans que les juifs d'Algérie sont redevenus des « bons Français… »

Lucien GOZLAN…

Su la page de MORIEL en Israël, j'ai reconstitué l'Organigramme de l'Opération TORCH.

Voici sur ces nouvelles pages la liste des missions du Plan TORCH avec les lieux à neutraliser, les noms des chefs de groupes, et des chefs de sections ainsi que les noms des résistants dont parfois l'orthographe peut être erronée.

Nous essayons avec MORIAL en France et MORIEL en Israël de récupérer un maximum de témoignages afin d'arriver au plus près de la véritable histoire du débarquement des Alliés, le 8 novembre 1942 grâce à ce commando de 377 personnes dont 312 étaient juives et 2 arabes.

Dans le film documentaire proposé voilà quelques années sur FR 3 et produit par madame Christine LEVISSE-TOUZE, « ALGER, la ville de tous les COMPLOTS », la conclusion faite dans le témoignage de monsieur Jacques ZERMATI nous place dans une obligation morale et dans un devoir de mémoire, de raconter la véritable histoire du débarquement des Américains, le 8 novembre 1942 à Sidi FERRUCH, à l’ouest, mais aussi il faut le savoir, à la Pointe Pescade située à 4 ou 5 kilomètres du centre d'Alger, et sur le Cap Matifou à l'Est, afin que tous ces résistants qui ont participé à l’OPÉRATION TORCH ne soient plus LES OUBLIÉS DE L’HISTOIRE du 8 NOVEMBRE 1942.

La communauté juive d'Algérie dans sa totalité est redevable d'un HOMMAGE SOLENNEL afin que leurs mémoires soient honorées et tous leurs noms inscrits dans un marbre pour l'éternité.

Si vous connaissez cette histoire, si vous êtes en descendance directe avec l'un des résistants ou parent d'un résistant ou ami d'un résistant qui était présent dans l'opération TORCH du 8 novembre 1942 à Alger, alors faites-vous connaître, si vous possédez des documents officiels de l'époque, contactez-nous, nous les récupérerons et nous en ferons un musée pour l'histoire de la Résistance Juive en Algérie.

Suite à l'Organigramme reconstitué sur la page de Moriel en Israël, voici dans le détail, le découpage de la Place d'Alger en 5 secteurs avec les cibles à neutraliser par les résistants à l’intérieur de chaque secteur.

Le commissariat central assurera les liaisons avec les commissariats investis. Le colonel d'aviation ANSELME se désiste au dernier moment, José ABOULKER le remplace, il est accompagné par MUSCATELLI, les frères CALVET, Bernard KARSENTY, l'abbé CORDIER, Pierre BARRUCAND, Jean ATHIAS, André ASSUS (son témoignage sur Moriel) Il disposera d'une réserve volante.

Secteur A :

Les résistants doivent investir l'État-Major de la Place et avoir le contrôle de l'Amirauté, la Caserne Pélissier où se trouve l'État-Major de la Division, Le Palais d'Hiver où se trouve l'État-Major du commandant de l'Afrique du Nord.

Les résistants de ce secteur prennent position au commissariat de la rue Bruce.

Le chef de groupe c'est le Lt le docteur André MORALI -DANINOS, son adjoint le Lt MARNAT… le témoignage de monsieur Jacques KAROUBI a précisé la place de son père monsieur Émile KAROUBI aux côtés du docteur MORALI-DANINOS… d'autres noms peuvent suivre…

-----SECTION A1……caserne Pélissier, chef de section Lt IMBERT, assistants Aspt OUHAOUN, Gérard ROLL…...

-----SECTION A2….Palais d'Hiver, quartier général du général JUIN, chef de section, Gérard SIROT + 4 agents de liaison, et 12 hommes (noms relevés Jean CIOSI, Albert PESTRE, Paul MOLKHOU…)

-----SECTION A3… L’Amirauté, chef de section Lt André COHEN, adjoints Lucien LOUFRANI, Marcel HABIBOU, Fernand BOUCHARA, Paul LEVY….d'autres noms peuvent suivre….

Secteur B :

Les résistants doivent investir l'État-Major du XIXème Corps d’armée, La Grande Poste, La Préfecture, le Centre Mogador (Radio Alger).

Le groupe de commandement s'installe au commissariat du Xème à la rue Berthezene, le chef de groupe c'est Raphaël ABOULKER, ses adjoints sont Stéphane ABOULKER, Olivier BOKANOVSKY, De SAINT-BLANCAT P., De ROQUEFOT, Jean-Louis ROBERTY, Joseph KARSENTY, Bernard KARSENTY, Guy CALVET, Jean ATTIAS.

-----section B1… 1er groupe… XIXème corps d’Armée… chef de section, Capitaine PILLAFORT, il intervient avec une cinquantaine de résistants, ABRAMI Jean, ACHOUCHE Simon, ADDA Charles, ALBOU Roger, AMRAN Vitalis, ANKAOUA Robert, ASFES Lazare, AYACHE Sylvain, AYOUN Jacques, BACRY André, BELALOUM Gilbert, BELHACEM Maurice, BENAIM René, BENAROUS René, BENDAVID Sam, BENHAMOU Edmond, BITOUN Georges, BOSHEN Jean, BOUHANA Élie, BOUCHARA Élie, BOUCHARA André, ABTOUCHE, GUERIDI, BOUCHARA JOSEPH, CASSIS Marcel, COHEN-ADAD Raoul, COHEN Eliezer, COHEN Sauveur, DAHAN Philippe, Lt DARRIDAN, DERRIDA Fernand, DARMON Adolphe, DRIGUEZ René, FAIVRE Mario, FREDJ Fernand, GAMZON ROBERT, HINIJAIS Roger, LIEBINE Germain, LOUFRANI Georges, MESGUICH J.C., MESGUICH Henri, MESGUICH Jacques, MORALI Roger, NEBOT René, QUIBECH Joseph, SIKSIK Léon, SMEDJA Robert, SONEGON Marcel, TAOUSS Jacques, TAOUSS Maurice, TÉMIME Élie, TÉDRI Léon, TÉDRI Maurice, TÉMIME André, TÉMIME Roland, ZERAFFA Jean Claude, ZITOUN Jacques.

--------------2eme groupe… le centre Mogador… chef de section Lt Pierre Marie CORDIER (abbé)…des résistants énumérés pour la mission du XIXème corps d'armée sont également placés dans cette mission ….d autres noms peuvent suivre…

-----section B2… Préfecture…..chef de section Aspt Jaques ZERMATI, assistants Saadia OUALID, André LEVY, Émile ATLAN, ACHIARY André, AICH Fernand, ALBOU Marcel, ATLANI Henri, AYACHE Albert, AYOUN Felix, AZOULAY Albert, BELADINA Paul, BEDJAI Gilbert, BENHAYON Jacques, BERIBI Fernand, BOUCHARA Charles, FITOUSSI Alfred, GUEZ Eugène, GUEZ Fernand, JAIS Fernand, MESGUICH William, NENHOMO Benjamin, PAPERO Henri, SEBAOUN Paul, SESSAS Georges (Sussan ??), SMADJA Arsène, SULTAN Claude, TABET Michel.

D'après le témoignage de monsieur Jacques ZERMATI dans la neutralisation de la Préfecture d'Alger dans La page de MORIEL en Israël, il écrit : « ....Il y a foule devant la porte, il y a une personne qui a le mot de passe, c'est le colonel TUBERT qui se présente avec des hommes de COMBAT, il est dirigé vers le Commissariat Central… » on retrouvera le colonel de gendarmerie TUBERT dans la liste de l'équipe volante à la disposition du Commissariat Central.

----- section B3….grande Poste…..chef de section Lt Jean GOZLAN, adjoints Lt Jean DREYFUS, BOUMENDIL Charles, BOILLAT Joseph, CHEMLA Prosper, CHEMOULLI Charles, ELBAZ Raphaël, GOZLAN Julien, KAMOUN André, KAMOUN Lucien, SMADJA Albert, TIBIKA Victor, TIMSIT Martial, ANANOU Gilbert d'après le témoignage de son fils Maurice ANANOU.

-----section B4…..Radio-Alger ?? Gouvernement Général ?? (cela manque de précisions dans les témoignages et parmi les lectures réalisées, notamment sur les témoignages relevés sur Moriel en Israël de Tilly et Chesnay qui parlent de Radio Alger au Gouvernement général et natif personnellement d'Alger, j'ai dans d'autres lectures l'impression qu'il s'agit de Radio-Alger à la rue Hoche, en haut de la rue Michelet), chef de section… Adjt TILLY, adjoints… CHESNAY, PIRIOU, GOURLAU, GUERMEUR, ESPINAY, Le MEUR, CHEMINEAU et NEVEUX, BUFORT, BRISSON, MONSIEUR X,

Secteur C :

Les résistants doivent investir le Palais d'Été du gouverneur Général… Chef de groupe Lt Maître Maurice AYOUN, assistants Maître Raymond ABECASSIS, Aspt MUCCHIELLI, Capt TIMSIT Gilbert, S/Lt GENDRON, Cdt HOMO, Raymond ABECASSIS, Cpt CRAVERO, Édouard LAICK, Capt THOMAS, DESMOULINS, ELBAZ, Lucien SAIAG, André GABAY, René BLUM, Simon MARCIANO, Sylvain AYACHE, Paul NEDJAR, Alfonse CHERQUI, Joseph STROCK…

Secteur D :

Les résistants doivent investir le centre Téléphonique de Belcourt, Le Foyer Civique au Champ de Manoeuvres et le Fort de Kouba….le chef de groupe Paul RUFF, assistants docteur Stanislas CVIKLINSKI, docteur BECACHE, Hugues FANFANI, AMIOT, Yves DECHEZELLES...

Secteur E :

-----Sections E2 et E3 les résistants doivent investir la villa du Général d'Aviation MENDIGAL…..Chef de section : Cpt BOUIN, assistant Sgt/Chf Gilbert SABATIER. Il n'y a eu aucune intervention pour la neutralisation de la villa du Général.

-----Section E1….le chef de section est Aspt Bernard PAUPHILET, ses assistants Claude BURES, Jean Louis LUCAS, Roger ROSFELDER, ASSERAT-AUBRY….., Le groupe E2 viendra renforcer le groupe E1… (une vingtaine d'hommes).

Réserves volantes :

L'équipe volante à la disposition du commissariat central se compose de 5 résistants : le colonel de Gendarmerie TUBERT, Lucien CHICHE, José CHICHE, Paul DRIGUEZ, le Cpt ZURCHER.

Une autre réserve volante est composée : ADLER Raymond, DJIAN Paul, EPSTEIN Louis, PITSCH Georges, SELLAM Joseph, SILLAM Gabriel (peut être Sellam), SONIGO Georges, ADES Lucien, SEBBAH Edmond. Elle sera chargée de se rendre à Sidi FERRUCH pour accueillir les Américains.(je note personnellement que le nom de SONIGO Georges figure sur la liste des prisonniers à Barberousse, je signale également le nom de ADÈS Lucien mentionne comme réserve volante sur Sidi Ferruch, mais également sur sa déclaration dans le film « ALGER, la ville de tous les complots » d’avoir ramené un soldat américain au Q.G. 26 rue Michelet, et sa présence également sur l'aérodrome de Blida aux côtés du Général de MONSABERT.( ???)

Le Dr Yves Maxime DANAN conclut dans le livre de Gitta AMIPAZ-SILBER : « ces 400 civils sous la direction de leurs officiers et sous-officiers de réserve, vont au-delà de leur mission, puisque, au lieu de se contenter de conserver leurs positions trois heures ainsi qu'il était prévu, ils s'y maintiendront quatre, cinq, sept, neuf et jusqu’à quatorze heures suivant les endroits. »

Ils réussissent à neutraliser à eux seuls, un corps d'armée, assez longtemps pour que les Américains investissent la ville et obtiennent le cessez-le-feu des généraux vichystes qui les croient extrêmement plus nombreux qu'ils ne le sont en réalité.

Le mérite de la première grande victoire alliée sur le front occidental ne revient ni aux chefs militaires américains, ni à des officiers français mais bien au contraire à ces 400 civils qui ont OSÉ ARRÊTER des Généraux au bon moment et au bon endroit. »

J'ai recomposé au plus près de toutes mes recherches la liste de toutes les personnes qui ont participé à l'élaboration de ce plan ainsi qu'à la participation le jour J, dans la nuit du 7 au 8 NOVEMBRE 1942, dans l'opération du nom de code… OPÉRATION TORCH.

Pour comprendre la situation au soir du 8 novembre 1942, il faut revenir aux mois qui ont précédé le jour J.

La partie résistante non-juive ne disposait pas d'effectifs importants pour agir avec l'efficacité qui s'imposait. On peut faire une estimation à la présence d'une population d'environ 600 000 âmes en très grande majorité sensible à la politique pétainiste.

Seul le groupe de résistants de ces jeunes juifs était absolument anti-nazi et par conséquent nul ne pouvait douter, et de leur confiance et de leur efficacité. Ils avaient déjà commencé à s'organiser depuis la fin 1940 et formaient un groupe bien cimenté et uni dans son sort commun, sûr de lui-même et dévoué à son but. La partie non-juive de la Résistance unie ne pouvait exécuter ses desseins sans cette force bien entraînée, disciplinée et courageuse. Ce groupe juif se révéla comme un facteur décisif le jour du débarquement allié, le 8 novembre 1942.

La résistance juive était prête à l'action. Son existence même était tellement secrète et inconnue que lorsqu'elle surgit soudainement et occupe tous les points stratégiques de la capitale, elle provoque la stupéfaction et la confusion parmi les milieux officiels, comme au sein de la population algéroise dans sa grande majorité.

Je n'ai retenu volontairement que la structure de la Résistance Juive qui a organisé, et pris part au « coup du 8 novembre ».

Tout sera étudié avec une minutie d'horloger afin de réussir sans difficulté et à coup sûr au moment de l'attaque, le jour J.

Les renseignements seront ciblés sur les objectifs suivants : Le Palais d'Hiver, les résidences des généraux, le Palais d’Été, les casernes, les Forts, l'Amirauté, les commissariats, la Préfecture, le domicile des personnages à arrêter, tout sera soigneusement vérifié.

Le câble souterrain téléphonique est examiné, le central téléphonique, le poste de Radio-Alger, les postes de surveillance du port, les PTT, les organisations particulières des commissariats, le caractère des gardiens, des douaniers, agents de police, l'heure de leur relève, leur tour de congé.

Le quartier général de la Résistance Unifiée a été décidé avec l'accord du docteur Henri ABOULKER, au 26 de la rue Michelet à Alger. C'est le haut commandement de la résistance, civils et militaires qui réaliseront les plans de l'insurrection. Il s'agissait en fait d'occuper pacifiquement la Ville d’Alger pendant quelques heures nécessaires au débarquement, en paralysant toute l'organisation de la défense de la ville suivant les documents fournis par le Lieutenant-Colonel JOUSSE sous le nom de « Plan du Maintien de l'Ordre » avec port de brassards sur lesquels il était inscrit les lettres « VP » (volontaire de place), il en avait été l’artisan sous les ordres du Général MAST.

On peut écrire 3 cellules qui pouvaient composer la résistance juive à Alger.

La cellule la plus importante était composée à la salle Géo GRAS et dont les responsables étaient leurs fondateurs : André TÉMIME, Émile ATLAN, Charles BOUCHARA et Jean GOZLAN, pouvait proposer un effectif de plus de 200 jeunes résistants prêts à l'action.

Un autre lieu de rencontre pour les membres du groupe clandestin juif était dans l'arrière-magasin Élysée-Couture des deux frères Guy et Élie Calvet(Cohen) à la rue d'Isly, en plein centre d’Alger, des entrevues secrètes avec également le groupe des cinq, dont les résistants, accompagnés de leurs femmes, qui n'étaient pas informées des raisons réelles de leurs visites dans ce magasin.

José ABOULKER, jeune étudiant en médecine, réussit dans le milieu étudiant, à constituer son propre réseau de résistants.

Le Général MAST donne aux résistants un ordre de mission de la division de la Région d'Alger, en blanc avec le cachet. José ABOULKER dactylographie un ordre aux autorités civiles et militaires de la région de leur prêter éventuellement aide et assistance dans la mission confidentielle effectuée pour le compte de l'armée. Il couronne l'ordre d'un tampon rouge marqué « Secret ».

La mobilisation des résistants commence le vendredi après-midi 6 novembre pour les chefs de groupes, Tous les ordres de missions remis à tous les chefs de groupe sont signés par le Général MAST ou le Lieutenant- Colonel JOUSSE. Chaque fiche porte le nom et l'adresse du résistant ainsi que l'heure et le lieu du rassemblement. Elle continuera pendant toute la journée du samedi 7 novembre.

À la réunion du vendredi après-midi 6 novembre, au 26 rue Michelet et en présence du Lieutenant-Colonel JOUSSE, celui-ci donne les consignes, distribue les brassards, donne le mot de passe aux chefs de groupe.

Il faut noter tout de même la déception des chefs de la Résistance sur l'absence d'un grand nombre de personnes qui n'ont pas répondu à leur appel.

Sur cette absence, José ABOULKER écrit comprendre la réaction de ces retraits d'engagement à qui ils avaient promis des armes perfectionnées et qui ne seront pas livrées par les Américains sur les plages de Cherchell le 2 novembre, ni le 4 novembre à Alma Marine.

Il est écrit dans le livre de Gitta AMIPAZ-SILBER à la page 117/118 : « Samedi, 7 novembre, à 17 heures, les chefs de secteurs et de groupes arrivent les uns après les autres à l'appartement des Aboulker, devenu entre-temps un véritable quartier général de l'insurrection ; on fait la connaissance l'un de l'autre. »

Rien d'étonnant à ce que certains ne se connaissaient pas, les cloisons entre tous les groupes et échelons de la résistance étaient très étanches. Des scènes émouvantes se produisent : chacun des trois frères HABIBOU à la surprise agréable de constater que ses deux frères, eux aussi, font partie de la Résistance ; Henri MESGUICH rencontre son associé d'affaires et les deux sont amusés par le fait qu'ils étaient doublement associés ; un père et un fils s'embrassent !!!! »

Sur les témoignages recueillis sur la page de Moriel en Israël, j'ai relevé des bouts de récits pour reconstruire l'authenticité de ce débarquement sur les environs d’Alger, à la Pointe Pescade.

Sur le témoignage de Pierre ATLAN, il écrit que son père Émile ATLAN, dont la mission était de neutraliser la Préfecture à la rue Alfred Leluch est parti avec un copain, en vélo vers Sidi Ferruch, à la rencontre du débarquement des Alliés, pour avoir des informations sur le retard de leur présence à la relève des résistants sur toutes les places investies par eux. Il écrit qu'à mi-chemin, il leur indique d'aller au Fort l'Empereur, la plus importante base militaire sur le dessus de la montagne sur les hauteurs d'Alger, puis son père est retourné à la maison après avoir achevé sa mission a 4 h 30, revêtu d'un gilet américain jaune, ce qui prouvait que les Américains avaient débarqué.

Dans un autre témoignage de madame Michelle SÉROR, elle écrit que sa mère lui avait raconté la nuit du 8 novembre 1942. Son père possède une maison de campagne à la Pointe Pescade, sur les hauteurs, cette nuit, ils entendent des bruits dans leur jardin, son père sort, il voit des soldats tout barbouillés de noir, et c'est en leur parlant qu'ils savent qu'ils sont américains. Ils lui demandent où se trouve le Fort l'Empereur ???, « mon père parlait anglais, il les a dirigés directement par-dessus les montagnes… »

Michelle Seror dit sur Terredisrael :

18 octobre 2011 à 23:01

Je voudrais envoyer à Mme Paule ATLAN un commentaire sur ce débarquement à Alger en 1942. À l’époque mes parents avaient un commerce à la Place de Chartres qu’ils ont gardé jusqu’en juin 1961 date à laquelle mon père a aussi été assassine par le FLN sur cette même place. Je me souviens que ma mère racontait l’histoire du débarquement en mentionnant tous les noms cités plus haut. Mon père connaissait tous ces hommes avec qui il était ami mais lui n’en parlait pas peut-être par pudeur. Les femmes sont un peu plus bavardes. Mais ce que je sais c’est qu’ils avaient une villa à la Pointe Pescade sur la montagne et que leur terrain avait été envahi par des soldats tout barbouillés de noir et qu’ils n’ont su qu’après leur avoir parlé qu’ils étaient américains car à quelques jours près cela aurait pu être les Allemands. Ils ont demandé à mon père où se trouvait le Fort L’Empereur, mon père, qui parlait anglais car ancien camelot, les a dirigés directement dessus par les montagnes.

Enfin, dans le livre d'Amipaz-Silber, à la page 125, elle écrit « … José leur annonce … à 4 heures du matin, que les premiers commandos sont signalés à 8 km d’Alger : ce qui est faux, car José n'a aucune nouvelle du progrès du débarquement… » et à la page 126 «…les insurgés n'ont pas réussi à convaincre les Américains d'entrer directement dans la ville alors qu'ils se trouvent à 4 ou 5 km d'Alger.

Enfin, à la page 132, il est écrit ; « …Il devient absolument urgent de prévenir les Américains de tout ce qui s'est produit dans la nuit et qu'ils ne soupçonnent pas. (la reprise de toutes les places neutralisées par les résistants par l'armée du général JUIN). Le résistant Pierre ALEXANDRE arrive à Sidi FERRUCH, finit par trouver le QG du Général RYDER, il exige une action immédiate, l'altercation est violente. Furieux, ALEXANDRE qui sait les risques courus par ses camarades pendant la nuit et qui sait qu'ils risquent d’être fusillés d'un moment à l'autre, lui répond que si ses 2 400 hommes attendent, demain ils trouveront à Alger 12 000 hommes de garnison enfermés pour le moment dans leurs casernes, plus 30 000 Légionnaires armés, sans compter les garnisons des environs.

Ce qu'il faut, c'est quelques détachements qui n'ont qu'à paraître, sans combattre, pour s'assurer la possession de la ville ouverte. RYDER paraît convaincu, mais il n'en fait rien et continue dans sa stratégie, dans la journée du dimanche, à contourner la ville sans défense. Finalement, les Américains n'y entreront que dans la soirée. »

Pour tous les lecteurs de ce récit, il faut bien mesurer l'extrême gravité de vie ou de mort que tous les résistants étaient en train de vivre, les Américains les avaient trompés dans le plan qu'ils leur avaient proposé à la réunion de CHERCHELL dans la nuit du 23 au 24 octobre 1942.

L'Armée Américaine avait TRAHI la RÉSISTANCE. Elle se souciait plus de protéger la vie de ses soldats sans se soucier de celle des résistants avec qui elle avait conclu ce plan audacieux, c'était devenu pour TOUS LES RÉSISTANTS une question de VIE ou de MORT.

Lucien ADÈS est chargé d'aller au quartier général, au 26 rue Michelet, il amène comme preuve de la présence du débarquement des Alliés, un soldat américain.

Dans le livre d'Henri MSELLATI à la page 161, il écrit «… Pendar est libéré (vers 6 heures du matin selon ses souvenirs…). Il retourne vers le 26 rue Michelet. Un soldat américain, le premier à se trouver à Alger, vient lui ouvrir la porte. Le quartier général semble déserté… Il était prévu un autre lieu de repli chez les frères CALVET»

Dans le film documentaire, ALGER, LA VILLE DE TOUS LES COMPLOTS, la productrice, madame Christine LÉVISSE-TOUZÉ récupère le témoignage de Lucien ADES. Celui-ci déclare qu'après avoir été à la rencontre des Américains (à Sidi-Ferruch… ??? ou peut-être selon mes recherches à la Pointe Pescade.. ???), il a récupéré un soldat pour preuve du débarquement des Alliés.

Dans le témoignage de monsieur Bernard REBOUH, celui-ci témoigne «… qu'il se souvient le matin du 8 novembre 1942 avoir vu descendre un tank américain dans l'avenue du Frais Vallon appelée plus tard, l'avenue Général Verneau, à hauteur du cinéma Le Plaza…

Au 11 rue Bab Azoun, au 3e étage, il y a toujours la famille de monsieur Émile ATLAN. Il a un magasin situé au numéro 4 de la place de Chartres, il vend des pataugas. Pour y aller, il emprunte l'autre porte de son immeuble qui donne sur cette place. Il sera assassiné devant son magasin le 1er septembre 1956 par le FLN dans l’intention d'intimider toute la communauté juive de la Basse Casbah de peur qu'ils puissent éventuellement reconstituer des groupes d'autodéfense contre la révolution algérienne.

À la rue Bab el Oued, au passage Martinetti, il y a toujours la famille de monsieur Jacques SÉROR qui habite. Monsieur SÉROR est marchand sur un étalage au marché de Chartres à côté de l’immeuble à deux portes du 11 rue Bab Azoun. Monsieur SÉROR sera égorgé sur les marches des escaliers qui relient la rue Bab Azoun avec le marché de la Place de Chartres en juin 1961 par un terroriste du FLN. Ce terroriste avait déclaré à sa capture par les forces de l'ordre : « J’ai tué monsieur SÉROR car on savait qu'en assassinant ce monsieur connu par toute la communauté juive du quartier de la rue Bab Azoun et de tous les environs, TOUS les juifs allaient évacuer tous leurs magasins de toute la Basse Casbah.

Dans les quelques jours qui ont suivi, TOUS les juifs ont abandonné leurs magasins et même leurs appartements dans tout le quartier de la Basse Casbah.

Dans le même temps, les familles arabes qui avaient des habitations au milieu des quartiers européens dans les quartiers voisins ont déménagé pour aller vivre dans la casbah habitée uniquement par des musulmans.

L'épuration ethnique avait donc bien fonctionné, il ne restait plus qu'à conclure… « Chacun chez soi et DIEU pour TOUS »

Dans l'Extrait d'un rapport confidentiel, en mars 1943 des services de sécurité américains, sur l'action de la résistance du 8 novembre 1942, ce rapport précise qu'il y a eu 50 personnes qui ont été retenues prisonnières parmi l'ensemble des résistants ainsi que 2 résistants morts.

Les personnes prisonnières sont restées en cellule et libérées le 13 novembre 1942. Leur détention a duré cinq jours dans la prison de Barberousse et dans les geôles barbaresques de l'Amirauté et peut-être à la caserne d'Orléans.

J'ai recomposé la liste des résistants faits prisonniers par les vichystes au Palais d'hiver selon le témoignage de monsieur Paul MOLKHOU et conduits à la prison de Barberousse. Ils sont restés prisonniers cinq jours et libérés le 13 novembre 1942 après interventions de certaines autorités anglaises.

Nom des résistants emprisonnés : Messieurs MOLKHOU Paul, CHOLAL André, PESTRE Albert, CIOSI Jean, ADLER Raymond, SONIGO Lucien, SONIGO Georges, GHNASSIA Albert… d'autres noms devraient suivre…

Dans le site terredisrael, un intervenant du pseudo de Charlin déclare :

charlin dit :

23 novembre 2011 à 14:44

Arrêtés, mon père et mes oncles furent conduits à Barberousse, prison d’Alger, où un haut gradé français passa en revue tous ceux qui comme eux avaient été arrêtés en leur disant :
« si ce débarquement réussit, vous serez des héros, s’il échoue, vous serez fusillés « »
Ils furent libérés quelques jours plus tard…
Ce gradé allait devenir plus tard le Maréchal JUIN…

charlin dit :

22 novembre 2011 à 16:18

Je précise le nom de mon père : Simon NONO, de mes oncles : Lucien et Georges SONIGO dit JOJO, ainsi qu’Albert Ghnassia, les camions ayant servi à transporter les troupes américaines appartenaient à mon grand-père Isidore SONIGO qui avait une entreprise de transit et transport…
le reste de l’histoire est sur mon post précédent dont rien n’est à retirer

Nom des résistants prisonniers dans les geôles barbaresques de l'Amirauté : messieurs VIDAL Pierre, LEVY Paul (assez sérieusement blessé), peut-être sans certitude LOUFRANI Lucien, HABIBOU Marcel, BOUCHARA Fernand… d’autres noms devraient suivre… Il est écrit dans le livre d’Henri MSELLATI à la page 150 : « …..Vers 7 heures, la section A3 est encerclée. Certains hommes s'enfuient à la nage. Les autres se font arrêter pas les hommes du capitaine de vaisseau TANGUY… », ils ont été libérés également le 13 novembre 1942.

D'après le récit de monsieur Henri MSELLATI, je lis ; « … vers 5 h 30, Dorange revient à la caserne Pélissier, relève les hommes du groupe A1, et leur donne l'ordre de se rendre à la caserne d'Orléans. Le groupe A1 tombe dans le piège et se fait désarmer à son arrivée à la caserne par les soldats du 1er Zouaves.

Il faut donc considérer que la plus grande partie des résistants qui avaient neutralisé la caserne Pélissier sont faits prisonniers.

Noms des résistants prisonniers à la caserne d'Orléans : Lieutenant IMBERT, Aspt OUHAOUN, Gérard ROLL… D’autres noms devraient suivre,

D'après le témoignage téléphonique de l'Aspt Bernard PAUPHILET, il déclare avoir arrêté à la Maison des Oliviers, l'Amiral DARLAN, le Général JUIN. Il a jugé sur place qu'il manquait d'effectifs compte tenu du peu de résistants dont il disposait, aussi il décide de descendre au QG 26 rue Michelet et remonte avec Jean RIGAULT à la Villa des Oliviers avec une vingtaine de résistants déplacés des sections E2 et E3. Le commandant DORANGE arrive, libère l’Amiral DARLAN et le Général JUIN et fait prisonniers tous les résistants restés sur place. Ils sont conduits à pied jusqu’au Fort l'Empereur. D'après le témoignage téléphonique dernièrement avec monsieur PAUPHILET, ils sont une vingtaine.

Nom des résistants prisonniers au Fort l'Empereur : Aspt Bernard PAUPHILET, Claude BURES, Jean Louis LUCAS, ASSERAT-AUBRY… d'autres noms devraient suivre.

D'après son témoignage sur MORIEL en Israël, ils seront libérés le soir même, à la signature du cessez-le-feu.

Il y a eu un lâchage de tracts dans la rue d’Isly fin novembre 1942 sur un défilé d'après le témoignage de Paul RUFF réalisé sur Moriel en Israël. Il y a eu 28 prisonniers d'après le témoignage de Pierre ATLAN.

Voici la liste partielle de tous ces prisonniers : Émile ATLAN, Léon SIKSIK, Claude BOUCHARA, Roger JAIS, Paul RUFF, DECHEZELLES, les 3 frères HABIBOU… d’autres noms devraient suivre…

Après l'assassinat de DARLAN, le 24 décembre 1942 par Fernand BONNIER de LA CHAPELLE, jugé le 25 et exécuté le 26 décembre 1942, il y a une vague d'arrestations arbitraires dont les noms suivent : ABOULKER Henri, ABOULKER José, ABOULKER Raphaël, ALEXANDRE Armand, ALEXANDRE Pierre, TEMIME André, MORALI-DANINOS, MOATTI Émile, MOATTI René, BRUNEL Jacques, MUSCATELLI, commissaires ESQUERRE, ACHIARY et BRINGARD, Henri D'ASTIER DE LA VIGERIE, Pierre-Marie CORDIER (abbé CORDIER).

Ils seront libérés suite aux pressions journalistiques anglo-américaines début février 1943.

GOZLAN LUCIEN

Liste  non exhaustive de tous les noms des résistants qui ont participé dans la nuit du 7 au 8 novembre 1942 à Alger dans l'Opération TORCH.

Cette liste a été ré-actualisée avec photos et commentaires dans le site JUDAICALGERIA https://www.judaicalgeria.com/pages/operation-torch/liste-des-noms-des-resistants-de-l-operation-torch.html

 

ACHOUCHE Simon, ADDA Charles, ASFES Lazare, ALBOU Marcel, ALBOU Roger, AMRAM Vitalis, ATLAN Maurice, ATLAN Émile, AYACHE Alfred, AYACHE Sylvain, AZOULAY David, AZOULAY Paul, ABTOUCHE, ABECASSIS Raymond, ARFI Ernest, ASSERAT/AUBRY, ASSUS André, ADLER Raymond, AMIOT Bernard, AICH Fernand, ALEXANDRE Armand, ALEXANDRE Pierre, AYACHE Albert, ABRAMI Henri, ANKAOUA Robert, AYOUN Maurice, AYOUN Jacques, ABOULKER Raphaël, ABOULKER Stéphane, ABOULKER Henri, ABOULKER José, ABOULKER Colette, ATLANI Henri, AYOUN Felix, ADLER Raymond, ADES Lucien, ANANOU Gilbert,

BOUCHARA Élie, BOUCHARA Fernand, BOUCHARA Joseph, BOUCHARA Charles, BARDISSIER Roger, BELHASSEN Maurice, BENAIM René, BENHAMOU Benjamin, BENSIMON Lucien, BOILLAT Joseph, BOUMENDIL Charles, BENSAID Jean, BACRI Roger, BECACHE, BITOUN Georges, BARRUCAND Pierre, BELLON Batiste, BEAUD Philippe, BRISSON Pierre, BRUNEL Jacques, BORECH Jean, BARCHEZYNA Zelik, BEDJAI Gilbert, BELADINA Paul, BELLALOUM Gilbert, BOKANOVSKY Olivier, BELTZ Marcus, BUFFORT, BENAROUS René, BLUM René, BENDAVID Sam, BENHAMOU Edmond, BENHAMOU Georges, BENICHOU Armand, BERRIBI Fernand, BOUANA Élie, BURES Claude, BENHAYO Jacques, BAKRY André,

CHEMOULY Charles, CHOLAL André, CIOSI Jean, COHEN Eliezer, COHEN Sauveur, CARRION René, CASSIS Marcel, CHEMLA Prosper, COHEN-ADAD Raoul, COHEN André, CHESNAY, CHEMINEAU, CRAVER, CHERQUI Alphonse, CVIKLINSKY, CHICHE Lucien, CHICHE José, CALVET Guy, CALVET Élie(les frères COHEN)

DARMON Adolphe, DIELON Nicolas, DAHAN Philippe, DERRIDA Fernand, DJIAN Émile, DJIAN Paul, DESMOULIN Roger, DURAND Norbert, DREYFUS Jean, DECHEZELLES Yves, Mme D ASTIER de La VIGERIE, D'ASTIER de La VIGERIE Henri,

EL GUERALBI, ELBAZE Sauveur, EPSTEIN louis, ESPINAY, ESQUERRE,

FANFANI Hugues, FREDJ, FABIANI Joseph, FITOUSSI Alfred, FARAGGI André, FRIANT René, FAIVRE Mario,

GABAY André, GAMZON Robert, GOZLAN Jean, GOZLAN Julien, GHENASSIA Albert, GUEZ Marcel, GUERIDI, GOURLAN, GUERMEUR, GARIDACCI,

HABIBOU Marcel +(2frères), HAGAY Maxime, HAYOUN Felix, HOBORBOU MARCEL, HOCHE Paul,

JAVELLOT Charles, JAIS Fernand, JAIS Roger,

KAMOUN Lucien, KARSENTY Joseph, KHOLER Marius, KAMOUN Andre, KARSENTY Bernard, KAROUBI Émile,

L'HOSTIS Suzanne, LAIK Edmond, LUCAS Jean Louis, LEVY André, LEVY Paul, LIEBINE Germain, LOUFRANI Lucien, LE MEUR,

MILLET Henri, MORALI-DANINOS André, MOULIS Henri, MESGUICH Jacques, MESGUICH William, MESGUICH Henri, MEDIONI Georges, MAGOT Marcel, MARCHETTO Paul, MATTEI Batiste, MORALI Roger, MORGIANO Simon, MARNAT, MUCCHIELLI (Aspt)

NEBLE Georges, NIEL Roger, NEBOT René, NEVEUX Paul, NEDJAR Paul,

OUALID Paul, OUALID Saadia, OUDINAT Ferhat, OSSOSINO Louis, OUHAOUN,

PITSCH Georges, PILLAFORT Alfred, PAPERO Henri, PENEL Berthe, PAULI Pierre, PAULIN Charles, PEROPADRE Jean M., PETAUTON Pierre, PLAS René, PAUPHILET Bernard, PIRIOU,

QUIBECH Joseph,

ROBERTY Jean Louis, ROSEM Jean, RAGER Jean Pierre, RAYMOND Albert, REBBOUH Roland, RECASSA Robert, RAYMOND Robert, RUFF Paul, ROSENCHER Henri, ROSFELDER Roger,

SCHEFFER René, SELLAM Gabriel, SEBAOUN Paul, SIROT Gérard, SAIAG Lucien, SIARI Albert, SELLAM Alfonse, SELLAM Joseph, SERFATI Fernand, SERFATI Joseph, SMEDJA Robert, SMEDJA Albert, STROCK Joseph, SULTAN Claude, SUSSAN Georges, SEROR Roland, SERRA Marie Rose, SITT Marcel, St BLANCAT/ROQUEFORT, SONIGO Georges, SONIGO Isidore, SMADJA Arsène, SIKSIK Léon, SONEGON Marcel, SABATIER Gilbert,

TÉMIME Élie, THEBOUD Henri, THOMAS Jean, TOUITOU Gaston, TIMSIT Gilbert, TRUCHET André, TEMIME Roland, THOMAS Maxence, TIBIKA Victor, TIMSIT Martial, TOSTAIN Paul, TORDJMAN Armand, TRUCHET André, TUBIANA Gil, THILL Jean, TABET Michel, TEDRI Léon, TEDRI Maurice, TAOUSS Jacques, TAOUSS Maurice, TILLY,

URBANI Marcel,

VOELIN Georges, WTTELSON Claude,

ZEMMOUR Ernest, ZERMATI Jacques, ZERRAFFA Jean Claude, ZITOUN Jacques,

Il se peut qu'il y ait certaines fautes d'orthographe sur les noms propres, la plus grande partie des noms a été récupérée sur la liste de Michel ANSKY. J'ai rajouté quelques noms, notes sur toutes mes lectures sur différents sites traitant des récits sur l’Opération TORCH.

S’il y avait des noms à rajouter éventuellement, pourquoi pas… ????????

J ai préféré rédiger la liste des militaires ayant participé activement et en activité au moment du coup du 8 novembre ainsi que celle de certains civils sur la liste suivante.

Général Charles MAST, Général de MONSABERT, Lieutenant-Colonel JOUSSE, Colonel CHRETIEN, Commandant L’HOSTIE, Commandant DARTOIS, Colonel BARIL, Capitaine BARJOT, Capitaine ZURCHER

Il y a aussi le groupe des »Cinq » mais seuls étaient présents le jour J, Henri D'ASTIER DE LA VIGERIE et Jean RIGAULT + 3 autres résistants Jacques LEMAIGRE-DUBREUIL, Jacques TARBET, Colonel Van HECKE non présents. (Annie Rey-Golzeiguer dans son livre « Aux origines de la guerre d’Algérie » écrit que le groupe des Cinq sont des personnages d’opérette qui bénéficient de l’appui de MAST et JOUSSE).

Après la fin de la deuxième guerre mondiale, la salle Géo GRAS a continué a fonctionner et a accueilli des jeunes gens pour pratiquer toujours les disciplines de la salle. Les nouveaux dirigeants en ont rajouté une nouvelle, « la self-défenses ». Cette nouvelle discipline dépendait de l'organisation « Le Magen »(le bouclier), les entraîneurs dont faisait partie Sidney CHOURAQUI étaient dirigés par un « CHALIAH » recommandé par l'Agence Juive. La salle Géo Gras était devenue le symbole de la résistance juive algéroise, elle continuait sa mission d’éducation qui avait tant servi à ses ainés une décennie avant.

D’autres témoignages seraient souhaités, nous avons retrouvé actuellement 8 survivants qui étaient présents dans la nuit du 7 au 8 novembre 1942 à Alger et qui ont participé à l’Opération TORCH.

GOZLAN Lucien.

Pour terminer, je voudrai citer trois textes :

La résistance juive en Algérie "1940- 19442"

Il faut remercier Madame Gitta AMIPAZ-SILBER de nous avoir révélé l'existence d'une résistance juive en Algérie qui opérait à l’époque du régime de Vichy en Afrique du Nord. Nous reconnaissons que nous n'avions que peu d'informations sur les actes de ces combattants anonymes qui risquèrent leur vie pour défendre leurs frères et pour soutenir les Alliés dans la lutte menée pour s'affranchir du joug de l’Allemagne nazie.

Il est souhaitable que la jeune génération lise ce livre imprègne de grandes valeurs éducatives. Il s’avère que partout où les juifs pouvaient se soulever contre l'oppression, l'esclavage et le danger d'extermination, ils le firent au risque de leur vie et en faisant abnégation d’eux-mêmes.

Nous devons tous louer l'auteur pour nous avoir révèle et pour avoir sauvé de l'oubli la vérité sur la Résistance juive en Algérie pendant la Seconde Guerre Mondiale.

Signé Menahem Begin

Premier Ministre d'Israël

 

Deuxième texte

Peu nombreux et faibles face à la supériorité numérique et matérielle de l’ennemi… Pas d'armes ? On pouvait en acquérir, au besoin chez l’ennemi. Pas de forces ? On pouvait en lever une. Dans un état d’impréparation totale ? C'est la lutte elle-même qui apprend et qui forme. Il suffit que l'homme se mette entièrement au service de son idéal et soit prêt à mourir pour lui. C'est probablement la seule condition, tout le reste venant ensuite de lui-même.

Signé Menahem Begin

 

Troisième texte :

Aussitôt qu’il eut étendu la main, les hommes en embuscade sortirent précipitamment du lieu où ils étaient ; ils pénétrèrent dans la ville, la prirent…

 

Josué, 8, 19

 

 

Commentaires (4)

gozlan lucien
  • 1. gozlan lucien | 19/09/2016
"........Je veux detruire la stupide legende des bandes de copains de seize a dix huit ans qui auraient ete les heros de l affaire (dans la nuit du 7 au 8 novembre 1942 a Alger).
Mais il ne faut pas confondre histoire de la guerre avec les aventures de Tintin......."
Raphael ABOULKER, cofondateur du groupe paramilitaire dit "Geo Gras" au 7 Place du Gouvernement a Alger.
Article paru sur les Nouveaux Cahiers Francais hiver 74-75, en reponse a l article de Bernard KARSENTY paru sur le meme journal du numero hiver 72-73.
Gozlan Lucien - "Les Oublies du 8 novembre 1942 a Alger"
Gozlan Lucien
  • 2. Gozlan Lucien | 15/06/2016
Bonjour monsieur HABIBOU,
Merci pour votre message, je suis en contact avec une parente a vous, madame SOUSSAN Suzanne a Mandelieu et je pense la rencontrer peut etre bientot.
J habite aussi Israel et actuellement je suis dans les bouches du rhone
Elle m a fait un super recit sur les 3 freres HABIBOU du 8 novembre 42 a Alger
Prenez contact avec moi......Voici mon mail.....gozlanlucien@gmail.com
Gozlan Lucien
  • 3. Gozlan Lucien | 15/06/2016
Bonjour monsieur HABIBOU,
Merci pour votre message, je suis en contact avec une parente a vous, madame SOUSSAN Suzanne a Mandelieu et je pense la rencontrer peut etre bientot.
J habite aussi Israel et actuellement je suis dans les bouches du rhone
Elle m a fait un super recit sur les 3 freres HABIBOU du 8 novembre 42 a Alger
Prenez contact avec moi......Voici mon mail.....gozlanlucien@gmail.com
HABIBOU GUY
  • 4. HABIBOU GUY | 27/05/2016
MON PERE ETAIT MAURICE HABIBOU DECEDE EN 1971 CROIX DE GUERRE/ 39/45 ;MEDAILLE MILITAIRE;MEDAILLE DE LA RESISTANCE/CITATION DU GENERAL DE GAULLE ;FRERE DE MARCEL HABIBOU DECEDE ET GEORGES HABIBOU MORT POUR LA FRANCE.
PAIX A LEUR AMES.

Ajouter un commentaire

Code incorrect ! Essayez à nouveau

Date de dernière mise à jour : 03/08/2017